• Petite Légende Médiévale, aujourd'hui, pour vous souhaiter une belle journée... bises de Véro...

    La Légende de la Tante Arie...

    Au Pays de Montbéliard, naguère, lorsque venaient les grands froids, tout le monde attendait le passage d’une Femme Fée, d’âge mur et quelque peu Sorcière : Arie, Airie, ou Tantarie. On aimait beaucoup sa visite, mais néanmoins on la craignait : en effet cette Digne Personne se targuait de venir avec son Âne rencontrer les Familles de la Comté, et vérifiait tout, à commencer par la propreté de la Maison, Cuisine, Mobilier, sans oublier la chasse aux Nids de Poussière. Elle donnait force cadeaux aux Enfants Sages, qui avaient pris soin de mettre bien en vue un morceau de carotte ou de pomme pour la célèbre Ânesse de la Fée. Quant aux Vilains Enfants, Arie les punissait avec un Bonnet d’Âne. Il lui arrivait de récompenser une Famille méritante par le don d’une belle pièce d’or. A l’époque, on aimait l’inviter aux veillées, où elle prodiguait de fors bons conseils, à tel point que l’on cherchait à lui faire trouver un Gentil Mari pour les Filles, du Travail pour les Hommes, de Bons et Gentils Enfants pour les Mamans et surtout une Bonne Santé pour toutes et tous. Cette Bonne Femme allait même jusqu’à prendre soin des Orphelins qu’elle pouvait rencontrer, et elle avait une passion toute particulière pour ceux qui ont bonne place dans les Crèches Provençales : les « Ravis » sans doute un peu simples d’esprit mais entrant en contact plus facilement avec elle, pas méchants, car ignorant la méchanceté… L’on dit que cette Bonne Personne vivait dans une grotte dans la montagne du Lomont, ne visitant l’humanité que vers la Noël. Beaucoup pensent que cette bonne Tante Arie aurait pu être le reflet de la célèbre Henriette de Montfaucon (1387-1444), Comtesse en la bonne ville de Montbéliard. En effet cette femme très énergique n’hésitait pas à porter Armes et Armure pour défendre son Peuple qu’elle aimait et qui le lui rendait bien, tout comme l’aurait fait Arie. D’autre part, Arie est le diminutif d’Henriette ; (amour quant tu nous tiens…)

     

    Petite Histoire...

    Au siècle dernier, par un matin de printemps ensoleillé, le père Raviot labourait son champ près de la Combe noire. Antoine, jeune garçon d’une quinzaine d’années qu’il employait comme valet, l’aidait et guidait les deux bœufs tirant la charrue. Tout près, une imposante pierre plate dissimulait la grotte, demeure mystérieuse de la Tante Arie. Tout en traçant les sillons et en tenant fermement les mancherons pour que le soc s’enfonce droit dans la terre craquelante et brune, le brave cultivateur songeait aux gâteaux que sa femme Elise préparait à la maison pour le lendemain dimanche. L’eau lui en venait à la bouche et déjà il humait une exquise odeur de galette croustillante. Etait-ce possible ? Ou rêvait-il alors ? - Antoine ne sens-tu rien ? Le jeune domestique arrêta l’attelage, se retourna, considéra un instant les mufles bavants et frémissants des animaux au regard placide, respira profondément et pointant son index en direction de la plate-forme rocheuse s’écria : - Maître, ce fumet de tarte, je le connais bien. Il vient de là-bas. De légères vapeurs semblaient sortir du sol pour s’élever en volutes à peine visibles. Intrigués, les deux laboureurs laissèrent leur attelages et se rendirent prés de la roche. Celle-ci était toute chaude et l’odeur appétissante, de plus en plus prenante. Aucun doute ! Tante Arie devait confectionner d’alléchantes pâtisseries comparables à celles que les enfants et les adultes aiment savourer un soir de Noël. Le père Raviot ôta son vieux chapeau de feutre déformé et délavé. - Ah ! bonne Tante Arie, si vous vouliez nous offrir un seul de vos gâteaux, vous nous feriez tellement plaisir. Nous nous sommes levés de bon matin et nous avons grand faim ! Rien ne bougea. Déçus, ils repartirent vers leur charrue quand Antoine, se retournant, s’écria : - Je vois quelque chose sur la pierre ! Revenant sur leurs pas, ils découvrirent avec surprise et satisfaction sur la grande roche drapée d’une nappe immaculée, un gâteau cuit à point, doré, garni de délicieuses fraises et de framboises parfumées. L’air vif ayant aiguisé leur appétit, ils ne se firent pas prier pour le dévorer à pleines dents tout entier. Bien restaurés et souriants, ils reprirent leur tâche pour terminer les derniers sillons. Mais à peine avaient-ils parcouru quelques mètres que la charrue se mit à grincer affreusement. Se redressant, écoutant bien, ils interprétèrent aisément les plaintes : « Rends ce que tu dois ! » « Rends ce que tu dois ! » - Ah ! s’exclama le père Raviot, n’as-tu rien pris, Antoine ? N’as-tu pas commis quelque larcin ? - Non maître, répondit laconiquement l’adolescent. On se remit en marche. Mais les lamentations redoublèrent d’intensité et finalement une roue se dévissa : « Rends ce que tu dois ! » « Rends ce que tu dois ! » - Ah ! garnement tu dois mentir… Vas-tu avouer et dire ce que tu as dérobé ! - Maître, j’ai caché dans ma poche le petit couteau en argent qui était sur la roche et avec lequel nous avons partagé le gâteau. - Va vite le remettre où tu l’as trouvé. Pourquoi voles-tu la Tante Arie qui est si généreuse et désintéressée ? Antoine s’exécuta. Alors tout reprit son cours normal et le père Raviot acheva de labourer son champ sans encombre.


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  • à J-5, la véritable histoire du Père-Noël...

    La véritable histoire du Père Noël

    une histoire proposée
    par Miguel

    Il scintille au pays des étoiles, là-haut, tout là-haut dans les nuages cosmiques, une étrange lueur.

    Celui qui saurait lire dans les astres découvrirait que ce halo révèle l’histoire d’un être mythique. Il apprendrait la véritable histoire d’un héros de légende, pourquoi il est toujours habillé en rouge, pourquoi il porte une énorme barbe blanche ou encore pourquoi il se déplace dans les airs en traîneau. Les enfants de la galaxie du soleil auront à coup sûr déjà reconnu, le " Père Noël " !

    Moi, à qui les années ont appris à écouter les étoiles, je vous invite à découvrir l’authentique histoire du Père Noël.

     

     

    Chapitre 1 : Vladimir

    Vladimir Igor Borenchensko, depuis qu’il savait frapper sur un arbre, était bûcheron comme son père l’était et le père de son père ainsi que le père du père de son père.

    Aussi loin que la mémoire peut remonter dans le temps chez les Borenchensko, on est bûcheron de père en fils. Comme les Romanov sont Tsars de toutes les Russies depuis des générations, les Borenchensko abattent des arbres et vendent à la ville le bois qu’ils ont fendu.

    C’est ainsi et jamais Vladimir ne s’est plaint, malgré la solitude, malgré les longs hivers, malgré les loups ou les accidents. Au contraire, Vladimir rendait grâce, tous les matins, d’être debout et de pouvoir partir sa hache sur l’épaule, abattre un centenaire.

    Ce jour-là, avant le lever du soleil, Vladimir devait partir pour la ville voisine. Enfin, " voisine " c’est une image. À plus de 60 verstes, il fallait au moins une journée de troïka pour y arriver, à condition que le temps ne soit pas mauvais. Or, cela faisait deux jours, qu’une tempête de neige clouait Vladimir sur place. Depuis deux longues journées, Vladimir attendait une accalmie, mais rien, aucun signe d’apaisement ne se profilait. Bien au contraire, le vent forcissait, le froid s’intensifiait et la neige, flocon après flocon, recouvrait tout.

    Chapitre 2 : La livraison

    Maintenant, Vladimir ne pouvait plus reculer et, en dépit des éléments déchaînés, il avait pris sa décision : il irait livrer son bois dès l’aurore. Si les Dieux étaient avec lui il arriverait peut-être avant la nuit dans la bonne ville de Pouglanosk, sinon il lui faudra attendre dans le froid et l’obscurité que revienne le jour.

    Repousser encore son départ aurait mis le bûcheron en retard et pour un homme comme Vladimir la mort était préférable à un retard.

    Les bûches de Vladimir étaient réputées au-delà de la steppe, jusque dans la grande ville où les bourgeois se bousculaient pour acheter à prix d’or les quelques rondins qu’il apportait, une fois l’an lors de la fête de fin d’année. On disait de ses bûches, qu’elles étaient les seules qui brûlaient à coup sûr toute la nuit et qu’elles donnaient encore des flammes, au réveil des enfants. Selon la coutume, une bûche éteinte le matin annonçait une mauvaise année. Vladimir était le messager de l’année qui venait. Aussi n’avait-il pas le droit d’être en retard, seule la mort, pouvait excuser un retard.

    Et la mort rôdait, Vladimir le savait. Elle avait déjà frappé très fort. Elle lui avait volé sa douce Natacha, le laissant seul avec sept orphelins. Un pont vermoulu, une planche qui avait cédé avaient suffi au triomphe de la mort.

    Avant de partir, Vladimir observa une dernière fois ses enfants. Ils étaient blottis les uns contre les autres dans l’unique litière de la maisonnée. Leur présence lui réchauffait le coeur et en chacun d’eux il retrouvait un peu de sa Natacha. Souvent, il se demandait ce qu’il leur arriverait si, lui aussi, venait à disparaître.

    Vladimir s’arrêta de penser. Ce n’était pas le moment de se décourager, la nourriture était rare. Il lui fallait se rendre à la ville rapidement pour livrer et faire de nouvelles provisions. Quelques puissent être les risques. Dans une semaine, il n’aurait plus rien à donner à manger à ses enfants. La nuit, qui posait encore son noir manteau sur les arbres, ne lui faisait pas peur, pas plus que le froid. Les loups ? Bien sûr les loups, mais par ce temps, même les loups se terraient bien à l’abri. Enfin, la mort ne frapperait pas une deuxième fois. Avec Natacha, elle devait être repue. Elle le laisserait tranquille, s’était-il dit pour se rassurer et se donner du courage.

    Chapitre 3 : Le départ

    Vladimir secoua son énorme barbe blanche qui lui recouvrait la poitrine, quelques miettes de pains tombèrent sur le sol. Son immense main saisit la bouteille de Vodka. Avec lenteur, Vladimir savoura la chaleur de l’alcool qui glissait doucement dans son corps. Quand il reposa le flacon vide, ses joues et son nez virèrent au rose. Un large sourire de satisfaction découvrit de superbes dents blanches faites pour manger et rire. Vladimir enfonça son gros bonnet de laine sur ses oreilles, dissimulant son épaisse chevelure immaculée comme une première neige. Il frappa le sol de ses pieds et s’emmitoufla dans son lourd manteau rouge.

    Tous les bûcherons des alentours portent le même manteau rouge. En cas de malheur, il est plus facile de retrouver une tache rouge au milieu du désert blanc. Vladimir regarda une dernière fois ses enfants. Il aurait aimé les embrasser. Mais, dans la région, on dit que ça porte malheur de s’échanger un " Au revoir ".

    Avec un pincement au coeur, Vladimir remit un rondin de bois dans la cheminée et se dirigea vers l’entrée. Il tenta d’ouvrir la porte de son isba. En un clin d’oeil, une épaisse couche de neige s’engouffra dans la petite maison. Vladimir poussa sur la porte, s’extirpa de l’intérieur, repoussa le battant et se dirigea péniblement vers l’écurie. Pas besoin de verrouiller l’entrée, la neige s’en chargera. Pour ses enfants, il n’avait rien à craindre. Malgré leur jeune âge, il savait qu’ils ne s’aventureraient pas seuls sur la Taïga. Et puis, quand bien même, si un voyageur égaré forçait la porte dans ce lieu perdu du monde, c’est qu’il avait plus besoin d’aide qu’il n’était animé de mauvaises intentions.

    La lueur de sa lampe-tempête dessinait sur les sapins, alourdis par la neige, la silhouette de Vladimir, petite, compacte, dotée d’un embonpoint qui trahissait le plaisir de manger.

    Un dernier sucre suivi d’une tape amicale à chacun de ses six rennes qui constituaient son attelage prépara les animaux pour le grand voyage. Une ultime vérification du harnachement, puis Vladimir attela les animaux à la troïka chargée de bûches, prête depuis une semaine déjà. Ensuite, il sauta sur le siège avant et, d’un simple claquement de langue, fit s’ébranler le convoi. La nuit aveugle écouta en silence les joyeux cliquetis des clochettes du traîneau.

    Le vent hurlait sur la taïga, les rennes peinaient, mais avançaient. Le bûcheron rabattit sur son visage sa chapka et lentement, se laissa emporter par un demi-sommeil. Les bêtes connaissaient le chemin. Vladimir, dans son rêve, voyait les bûches flamboyer avec mille étincelles dans l’âtre des bourgeois de la ville et cette vision réchauffait intérieurement l’homme que la neige, maintenant, recouvrait entièrement.

    Chapitre 4 : La rencontre

    Brusquement, les rennes s’arrêtèrent. Les clochettes se turent. Même le vent était tombé. Vladimir se réveilla instantanément, il se secoua et, devant lui, s’offrait un spectacle incroyable ; sur cinquante mètres de circonférence, il n’y avait plus un arbre, le sol était trempé, boueux et plus étrange encore il n’y avait pas un seul flocon de neige sur ce disque parfait.

    Un nuage de vapeur s’élevait encore de l’endroit, comme si on venait de poser un énorme fer à repasser sur cette partie de la forêt. Vladimir écouta, mais rien ne filtra, pas même les hurlements du vent. Il resta deux ou trois minutes ainsi, sans bouger.

    Pendant ces interminables minutes, Vladimir le sentait, il y avait quelque chose qui gisait en face lui. À quelques mètres de lui, un être en détresse avait besoin de lui. Vladimir le savait. La solitude des grands espaces développe des sens qui ne trompent pas. Peut-être cette créature invisible souffrait-elle ? Peut-être avait-elle besoin d’aide ?

    Une seconde, Vladimir voulut reculer. Mais son instinct lui ordonna de rester. Alors, il fit un premier pas vers le cercle, puis un second. Maintenant, il se dirigeait d’un pas assuré vers la " chose " qu’il savait devant lui. Il buta contre quelque chose d’invisible, ses mains effleurèrent les contours de la chose. C’était grand, très haut, un peu chaud par endroits...

    Vladimir se retrouva par terre, tout à son exploration, il n’avait pas remarqué une petite butte sur le sol. Cette fois il fit plus attention et il vit que les flocons qui recommençaient à tomber s’arrêtaient net et semblaient flotter dans les airs comme s’ils recouvraient un volume, plus petit, qui serait sorti de la chose.

    Il n’en fallut pas plus pour Vladimir. Il alla jusqu’à sa troïka retirer la peau d’ours qui recouvrait son siège. Il enleva aussi son énorme manteau rouge qui le protégeait du froid et déposa les deux sur la chose. Ensuite, il se mit à marcher, à marcher en décrivant un large cercle autour de l’être imaginaire. Maintenant, il tournait autour d’une espèce de dôme recouvert d’une couche d’au moins dix centimètres de neige.

    Ne pas s’arrêter de marcher, continuer d’avancer jusqu’au bout, jusqu’à l’épuisement. Vladimir savait trop ce que signifierait pour lui et pour l’autre une pause. Si Vladimir s’arrête, même si l’autre par miracle se réveillait, sans Vladimir, par ce froid, il n’aurait aucune chance de survivre. Vladimir devait tenir bon pour l’étranger, être là quand il se réveillerait.

    Le vent est moins fort, il fait presque chaud maintenant, Vladimir n’a plus froid, la neige qui s’engouffre dans sa bouche a le goût de la soupe que lui préparait Natacha. Vladimir s’écroula dans la neige, il regarda une dernière fois vers la " chose ". Il lui semblait voir son manteau rouge, comme si la neige qui le recouvrait avait fondu. Il ferma les yeux, et alors une véritable chaleur l’enveloppa. Vladimir avait comme l’impression de flotter dans les airs, mais il ne voyait pas Natacha.

    Quand le bûcheron se réveilla, il était arrivé à la ville. Déjà quelques bourgeois s’approchaient de la troïka pour choisir leur bûche, avant que d’autres clients n’affluent. Dans la bousculade, personne ne remarqua qu’aucun flocon ne recouvrait ni Vladimir, ni ses rennes, ni même sa troïka. Personne ne s’étonna non plus de la qualité exceptionnelle des bûches, comme si elles avaient séché pendant des années...

    Chapitre 5 : Le voyageur

    Balt regarda s’éloigner la troïka qu’il avait enveloppée d’une coque d’air protectrice. Son sauveur arriverait ainsi à destination sans encombre. Le premier qui s’approcherait de cet homme crèverait la bulle et Vladimir se réveillerait comme si rien ne s’était passé.

    Oui, Balt avait transgressé son code d’honneur. Jamais il n’aurait dû intervenir dans la vie d’une race étrangère à la sienne. Pourtant, sans cet homme, Balt ne serait plus.

    Pendant qu’il réanimait Vladimir, Il en avait profité pour s’informer sur les êtres qui peuplaient cette planète hostile. Les quelques minutes de soin nécessaires pour sortir Vladimir du coma lui avaient été riches d’enseignements. Il croyait désormais en savoir suffisamment sur la civilisation terrestre et son degré de développement pour presser son départ.

    Balt songeait maintenant à la panne qui l’avait obligé à se poser en catastrophe et qui, sans l’intervention d’un " humain ", l’aurait tué. Il était redevable de sa vie à un être primitif et jamais il ne l’oublierait. Malgré son érudition infaillible, Balt était cloué à la terre et devait attendre encore quelques heures que son vaisseau spatial s’auto-répare. Le froid à nouveau recommençait à le glacer. Il lui fallait trouver rapidement une source de chaleur, un lieu à l’abri, sinon il allait finir par mourir congelé sans avoir pu remplir sa mission.

    " Mais comment peut-on vivre dans des endroits pareils ? " se demanda Balt.

    Chapitre 6 : Le refuge…

    Son regard explora les environs sur quelques kilomètres, il finit par repérer, à l’orée de la forêt, l’isba de Vladimir. Sur la neige, des pas s’enfoncèrent et, soudain une silhouette identique à celle de Vladimir émergea de la nuit. Le code de Balt lui refusait le droit de se montrer aux autres civilisations. Aussi, lui et son vaisseau étaient-ils restés invisibles devant Vladimir, mais ce prodige épuisait les gens de sa race. Pour le temps qu’il lui restait à passer sur Terre, Balt décida de copier la silhouette de Vladimir.

    Il faisait ainsi à son sauveur, un des plus grands honneurs qu’un voyageur puisse faire un hôte : prendre son apparence physique.

    En plus par ce truchement, Balt pouvait, sans transgresser le " Code ", se faire voir d’autres humains. Balt se dirigea vers l’isba, il espérait ainsi trouver non seulement un abri, mais aussi le moyen de payer sa dette.

    Le froid était trop intense, Balt devait se presser. Il transforma un mini-vaisseau de secours en troïka et, sans y songer, décolla. Le traîneau qui semblait être tiré par des rennes dépassa, le faîte des plus hauts sapins et vola vers la masure que Balt avait repérée.

    Pendant le trajet, Balt pensait à sa famille, à ses amis qui s’étaient faits congeler en attendant son retour. Cela faisait six révolutions de son soleil qu’il était parti, plus de six mille ans pour nous et il n’avait toujours pas trouvé la source de lumière, l’étincelle de vie qui pourrait rallumer son soleil.

    Quand, Balt avait quitté sa galaxie, seul un astre rougeaud dispensait à peine assez de lumière pour alimenter les surgénérateurs de congélation. Sa planète qui, jadis, croulait sous les fleurs, était aujourd’hui un bloc de glace. Encore une révolution, et son astre s’éteindrait à jamais, les surgénérateurs se déconnecteraient et, avec eux, tout espoir de réveil pour sa famille et les derniers représentants de sa race.

    Cet incident mécanique qui lui faisait perdre un temps précieux, le contrariait fort, mais le froid qui perçait son nouveau corps ne lui laissait pas de répit.

    Malgré l’étendue inimaginable de son savoir, Balt ne pouvait pas tout connaître et, même s’il avait dérobé une quantité précieuse de renseignements à Vladimir lors de sa réanimation, il ne pouvait pas encore tout deviner. Quand Balt doutait, il laissait sa logique décider pour lui.

    Balt posa donc son vaisseau sur le toit de la maison de Vladimir, pensant que c’était là qu’il fallait ranger la troïka. La source de chaleur qui fumait par la cheminée semblait indiquer, vu du ciel, la seule entrée possible.

    Chapitre 7 : Les enfants

    Pressé de se réchauffer, l’infortuné voyageur ne prit pas garde. Il enfonça sa tête dans le conduit, faillit s’étouffer à cause de la fumée et tomba la tête la première dans le conduit. Il se retrouva, tout couvert de suie, le postérieur dans les braises, à s’agiter dans tous les sens pour essayer de se sortir de cette position inconfortable. Le vacarme provoqué par sa maladresse réveilla les sept enfants qui étaient entassés dans le même lit. Quand ces derniers virent celui qu’ils prenaient pour leur père couvert de suie, ils lui firent la fête et l’aidèrent à se relever. Après l’avoir épousseté, ils l’installèrent à table et lui donnèrent à manger comme ils le faisaient chaque fois que Vladimir revenait d’une journée de travail.

    Croyant à un usage de cette planète et pour ne pas vexer les enfants, le voyageur avala tout ce qu’on lui présenta. Quoique étonnés par l’appétit inhabituel de leur père, les enfants sortirent tout ce qui restait et posèrent une nouvelle bouteille de Vodka sur la table. Balt sans se méfier but tout l’alcool qu’on lui présentait. Il tomba sur la table, ivre mort. Les enfants pensèrent que leur père était revenu à cause de la tempête et qu’il avait attrapé froid. Alors, ils couchèrent Balt dans leur unique lit et ils veillèrent sur lui, plusieurs jours sans manger. Le voyageur, en un repas, et dans son ignorance avait ingurgité les provisions qui auraient duré normalement une semaine pour cette pauvre famille.

    Quand Balt se réveilla enfin, il était allongé sur un lit entouré par sept corps chétifs qui lui servaient de couverture. Si lui avait chaud, les enfants par contre tremblaient de froid dans leur sommeil. Il sortit du lit sans les réveiller et il posa sa main sur le front de chacun d’eux. Il ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi ses hôtes étaient aussi frêles. Ils n’avaient déjà pas grand-chose à manger et lui, Balt le voyageur, sans le vouloir, avait englouti leurs dernières provisions.

    Balt sortit par où il était entré. Quelques minutes plus tard, il revint dans la maisonnette par la cheminée, car pour lui désormais, c’était par cet endroit que l’on pénétrait dans une maison. Il répandit sur la table des monceaux de victuailles et remplit la huche de pain blanc. Il dut faire plusieurs voyages, mais le résultat dépassait les espoirs les plus fous qu’auraient pu faire ses invités involontaires. La maison croulait sous les provisions. Balt était là, à se reposer quand, il reçut enfin le message qu’il attendait. Son vaisseau l’informait que la panne était réparée et qu’il pouvait reprendre sa quête.

    Le voyageur aurait voulu en faire plus, mais il avait déjà trop tardé. Il s’apprêtait à reprendre sa quête quand sa jambe droite fut ébranlée par une petite secousse.

    Chapitre 8 : La découverte

    Notre visiteur qui croyait avoir attaché son pantalon à une écharde tira, tira et, finalement, se retourna pour voir le plus jeune des sept enfants lui faire un sourire comme jamais il n’en avait vu. Balt n’avait pas voulu provoquer chez cet enfant fragile un sommeil trop profond qui aurait pu être fatal. Mais, du coup, l’enfant s’était réveillé trop tôt. Ému par le sourire du garçonnet, Balt resta un moment à contempler l’enfant qui tournait autour de la table comme un feu follet.

    À chaque fois que le regard du visiteur croisait celui du petit, il lui semblait apercevoir l’inaccessible. Dans ses yeux brillait une lueur de joie, une étincelle de vie qui dépassait, par sa pureté, toutes les sources lumineuses qui lui avaient été données jusqu’alors de contempler. À cet instant, le visiteur pleura. Il savait qu’il venait de trouver ce qu’il cherchait depuis des siècles : les étincelles de joie qui brillaient dans les yeux de l’enfant valaient toutes les sources de lumière de l’univers.

    D’un geste tendre, il capta cette lumière et la déposa doucement dans un écrin qu’il gardait toujours sur lui, pour le moment où, enfin, il trouverait sa " Lumière ".

    Le coffret se mit à briller de mille feux. On voyait dans la pièce comme en plein jour, si bien que les six autres frères, un à un, se réveillèrent. En découvrant leur table recouverte de vivres, leurs coeurs s’emplirent d’une joie immense. Ils offrirent à notre voyageur, le plus beau des cadeaux qu’on puisse recevoir d’un enfant : une étincelle de Bonheur.

    Notre voyageur comprit, cette nuit-là, comment il allait sauver sa civilisation. Il recueillit, l’une après l’autre les lueurs de Bonheur des enfants et s’envola dans sa troïka avec sept paires d’étincelles de naïveté, sept paires d’Etoiles de Bonheur. Il regagna son vaisseau et retourna chez lui pour raviver son soleil presque éteint.

    Chapitre 9 : Le Père-Noël

    Malgré la rapidité de son vaisseau, Balt mit six de nos mois avant d’arriver chez lui. Il lui en fallut encore six autres pour revenir l’année suivante, le même jour à un an d’intervalle, pour refaire une nouvelle récolte. Son soleil avait besoin d’étincelles de vie et, lui, désormais savait où les trouver.

    Bien sûr, au fil des années Balt aurait pu changer d’aspect, laisser la troïka pour un vaisseau plus moderne, ou rester invisible, mais pour Balt, le moins qu’il se devait de faire pour remercier son sauveur, c’était de conserver l’apparence physique de Vladimir.

    C’est pourquoi chaque fois qu’il retourne sur Terre, Balt prend toujours l’aspect d’un bûcheron des régions froides.

    C’est ainsi que depuis cette rencontre, tous les ans, la nuit de Noël un visiteur que nous avons baptisé le " Père Noël ", dépose devant chaque cheminée un cadeau pour les enfants.

    En échange, il récolte les étincelles de bonheur que seuls, les enfants qui croient encore au Père Noël peuvent offrir. Ce sont celles qui feront dans le ciel, les plus belles étoiles. Ensuite, il retourne dans son monde à lui et sème ces étincelles de vie dans son soleil et dans l’espace.

    D’ailleurs, si vous regardez bien, le lendemain de Noël, vous verrez que le ciel brille plus fort. C’est que Balt, " le Père Noël " a fait une bonne récolte. Si d’aventure, vous voyez une étoile qui ne brille plus, c’est un peu triste, car cela signifie qu’un enfant ne croit plus au Père Noël et qu’il a déjà perdu un peu le goût au Bonheur.

    Voilà, maintenant vous savez tout sur le Père Noël : pourquoi il a une barbe blanche, un habit rouge, un gros ventre, pourquoi il entre par la cheminée plutôt que par la porte et pourquoi il nous apporte des cadeaux.

    Alors, de grâce, Mesdames et Messieurs les Parents ! Cessez de dire à vos enfants que le Père Noël n’existe pas. L’univers a besoin de leur Bonheur pour éclairer la galaxie de Balt et de bien d’autres.

    Et vous, enfants, quand vous recevrez vos cadeaux, ayez une petite pensée pour Vladimir et Balt, émerveillez-vous.

     

    Par Miguel…

    (texte et images trouvés sur le net)...


    7 commentaires
  • à J-6, est-ce que le Père-Noël est prêt, que dans sa hotte tout y est pour tous!!!...

    en vous souhaitant une belle Journée, parlons cadeaux aujourd'hui...

    bises de Véro...

    Les cadeaux de Noël…

    Le bruit du moulin à café me réveilla. Me rappelant aussitôt que c'était Noël et je sautais du lit, courus à la cheminée : mes chaussures étaient vides. (...) Alors, venant en chemise, à pas lents vers ma mère, je la pris par le cou et soudain fondis en larmes."Il est n'est pas venu ! il n'est pas venu !" (...)
    Je me rendormis dans les larmes. Quand je rouvris les yeux, ce court sommeil m'avait un peu apaisé. Comme je me tournais dans mon lit ma mère m'appela : "Nanay, Nanay ! il est venu !".
    Je me jetai au bas du lit et courus à la cuisine. Une orange, pareil à une petite boule de feu, brillait dans une chaussure; quelques papillotes dépassaient de l'autre avec leurs franges frisées, multicolores.
    Marc Bernard

    La tradition du don remonte à des temps anciens. La fête des Saturnales chez les Romains donnait déjà l'occasion d'échanger des cadeaux.

    Au XVIIIe et XIXe siècle, la tradition qui consiste à échanger des cadeaux à Noël ou des étrennes au jour de l'An commença à se répandre. Les cadeaux de Noël sont sans doute une représentation symbolique des présents que les Roi Mages apportèrent à Jésus.

    Au temps du règne de César, les fonctionnaires se faisaient offrir des cadeaux par les populations au début de chaque année et même les esclaves recevaient des cadeaux de leurs maîtres.

    Avant Jésus Christ, chaque foyer offrait des sacrifices aux dieux pour la fête du solstice d'hiver, afin que ceux-ci protègent la maison des mauvais esprits et qu'ils veillent sur la fertilité des champs.

    Les fêtes avant Noël, donnaient l'occasion aux enfants de parcourir les villages pour recevoir des menus
    présents : fruits, sucreries, pièces...
    De porte en porte ils allaient en chantant. Leur faire un don, c'était s'assurer une année prospère.

    Nos ancêtres recevaient des oranges qui pour l'époque était un bien précieux. Avec le temps, les oranges se sont transformées en friandises, puis en jouets, d'abord petits puis gros puis sophistiqués.

     

    Dans un bas de Noël ? sous le sapin ?

    En Amérique, le traditionnel bas de Noël remonte en fait à la fin du XIXe siècle. Les premiers à faire mention du bas de Noël suspendu à la cheminée furent l'illustrateur Thomas Nast, dans ses dessins, et l'écrivain George Webster dans un récit racontant la visite de Santa Claus.

    Au Québec, tout comme en Acadie, la coutume voulant que les enfants placent leurs souliers près de la cheminée pour que l'enfant Jésus d'abord, et le père noël plus tard, puisse y déposer des cadeaux la nuit de Noël ne semble pas remonter au delà de cette période.

    Chez certaines familles québécoises, les enfants accrochaient leur bas au pied du lit plutôt que de le suspendre près de la cheminée ou d'y déposer leurs souliers. Cette coutume aurait cessé au cours des années 1930, lorsqu'on commença à dresser un arbre de Noël dans la maison et à y placer les cadeaux à son pied.

    Une des légendes de Saint Nicolas raconte qu'il lanca un jour 3 bourses d'or aux filles pauvres et sans dot d'un marchand et qu'elles trouvèrent l'une des bourses le lendemain dans les bas qu'elles avaient mis à sécher.

     


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  • à J-7, qelques mots sur les chants de noël, pour se mettre dans l'ambiance... avant le jour J de Noël...

    bonne soirée et bises de Véro...

    D'après l'Evangile, les premiers chants de Noël furent ceux des anges.

    Très tôt le monde s'est mis à chanter pour célébrer Noël.

    Les cantiques emplissaient les églises pour clamer la Bonne Nouvelle. 

    Dans les villages, les châteaux, les chaumières, la habitants, qu'ils soient riches ou pauvres chantaient pour chasser les peurs des nuits d'hiver.

    A l'origine, les chants de Noël étaient rythmés par des rondes joyeuses évoquant la Nativité, mais aussi la nature et la vie quotidienne.

    Aujourd'hui encore le chant reste le plus bel instrument pour transmettre l'esprit de Noël.

    Les premiers chants de Noël sont des chants liturgiques ou des cantiques composés en latin.
    Repris par la foule au fil des siècles, ils s'émaillent de mots de patois. Le bouche à oreille transforment les paroles de génération en génération. Les auteurs sont souvent anonymes.

    Les premiers dont on garde la trace remontent au XVIe siècle.
    Aujourd'hui encore on chante "Entre le boeuf et l'âne gris" sans savoir qu'il s'agit d'un chant composé dans la première moitié du XVIe siècle.

    La plus belle époque des cantiques de Noël, qui voient l'apparition des Pastorales, est le XVIIIe et le XIXe siècle.
    Les célèbres chants "Il est né le divin enfant" et "Les anges dans nos campagnes" datent de cette époque.

    Bach a composé de nombreuses cantates pour le temps de Noël.

    Tous ces chants quelle que soit leur origine ont le pouvoir d'inviter au recueillement et à la joie. A travers eux un peu de mystère et d'espérance se dévoile.

    En Angleterre on chante depuis le Moyen Age des Christmas Carols. le mot Carol désigne une danse médiévale : la ronde.
    Religieux ou profanes, ils sont chantés et dansés lors des processions.
     

    "Les Anges dans le ciel", est un chant lyrique anonyme, composé au XIXe siècle. IL serait apparu en 1874 dans une Bible de Noël en Lorraine. IL est attribué à Wilfrid Moreau de Poitiers. Les uns disent que c'est un Noël languedocien, les autres un Noël macaroniques, c'est à dire à la fois en latin et en langue populaire.

    Les cantiques sont :

    Douce nuit
    Venez divin Messie
    Entre le boeuf et l'âne gris
    Il est né le divin enfant
    Les anges dans nos campagnes
    Peuple fidèle

    Les chants traditionnels

    Mon beau sapin
    Vive le vent
    Petit papa Noël

    "Douce nuit" ou Stille Nacht fut composé en décembre 1818 quelques heures avant la messe de minuit. Les paroles sont de Josef Mohr, prêtre de l'église Saint Nicolas d'Obendorf près de Salzbourg.
    La légende raconte que l'orgue était tombé en panne cette année là, des souris avaient mangé le soufflet. En toute hâte on fit appel à l'instituteur et organiste d'un village voisin, Franz Gruber, qui inventa un air et le joua à la guitare. Au Noël suivant le cantique fut interprété en chorale et de là il se répandit à l'etranger.

    Et chez nos voisins…

    En Espagne on chante les Villancicos, en Russie les Koliadki aux portes de maisons, en Roumanie des Kolinde, en Pologne et en Bulgarie des Koleda, en Italie des Canti Natalizi, en Allemagne des Weihnachtslieder.

    Certains chants dépassent les frontières comme Stille Nacht, Jingle Bells ou Petit Papa Noël.

    Le célèbre Noël allemand "O Tannenbaum" (Mon beau sapin) réalisé en 1824 est du au professeur Anschütz de Leipzig. Il serait calqué sur l'air d'une chanson populaire allemande du XVIe siècle.


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  • J-9, je vous souhaite une belle semaine

    avec plein de Bisous...

    Noël en poésie...

    En 1822, un pasteur new-yorkais du nom de Clément Clarke Moore écrivit un  poème mettant en scène un Père Noël entièrement vêtu de rouge, assis dans un traineau tiré par des rennes, avec un sac de jouets toujours plein, et des bas accrochés au-dessus de la cheminée dans l'attente des cadeaux.

    Ces images poétiques ont symbolisé Noël pour des générations et des générations d'enfants.

    Intitulé " A visit from Saint Nicholas " puis publié anonymement dans un journal de l'état de New York, ce poème séduisit immédiatement l'imagination du public.

    A tel point que le premier vers : " Twas the night before Christmas " prit rapidement la place du titre original .

    Une des raisons pour lesquelles le poème de Moore connaît toujours le même succès est la joie qu'on éprouve à le lire à haute voix. Il commence dans le silence et le suspense pour monter en un crescendo dramatique tandis que ses vers joyeux annoncent le mystérieux visiteur de minuit.

    Récit merveilleux en attendant Noël " The night before Christmas " est devenu depuis un véritable rite dans beaucoup de familles anglo-saxonnes.

    Et vous aussi. Vous ne pourrez pas résister au plaisir de renouer avec cette vieille tradition qui veut qu'on lise ce poème à haute voix afin que tous puissent en partager la joie et l'émotion.

     

    C'était la nuit de Noël, un peu avant minuit,
    A l'heure où tout est calme, même les souris.

    On avait pendu nos bas devant la cheminée,
    Pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée.

    Blottis bien au chaud dans leurs petits lits,
    Les enfants sages s'étaient déjà endormis.

    Maman et moi, dans nos chemises de nuit,
    Venions à peine de souffler la bougie,

    Quand au dehors, un bruit de clochettes,
    Me fit sortir díun coup de sous ma couette.

    Filant comme une flèche vers la fenêtre,
    Je scrutais tout là haut le ciel étoilé.

    Au dessus de la neige, la lune étincelante,
    Illuminait la nuit comme si c'était le jour.

    Je n'en crus pas mes yeux quand apparut au loin,
    Un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,

    Dirigés par un petit personnage enjoué :
    C'était le Père Noël je le savais.

    Ses coursiers volaient comme s'ils avaient des ailes.
    Et lui chantait, afin de les encourager :
    " Allez Tornade !, Allez Danseur ! Allez , Furie et Fringuant !
    En avant Comète et Cupidon ! Allez Eclair et Tonnerre !
    Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur !
    Au galop au galop mes amis ! au triple galop ! "

    Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent,
    Qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles ,
    Les coursiers s'envolèrent, jusqu'au dessus de ma tête,
    Avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.

    Peu après j'entendis résonner sur le toit
    Le piétinement fougueux de leurs petits sabots.

    Une fois la fenêtre refermée, je me retournais,
    Juste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

    Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,
    Etaient un peu salis par la cendre et la suie.

    Jeté sur son épaule, un sac plein de jouets,
    Lui donnait l'air d'un bien curieux marchand.

    Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,
    Un nez comme une cerise et des yeux pétillants,

    Une petite bouche qui souriait tout le temps,
    Et une très grande barbe d'un blanc vraiment immaculé.

    De sa pipe allumée coincée entre ses dents,
    Montaient en tourbillons des volutes de fumée.

    Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond
    Sautait quand il riait, comme un petit ballon.

    Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,
    Que je me mis malgré moi à rire derrière ma main.

    Mais d'un clin d'oeil et d'un signe de la tête,
    Il me fit comprendre que je ne risquais rien.

    Puis sans dire un mot, car il était pressé,
    Se hâta de remplir les bas, jusqu'au dernier,
    Et me salua d'un doigt posé sur l'aile du nez,
    Avant de disparaître dans la cheminée.

    Je l'entendis ensuite siffler son bel équipage.

    Ensemble ils s'envolèrent comme une plume au vent.

    Avant de disparaître le Père Noël cria :
    " Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit "

    (texte et images du net)...

     


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  • période de l'avent à j-13, que se passe-t'il?...

    sapin, décorations, calendrier, couronne...

    un petit mot sur l'avent...

    en vous souhaitant une belle journée...

    et bises de Véro...

    L’avent…

    (texte et images du net)...

    Les quatre semaines incluant les quatre dimanche précédant la veille de Noël correspondent à l'Avent.
    Avent, du latin adventus qui signifie venue, arrivée. Pour les chrétiens, ce terme classique fut employé pour désigner la venue du Christ parmi les hommes.Depuis le pape Grégoire I, nommé aussi Grégoire le Grand, l'Avent représente la période de la préparation de la venue du Christ. 

    Elle commence avec le 4e dimanche avant Noël et marque le début de l'année ecclésiastique. 

    En célébrant chaque année la liturgie de l'Avent, l'Eglise actualise cette attente du Messie : en communiant à la préparation de la première venue du Sauveur, les fidèles renouvellent leur désir ardent de son second avènement" (Cathéchisme de l'Eglise catholique). 

    Novembre s'installe dans les villes et les campagnes avec sa grisaille, des journées courtes, la nuit qui envahit les maisons, la pluie, le froid, le vent.

    Déjà aux époques paiennes, des réjouissances étaient organisées à cette époque. Elles manifestaient la volonté des hommes de conjurer la peur de rentrer dans une maison morte plongée dans la nuit et l'arrivée effrayante des longues nuits.

    Le symbole principal de l'Avent est sans conteste la lumière, ce qui est compréhensible à cette époque de l'année. La lumière non seulement chasse l'obscurité mais aussi représente l'espoir et la lutte contre le mal. 
    Au gré des fêtes, l'attente de Noël se transforme en célébration de la lumière et de la fécondité. Les jours sombres se remplissent de lumières.

    Préparer Noël c'est transformer les tristes journées de novembre en instants féeriques plein d'espoir.
    C'est conjurer les mauvais sorts apportés par l'imagination transie par le froid et la nuit. C'est conjurer la mort. 
    Le soleil se couche, vive le soleil et célébrons le.

    Dès l'Avent la maison toute entière se pare dans l'attente du grand jour :
    - couronne de l'Avent sur la table,
    - couronne sur la porte d'entrée,
    - guirlandes autour des portes,
    - lumière chaude des bougies.

    La fête de la Saint André fixe à quelques jours près, l'entrée dans l'Avent.

    Le dimanche le plus proche de cette fête est le premier dimanche de l'Avent.

    Nos ancêtres au nord de l'Europe, qui craignaient de voir le soleil disparaitre pour toujours, habillaient leur logis au coeur de l'hiver de couronnes composées de feuillages verts.

    En Allemagne, on connaît la couronne de l'Avent seulement depuis la Première Guerre Mondiale.

    Couronne de l’avent…

    La couronneest un ancien symbole aux significations multiples. Les couronnes rondes de l'Avent évoquent le soleil et annoncent son retour.

    Plus récemment, un pasteur allemand décida d'allumer chaque jour une bougie disposée sur une roue, pour marquer les 24 jours qui précédent Noël. La roue fût remplacée par du sapin et les bougies réduites à 4. Elle marquent les 4 dimanche qui précédent Noël.

     

    Pour les chrétiens, cette couronne est aussi le symbole du Christ Roi, le houx rappelant la couronne d'épines posée sur la tête du Christ avant sa mise en croix.

    Les 4 dimanche symbolisent aussi les 4 saisons et les 4 points cardinaux.

    Noël sera là lorsque la dernière bougie sera allumée. Le plus souvent les bougies sont rouges pour évoquer le feu et la lumière.
    Sur les couronnes d'inspiration suédoise, les bougies ont blanches, couleur de fête et de pureté.
    En Autriche on les choisit violettes car cette couleur est symbole de pénitence.

    Calendrier de l’avent…

    Cette tradition germanique est née de l'imagination d'un père de famille voulant canaliser l'impatience de ses enfants. 

    Il découpa des images pieuses qu'il leur remit chaque matin.

    Un peu plus tard, les images pieuses se sont envolées pour laisser place à des biscuits. Le calendrier est ainsi né. 

     

    Le Sapin...

    Les Celtes considéraient le 24 décembre, comme le jour de la renaissance du Soleil. Ils avaient coutume d'associer un arbre à chaque mois lunaire, ils avaient dédié l'épicéa, qui était l'arbre de l'enfantement, à ce jour-là.

    Au XIe siècle, les fidèles avaient coutume de présenter des scènes appelées Mystères, dont celle du Paradis. L'arbre du Paradis était souvent symbolisé par un sapin garni de pommes rouges. 

    C'est en 1521 que le sapin ou arbre de Noël ou encore arbre du Christ a été mentionné pour la première fois en Alsace. Il existe également des documents attestant d'une fête le 24 décembre 

    Au XIIe siècle la tradition du sapin apparait en Europe, en Alsace.

    On parle alors de décorer les maisons avec des branches coupées 3 jours avant Noël.

    Il était répandu en Alsace et dans la région de Bâle. Il représentait à l'origine l'Arbre d'Eden dans les mystères joués la veille de Noël sur les bords du Rhin. Pour le décorer, on attachait des pommes à ses branches.

    Il existe également des documents attestant d'une fête le 24 décembre 1510 à Riga en Lettonieoù des marchands dansaient outour d'un arbre décoré de roses artificielles avant de le brûler.

    En 1546, on parle sérieusement d'arbres de Noël quand la ville de Sélestat en Alsace autorise à couper des arbres verts pour Noël, au cours de la nuit de la Saint Thomas, le 21 décembre. Symbole de la vierge, les roses faisaient partie de la panoplie de décoration pour parer les sapins en Alsace au XVIe siècle, ainsi que des pommes, des confiseries et des petits gâteaux qui ressemblaient à des hosties.

    Les pommes avaient également une valeur symbolique, car sur l'ancien calendrier des saints, le 24 décembre était réservé à Eve et Adam, canonisés par les Eglises orientales.

    A l'époque l'église considérait l'arbre de Noël comme une pratique païenne et franc-maçonne.
    Et ce fût le cas jusqu'au milieu du XXe siècle.
    En fait, avant que la fête de Noel n'existe, il existait déjà un rite paien lors des fêtes du solstice d'hiver : on décorait un arbre, symbole de vie, avec des fruits, des fleurs, du blé.

    Plus tard, on accrocha une étoile au sommet de l'arbre, symbole de l'étoile de Bethléem qui guida les Rois Mages. Dès lors il conquit peu à peu les communes protestantes d'Allemagne du nord et les grandes villes et occupa une place de choix dans les églises des deux religions.

    Une gravure de 1806, représente un sapin décoré avec des petits personnages, des animaux, des oiseaux et des gâteaux découpés.

    En 1560, au moment de la Réforme, les protestants se refusent à représenter la Nativité par une crèche comme les catholiques. Ils préfèrent développer la tradition du sapin de Noël, arbre qui symbolise le paradis d'Adam et Eve et la connaissance du bien et du mal.

    La tradition du sapin de Noël se répand dans les pays d'Europe Protestante, en Allemagne et en Scandinavie.

     

    Au XVII et XVIIIe siècle on commence à voir des premiers sapins illuminés.
    Comme la cire était couteuse, on plaçait des coquilles de nois remplies d'huile à la surface de laquelle une petite mèche flottait ou des chandelles souples que l'on nouait autour des branches.

    C'est au XIXe siècle que le sapin de Noël prend son essor.
    Cette coutume de l'arbre de Noël arriva en Grande Bretagne dans les années 1840. La jeune reine Victoria et son époux le roi Albert le firent apprécier dans tout le pays. Les époux mirent l'arbre de Noël allemand avec ses lumières brillantes au centre de la fête familiale de Noël au château de Windsor.

    Il fit ensuite son apparition aux Etats Unis à la Maison Blanche.

    En France, l'arbre de Noël fut introduit à Versailles par Marie Leszcynska, femme de Louis XV en 1738.

    En 1837 Hélène de Mecklembourg, duchesse d'Orléans et d'origine allemande fait décorer un sapin aux Tuileries.

     

    Cette tradition se généralisa après la guerre de 1870 dans tout le pays.

    Les Emmigrés d'Alsace-Lorraine font largement connaître la tradition du sapin aux français : "Là où il y a une famille alsacienne, il y a un sapin de Noël". A la fin du XIXe siècle tout le pays l'a adopté.

    C'est à partir de 1880 qu'on a pu voir les premières décorations avec des ampoules électriques aux Etats Unis. 
    Mais c'était tout de même rare car au au début du siècle le prix d'une guirlande d'ampoules représentait un salaire hebdomadaire moyen.


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  • J-15, bonne journée et bises de Véro...

    Le saviez-vous...

    Le Houx…

    Le houx doit ses lettres de noblesse aux services rendus à la Sainte Famille. 

    Afin d'échapper à la colère d'Hérode, prêt à faire massacrer tous les enfants mâles de moins de deux ans, pour être sûr d'en éliminer un seul, Jésus. Marie, Joseph et leur enfant furent contraints de fuir en Egypte. 

    Des miracles ont jalonné leur chemin. Sous une escorte de lions, de loups et de léopards, la famille pu avancer sans danger. 

    Pour les nourrir et les désaltérer le palmier se baissa leur offrant ses fruits, de ses racines jaillit une source. 

    Lorsque les soldats d'Hérode s'approchèrent dangeureusement, le houx, à son tour, a étendu ses branches pour cacher, mère, père et enfant. 

    En reconnaissance Marie le bénit en disant que le houx resterait toujours vert, un symbole d'immortalité. Une légende raconte que la croix était en bois de houx, parce que parmi tous les arbres, seul le houx se laissa sacrifier. Les piquants le long des feuilles symbolisant la Passion et la couronne de houx de l'Avent et ses 4 bougies qu'on allume une à une les 4 dimanche de décembre, en préparation de l'avénement du Christ, nous rappellent les liens entre Noël et Pâcques.

    Pour que l'année à venir soit profitable, il faut faire rentrer du houx à la maison à Noël.

    En Angleterre on croyait que le houx pouvait influer sur la bonne entente du ménage. En fait, il faut deux sortes de houx : avec piquants et sans. Le houx à piquants symbolise le mari, le houx à bords lisses, la femme. Afin que les rapports entres les conjoints soient équilibrés, les gerbes de houx contenants les deux sortes de feuilles doivent entrer dans la maison ensemble. Autrement l'un des deux, mari ou femme, dominera la maison.

    (texte et images du net)... 

    bises de Véro et Bonne JOurnée...


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  • C'est Mercredi jour des enfants, et à J-20 avant Noêl, je vous offre une petite histoire de Noël, pour partager entre petits et grands...

    bises de Véro et bonne journée...


    Il était une fois un garçon aussi mauvais que malin. Il avait sans ...
    cesse de méchantes idées, c'est pourquoi, chaque Noël, il ne recevait pour tout cadeau qu'un minuscule bonbon. Un jour, il eut une idée encore pire que toutes celles qu'il avait eues jusque ici :
    " Cette nuit, c'est Noël, se dit-il, je veux être le seul enfant à recevoir des jouets. Quand Papa Noël viendra par la cheminée m'apporter mon bonbon, je l'enfermerai. Il m'appartiendra et j'aurai enfin des cadeaux, tous les cadeaux, j'en aurai pour toute l'année, pour tous les jours et les autres enfants ne verront plus Noël. Plus jamais ! Ah ! Ah ! Ah ! " Quelle idée ! Une idée terrible !
    Le mauvais garçon imagina un piège. En bas de la cheminée, il étala un grand sac de toile, équipé d'une corde qu'il suffisait de faire coulisser autour de son ouverture pour le fermer solidement.
    Quand Papa Noël arriva, il atterrit, les pieds en avant, droit dans le sac. Le mauvais garçon se jeta sur lui, tira la corde pour fermer le sac et Ziiiip ! Voilà Papa Noël prisonnier…" Libère-moi ! Les autres enfants vont être très tristes" hurlait Papa Noël.
    Mais le mauvais garçon se contenta de rire méchamment avant de quitter la pièce en fermant la porte à double tour.
    Pourtant, le mauvais garçon avait oublié les plus aimables des amis de Papa Noël : ses rennes, qui tirent le traîneau. L'un d'eux, qui s'appelle Rudolf, inquiet de sa longueabsence se mit à sa recherche.
    Rudolf se doutait bien que Papa Noël devait être encore dans la maison là, sous ses sabots. En passant sa tête dans la cheminée, il vit un gros sac qui bougeait tout en bas,et à travers le tissu du sac il entendit la voix de Papa Noël qui criait :
    " Ouvre-moi, Rudolf ! Ce mauvais enfant m'a ligoté là-dedans ! "
    Rudolf, épouvanté, libéra Papa Noël en un clin d'œil. Puis ils remontèrent dans le ciel pour donner leurs cadeaux à tous les enfants du monde. Sauf au mauvais garçon.

    Quelques heures après ces évènements, le mauvais garçon voulut voir les cadeaux qu'il avait volés... Il entra tout doucement dans la pièce où il croyait trouver Papa Noël captif et les cadeaux des enfants du monde entier, mais, quand il découvrit que la pièce était vide, il commença à pleurer.
    - Je ne recevrai jamais de cadeaux ! Je suis sûr, maintenant, que Papa Noël ne m'aime pas.
    Cependant, Papa Noël, qui avait fini sa tournée, entendit ces mots. Il repassa dans la cheminée du mauvais garçon, l'embrassa et lui dit :
    - J'aime tous les enfants, et je t'aime aussi. Mais je ne veux pas récompenser tes mauvaises actions, ni ton égoïsme. Si tu me promets de te corriger, je te visiterai encore et toujours.
    Ce Noël là, le mauvais garçon dut se contenter de l'habituel minuscule bonbon comme cadeau. Mais l'année suivante, comme il s'était réellement amélioré, il reçut de très beaux présents. Il en fut de même tout au long des années de sa vie. C'est ainsi que le mauvais garçon devint un enfant très bon et par la suite, un homme honnête et généreux.
    C'était dans sa maison qu'on fêtait le mieux l'esprit de Noël, dit-on.

    de martine Félicia...


    et N'oubliez pas soyez sage, et Le Père-Noël sera généreux lol...
     

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  • à J-22, pour ce mettre dans l'ambiance des fêtes, et pour patienter avant le jour J, je vous offre une petite histoire de Noël...

    en vous souhaitant une belle journée...

    bises de Véro...

     

    L’elixir du Père-Noël, de Daniel Remy…

    Lorsque la cloche de l'école retentit, une horde d'enfants se dispersa
    joyeusement. Tibou lui, reprit le chemin de la maison en traînant les
    pieds, son cartable serré contre lui et les yeux rouges.
    A l'approche des fêtes de fin d'année, les discussions allaient bon train
    dans la cour de récréation, et le grand sujet du jour avait été le Père Noël.
    Ses copains lui avaient démontré avec acharnement qu'il n'existait pas.
    - Tout le monde sait qu' le Père Noël c'est les parents, y'a qu' les benêts
    ..comme toi pour y croire.
    - Tu parles, le Père Noël, c'est mon oncle qui s' déguise ! L'année dernière
    ..il avait tellement bu qu'il s'est pris les pieds dans son costume. Il a cassé
    ..ma game-boy en tombant dessus.
    - Ben moi, j'ai rien eu. Mes parents y disaient qu'ils avaient pas assez de
    ..sous… j'espère que c' t' année ça sera mieux.
    - Mon père à moi, y m'en donne des sous, y dit que j' suis plus un bébé,
    ..et comme ça je peux m'acheter c' que j' veux.
    Tibou sentit son univers basculer, il ne savait plus comment réfuter ces
    affirmations. Puis il se rendit à l'évidence. Le Père Noël n'existait pas !

    En traversant le parc qui menait à sa maison, il s'assit sur un banc, sortit
    son goûter de son cartable, le regarda, le rangea et se mit à pleurer.

    Fini les magiciens, les chevaliers, fini les lutins ! Le monde devenait tout
    à coup froid, dur, implacable.
    Tibou aurait voulu se cacher et ne plus jamais voir personne. Plus il y
    pensait plus il était triste, il avait l'impression de mourir… Il enfouit sa tête
    dans ses bras et pleura de plus belle.
    C'est alors qu'il sentit une petite tape sur son épaule, il tourna lentement la
    tête, et à travers ses larmes, il aperçut un vieux monsieur qui s'était assis
    sans bruit près de lui.
    - Qu'as-tu mon petit bonhomme ?
    - Rien m'sieur.. dit Tibou en sanglotant, j'ai les yeux qui m' piquent.
    - Dis-moi ça ne serait pas plutôt un gros chagrin qui te pique les yeux ?
    - Si m'sieur, répondit Tibou dans un sursaut de pleurs.
    - Et il s'appelle comment ce gros chagrin ? Il a bien un nom.
    - C'est à cause du Père Noël. Mes copains disent qu'il existe pas.

    - Et tu les crois toi, tes copains ?
    - Oui monsieur.
    - Pourtant, ils se trompent bel et bien tes copains, car le Père Noël existe.
    ..As-tu déjà entendu les gens dire : " Tiens ! ça sent Noël. "
    - Oui m'sieur, souvent.
    - Et sais-tu pourquoi les gens disent cela ?
    - Euh !… non m'sieur.
    - Eh bien ! Moi, je vais te le dire.
    Tibou, interloqué se mit à écouter attentivement l'histoire que le vieux
    monsieur lui racontait :

    Il y a bien longtemps, le Père Noël vivait dans les pays chauds. Toute
    l'année, avec l'aide de ses compagnons les lutins, il fabriquait des jouets
    pour les enfants. Mais le monde se peuplait chaque jour davantage et la
    tâche devenait de plus en plus difficile pour le Père Noël.
    La distribution lui posait beaucoup de souci, il avait plus d'une fois failli ne
    pas boucler sa tournée à temps. Il réunit alors le conseil des Sages,
    composé des lutins les plus expérimentés

    Ils discutèrent longuement du problème. Au petit matin, la solution jaillit
    miraculeusement. Pour réaliser son idée, il lui fallait plusieurs ingrédients
    dont de la glace très pure, des poils d'ours blanc, de la corne de renne
    mais aussi et surtout des vents favorables. C'est à cette époque qu'il
    décida de s'installer dans le grand nord, tout près du pôle. Il savait qu'il
    trouverait là tout ce dont il avait besoin.
    Il fabriqua un énorme chaudron, sa taille était gigantesque et nécessita
    presque une année de travail. Des renforts durent être demandés aux elfes
    du sud pour terminer dans les temps. Fin novembre arrivant, il envoya les
    lutins chercher les ingrédients nécessaires à l'accomplissement de son
    projet. Lorsque les vents furent propices, il se mit à ses fourneaux et com-
    posa une grande quantité d'un élixir très particulier qui fut ainsi emporté et
    se dissipa tout autour de la terre.
    Cet élixir a la propriété d'attendrir les cœurs. Quand les gens respirent un
    peu de ses vapeurs, ils ressentent le besoin irrépressible de faire le bonheur
    autour d'eux, à commencer par leurs enfants. Voilà pourquoi ils achètent
    des jouets à Noël.

    Les boulangers veulent faire leurs plus beaux pains, les glaciers leurs plus
    belles glaces, les charcutiers leurs plus beaux pâtés, les fabricants de
    jouets rivalisent d'ingéniosité pour offrir ce qu'il y a de plus attrayant.

    Les gens ont envie de vivre dans du beau et se mettent à décorer à tour de
    bras, qui leur maison, qui la devanture de leur boutique, les maires donnent
    l'ordre d'égayer les rues, tout le monde s'y met.
    Bien sûr, cet élixir a quelques petits inconvénients mineurs. Chez certaines
    personnes plus sensibles que d'autres il provoque de légers rhumes, mais
    après tout, cela permet souvent de se reposer un peu avant les fêtes, et ce
    n'est de toute façon jamais bien grave.
    D'autres ont le cœur plus dur et résistent à ses effets, mais chaque année,
    il améliore sa recette afin de toucher le plus grand nombre d'entre nous.
    C'est ainsi que le Père Noël est sûr de pouvoir accomplir sa tâche, et ce,
    quel que soit le nombre d'habitants sur la terre.

    - Voilà, tu sais tout. Mais laisse-moi te donner un dernier conseil, petit.
    ..Quand tes copains te disent que le Père Noël n'existe pas, réponds que
    ..le Père Noël n'existe pas pour ceux qui n'y croient pas. Ils comprendront.

    Tibou sentit la chaleur l'envahir, la vie reprenait, tout s'expliquait !
    Il comprenait pourquoi les gens disaient : " ça sent Noël. "
    Les fées et les magiciens reprenaient le dessus !
    Le monde redevenait vivant !
    Il savait maintenant que les choses étaient bien plus subtiles qu'il ne l'avait
    imaginé. Fou de joie, il ne vit pas le vieux monsieur partir, comme il était
    venu, sans bruit, et reprit gaillardement le chemin de la maison.
    Depuis, Tibou a grandi. Chaque année, au moment de Noël, il repense
    à cette vieille personne qu'il n'a plus jamais revue. Il se demande dans le
    secret de son cœur si, finalement, il ne l'a pas rencontré ce jour là, le Père
    Noël.

    Daniel Remy


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  • Coucou du Mardi, avec une petite coutûme Anglaise originale, mais plus d'actualité, à savoir pourquoi lol...

    bonne journée et bises de Véro...

    Epoux vend epouse…

     

    A vendre, cinq shillings, ma femme, Jane Flebbarcl. Elle est bien bâtie, ferme sur ses pattes, une vraie poutre maîtresse. Elle sème et elle récolte, elle laboure et mène ses hommes, et elle tiendrait tête à n'importe quel gaillard qui tient les rênes serrées, parce qu'elle est butée comme un âne et que c'est une sacrée forte tête ; mais bien menée, elle serait douce comme un agneau. Il lui arrive de commettre des faux pas. Son mari s'en sépare parce qu'elle est trop pour lui.
    N B : Tous ses vêtements seront donnés avec elle.

    (Leeds Mercury, gazette régionale, 7 juin 1879)…

    Non, ce n’est pas une blague, mais bien une coutume observée en Angleterre à la fin du 17ème et jusqu’au début du 20ème siècle !!!
    La vente était annoncée à l’avance par voie de publicité dans la gazette locale. Elle prenait la forme d'une vente aux enchères, souvent lors d’un marché. La femme y était menée par un licol généralement une corde mais parfois un ruban, attaché autour de son cou, de sa taille ou de son bras. Le prix pouvait varier entre un verre de bière et 100 £ soit 13 000 € aujourd’hui !
    La vente d’une épouse permettait de mettre fin, par consentement mutuel, à un mariage insatisfaisant, le divorce n’étant accessible qu’aux plus riches.

    Cette coutume, qui à l’heure actuelle peut choquer, peut se justifier et sembler moins barbare qu’elle n’y paraît.
    Tout d’abord, dans l’Angleterre de l’époque, ainsi que partout en Europe, on se mariait par obligation, convenance ou filiation, mais jamais par amour. Une fois attachée à l’époux, la femme devenait pour son mari un bien comme un autre, sans droits ni possession. L’époux en échange, devait répondre aux besoins de sa femme.
    Aujourd’hui, si mésentente il y a, les gens divorcent. Mais à l’époque géorgienne, on ne pouvait divorcer qu’en cas d’adultère avéré ou de violences cruelles et répétées. Et qui plus est, divorcer coûtait cher. Il restait donc comme solution pour les pauvres gens malheureux en amour : la fuite ou la vente aux enchères !

    Une solution qui arrangeait aussi bien l’homme que la femme. D’ailleurs la vente ne pouvait se faire que par consentement mutuel. En général, l’époux y recourait parce qu’il avait besoin de liberté ou d’argent. Quant à la femme, il s’agissait d’échapper à la brutalité, l’alcoolisme ou la pauvre naissance de son mari. Et oui, une vente permettait souvent à la femme de s’élever socialement en étant achetée par un mari plus âgé, plus riche et de meilleure condition…

    imagerie du Mardi

    (images du net, Perla-Marina)...


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  • C'est d'Amour dont j'ai envi de parler en ce début de semaine...

    avec des petits contes pour petits et grands, des petits contes d'amour...

    bonne semaine, et bonne visite...

    bises de Véro...

    Petits contes d’amour…

     

    Nuit d'amour en hiver

    Le petit lac est amoureux de la lune.
    Au printemps, en été comme en automne,
    la lune l'effleure de ses rayons d'argent et le remplit d'amour.
    Mais elle glisse sur l'eau comme une barque d'opale,
    ou bien elle roule, ronde et fraîche, telle une pastille de menthe.
    Le petit lac est émerveillé par la grâce de sa belle.
    Il a tout tenté pour la séduire,
    lui offrant ses moires, ses nacres, ses nénuphars et même une libellule mauve.
    Mais la belle a continué de glisser ailleurs, toujours plus loin, vers de nouvelles amours...
    et puis l'hiver est arrivé et le petit lac est bien content.
    Le gel a durci ses eaux, le voila bloc de glace où la lune est emprisonnée.
    Enfin le bonheur! Sa bien-aimée ne pourra s'échapper qu'au prochain printemps.

    Francine Trimbach

     

    Un mariage parfumé

    Après avoir résisté à l’hiver,
    la petite Ciboulette reprend de la vigueur
    au soleil du printemps.
    Et, regardant autour d’elle,
    elle aperçoit un brin de persil frisé,
    dont la belle couleur verte la fait craquer.
    Voilà notre amoureuse qui tente,
    chaque jour, de se rapprocher de son amour…
     jusqu’à le frôler.
    Il faut dire que Persil n’est pas insensible
    aux charmes de Ciboulette.
    Alors les amoureux s’échangent un doux regard,
    s’enlacent et se promettent un amour éternel.
     Si bien que lorsque le jardinier vient cueillir Persil,
    Ciboulette se laisse prendre aussi.
    C’est ainsi qu’ils se retrouvent unis, l’un près de l’autre,
    dans une grande salade de printemps.
    Quel beau mariage !

    Jeanine Vivot

     

    La fleur et le papillon

    Le bleu papillon aimait une blanche marguerite.
    Chaque matin, il buvait en elle des gouttes de rosée.
    Mais il regrettait qu'elle soit prisonnière de ses racines.
    Il disait:« Tes feuilles ressemblent à des ailes,
    tu pourrais t'envoler avec moi.»
    Elle l'écoutait, ses longs cils blancs baissés, et son cœur battait...
    Un jour, une petite fille cueillit la marguerite.
    Elle s'échappa alors du bouquet, entrouvrit ses feuilles
    et s'envola pour rejoindre son papillon.

    Francine Trimbach

     

    Le petit pommier amoureux

    L’hiver dernier, le petit pommier souffrait.
    Ne supportant ni le vent ni le gel,
    ses branches nues craquaient pour appeler au secours.
    Un soir de grand froid,
    du gui vert et brillant est venu le consoler.
    Il s’est roulé en boule autour du petit arbre
    et l’a réchauffé au cœur de l’hiver.
    Aujourd’hui , le pommier et la boule de gui
    sont si attachés l’un à l’autre qu’ils sont inséparables.
    Filant un tel amour
    que le vieux jardinier prédit qu’à l’automne,
    ils auront des tas de petites pommes.

    Jeanine Vivot

     

    Marguerite, la fleur-étoile 

    Marguerite était une jolie fleur
    avec un cœur d’or et des pétales blancs.
    Un jour, l’oiseau du paradis descendit du ciel
    et lui déclara son amour.
    Séduite, la fleur lui offrit un de ses pétales en disant « Je t’aime ».
    Elle ajouta « un peu », en lui donnant le deuxième pétale,
     « beaucoup », avec le troisième…
    Comme l’oiseau du paradis lui répondait :
     « Moi aussi, ma chérie », elle se laissa cueillir.
    Et l’oiseau l’emporta dans le ciel
    où Marguerite se transforma en étoile.
    Depuis elle illumine toutes les nuits d’été.

    (Francine Trimbach)

     

    (images du net)...

     

    Plein de bécots pour les petiots

    Julot le souriceau est triste.
    Il est si maigrichon qu’il n’a que la peau sur les os.
    Pauvre Julot qui pleure à gros sanglots !
    Pour le consoler, Coco le mulot lui fait cadeau
    de beaux vermisseaux et de gâteaux aux pruneaux.
    Julot sort de son broc et rencontre Margot, une souricette.
    Depuis ils ont eu de tendres duos,
    beaucoup de marmots et ont même gagné au Loto.
    C’est la vie de château avec plein de bécots
    pour Julot., Margot et tous les petiots !

     (Jeanine Vivot)

     


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  • Bienvenue dans le monde des Dryades pour ce dimanche, en vous souhaitant une très belle journée...

    bises de véro...

    Les dryades…

    Les dryades sont, dans la mythologie grecque, trois nymphes, des déesses mineures liées aux chênes en particulier, et aux arbres en général. Le nom de dryades fut plus tard utilisé pour désigner les figures divines présidant au culte des arbres et de la forêt. Elles sont généralement considérées comme des créatures très timides qui se montrent rarement, sauf à la déesse Artémis qui est réputée être l'amie de la plupart des nymphes.

    Le mot « dryades » est issu du grec ancien Δρυάδες / druádes, de δρῦς / drũs, qui signifie « chêne ». Selon Émile Benveniste, les racines indo-européenne drew et grecque drûs, équivalentes de l'allemand treu, signifiaient à l'origine « ce qui est solide ou ferme » et furent ensuite utilisées pour désigner l'arbre et en particulier le chêne. Cette racine a non seulement donné naissance au mot « dryades », mais aussi à une série de termes exprimant la confiance et la fidélité comme trauen et trust…

    Les dryades sortaient d'un arbre appelé « Arbre des Hespérides ». Certaines d'entre elles allaient dans le Jardin des Hespérides pour protéger les pommes d'or que le jardin contenait. Les dryades ne sont pas immortelles, mais peuvent vivre très longtemps. Parmi les plus connues, on trouve notamment Eurydice, la femme d'Orphée. La tradition tardive fera la distinction entre les dryades et les hamadryades, ces dernières se voyant attachées spécifiquement à un arbre, alors que les premières erraient librement dans les forêts.

    Le poète Ovide raconte dans ses Métamorphoses qu'un homme nommé Érysichthon devint complètement fou et sacrilège. Il s'attaqua à un chêne de Cérès à la hache alors que les dryades dansaient autour : « Là s'élevait un chêne immense, au tronc séculaire,entouré de bandelettes, de tablettes commémoratives et de guirlandes, témoignages de jeux satisfaits. À son ombre, les dryades menèrent leurs danses joyeuses, souvent aussi les mains entrelacées, elles se rangèrent en cercle autour du tronc et il leur fallait quinze brasses pour avoir la mesure de sa masse énorme ». Lorsque Érysichthon frappa l'arbre avec son arme, « à peine la main sacrilège a-t-elle fait une blessure dans le tronc que l'écorce fendue laisse échapper du sang ; ainsi quand un énorme taureau choisi pour victime s'est abattu devant les autels, le sang jaillit de son cou déchiré ». Un témoin de la scène tente de l'arrêter mais Érysichton lui tranche la tête avec sa hache. La déesse Cérès le châtie en envoyant la Faim le visiter dans son sommeil, si bien que, après avoir dévoré toutes ses possessions, Érysichthon se mit à se dévorer lui-même.

    Les dryades pouvaient se marier puisque l'une d'elles, Eurydice, est décrite comme la femme d'Orphée, et Pausanias dit que la femme d'Arcas, fils de Zeus et de Callisto, était une dryade.

    Les méliades…

    Les Méliades étaient des nymphes qui habitaient les bois ou les bosquets de frênes, elles protégeaient plus particulièrement les enfants qui étaient parfois abandonnés ou suspendus aux branches des arbres à cause de leur naissance non désirée, mais d'autres mythologues considèrent les Méliades (ou épimélides) comme des nymphes dévolues aux soins des troupeaux. Leur mère était la fille de l'Océan, Mélie, qui fut aimée d'Apollon dont elle eut également deux fils, Térénus et le devin Isménos.

    Hamadryades…

    Les hamadryades, contrairement aux dryades, étaient attachées spécifiquement à un arbre et mouraient avec lui s'il était abattu.

    La croyance des peuples gréco-romains en l'existence réelle de divinités forestières aurait eu pour fonction de les empêcher de détruire les forêts car pour couper les arbres, il leur fallait d'abord consulter les ministres de la religion et obtenir d'eux l'assurance que les dryades avaient abandonné la forêt qu'ils comptaient couper.

     

    Les dryades ont l'apparence de très belles jeunes filles et incarnent la force végétative des forêts dans lesquelles elles peuvent errer en liberté nuit et jour. Dépeintes comme les divinités mineures protectrices des forêts et des bois, elles étaient aussi fortes et robustes que fraîches et légères et formaient des chœurs de danse autour des chênes qui leur étaient consacrés. Elles pouvaient survivre aux arbres placés sous leur protection car contrairement aux hamadryades, elles n'étaient pas liées à un arbre en particulier.

    (texte trouvé sur le net)...

     


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  • Avec mon imagerie du Vendredi, je vous offre une belle légende...

    bonne journée et bises de Véro...

    La légende des papillons !

    Comment les papillons apprirent à voler ( Légende amérindienne ).

    Quand la Terre était jeune, aucun papillon ne volait ça et là dans les airs et n'illuminait les jours de printemps et d'été de leurs ailes portant les couleurs de l'arc-en-ciel. Il y avait des reptiles, qui furent les ancêtres des papillons, mais ils ne savaient pas voler ; ils ne savaient que ramper par terre. Ces reptiles étaient magnifiques, mais le plus souvent les humains, lorsqu'ils se déplaçaient, ne baissaient pas les yeux vers la terre, aussi ne voyaient-ils pas leur beauté.

    En ces temps-là, vivait une jeune femme qui s'appelait Fleur de Printemps et qui était une joie pour tous ceux qui la connaissaient. Elle avait toujours le sourire et un mot gentil à la bouche, et ses mains étaient semblables au printemps le plus frais pour ceux qui étaient atteints de fièvre ou de brûlures. Elle posait ses mains sur eux et la fièvre aussitôt quittait leur corps. Quand elle atteignit l'âge adulte, son pouvoir devint encore plus fort et, grâce à la vision qu'elle avait reçue, elle devint capable de guérir les gens de la plupart des maladies qui existaient alors. Dans sa vision, d'étranges et belles créatures volantes étaient venues à elle et lui avaient donné le pouvoir de l'arc-en-ciel qu'ils portaient avec eux. Chaque couleur de l'arc-en-ciel avait un pouvoir particulier de guérison que ces êtres volants lui révélèrent. Ils lui dirent que pendant sa vie elle serait capable de guérir et qu'au moment de sa mort elle libérerait dans les airs des pouvoirs de guérison qui resteraient pour toujours avec les hommes. Dans sa vision, il lui fut donné un nom : Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel.

    Tandis qu'elle avançait en âge, Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel continuait son travail de guérisseuse et dispensait sa gentillesse à tous ceux qu'elle rencontrait. Elle rencontra aussi un homme, un voyant, et elle le prit pour mari. Ils eurent ensemble deux enfants et les élevèrent pour qu'ils soient forts, sains et heureux. Les deux enfants avaient aussi certains pouvoirs de leurs parents et eux-mêmes devinrent plus tard des guérisseurs et des voyants. Tandis qu'elle vieillissait, le pouvoir de Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel grandit encore et tous ceux qui vivaient dans les environs de la région où elle habitait vinrent à elle avec leurs malades, lui demandant d'essayer de les guérir. Elle aidait ceux qu'elle pouvait aider. Mais l'effort de laisser passer en elle tout le pouvoir finit par l'épuiser et un jour elle sut que le moment de remplir la seconde partie de sa vision approchait. Tout au long de sa vie, elle avait remarqué que des reptiles magnifiquement colorés venaient toujours près d'elle quand elle s'asseyait par terre. Ils venaient contre sa main et essayaient de se frotter contre elle. Parfois l'un deux rampait le long de son bras et se mettait près de son oreille.

    Un jour qu'elle se reposait, un de ces reptiles vint jusqu'à son oreille. Elle lui parla, lui demandant si elle pourrait faire quelque chose pour lui, car elle avait remarqué que lui et ses frères et soeurs lui avaient toujours rendu service. "Ma soeur, dit Celui qui rampait, mon peuple a toujours été là pendant que tu guérissais, t'assistant grâce aux couleurs de l'arc-en-ciel que nous portons sur le corps. A présent que tu vas passer au monde de l'esprit, nous ne savons comment continuer à apporter aux hommes la guérison de ces couleurs. Nous sommes liés à la terre et les gens regardent trop rarement par terre pour pouvoir nous voir. Il nous semble que si nous pouvions voler, les hommes nous remarqueraient et souriraient des belles couleurs qu'ils verraient. Nous pourrions voler autour de ceux qui auraient besoin d'être guéris et laisserions les pouvoirs de nos couleurs leur donner la guérison qu'ils peuvent accepter. Peux-tu nous aider à voler ?" Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel promit d'essayer. Elle parla de cette conversation à son mari et lui demanda si des messages pourraient lui venir dans ses rêves.

    Le matin suivant il se réveilla, excité par le rêve qu'il avait fait. Quand il toucha doucement Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel pour le lui raconter, elle ne répondit pas. Il s'assit pour la regarder de plus près et il vit que sa femme était passée au monde des esprits pendant la nuit. Pendant qu'il priait pour son âme et faisait des préparatifs pour son enterrement, le rêve qu'il avait eu lui revint en mémoire et cela le réconforta. Quand le moment fut venu de porter Celle-qui-tisse-dans-l'air-des-arcs-en-ciel à la tombe où elle serait enterrée, il regarda sur sa couche et, l'attendant, se trouvait le reptile qu'il pensait y trouver. Il le ramassa avec précaution et l'emporta.

    Tandis que l'on mettait le corps de sa femme en terre et qu'on s'apprêtait à le recouvrir, il entendit le reptile qui disait : "Mets-moi sur son épaule à présent. Quand la terre sera sur nous, mon corps aussi mourra, mais mon esprit se mêlera à l'esprit de celle qui fut ta femme, et ensemble nous sortirons de terre en volant. Alors nous retournerons vers ceux de mon peuple et leur apprendrons à voler de façon à ce que se poursuive le travail de ton épouse. Elle m'attend. Pose-moi à présent." L'homme fit ce que le reptile lui avait dit et l'enterrement se poursuivit. Quand tous les autres furent partis, l'homme resta en arrière quelques instants. Il regarda la tombe, se souvenant de l'amour qu'il avait vécu. Soudain, de la tombe sortit en volant une créature qui avait sur ses ailes toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle vola vers lui et se posa sur son épaule. "Ne sois pas triste, mon époux. A présent ma vision s'est totalement réalisée, et ceux que j'aiderai désormais à enseigner apporteront toujours aux autres la bonté du coeur, la guérison et le bonheur. Quand ton heure viendra de te transformer en esprit, je t'attendrai et te rejoindrai."

    Quand l'homme changea de monde, quelques années plus tard, et fut enterré, ses enfants restèrent en arrière après que tous les autres s'en furent allés. Ils remarquèrent une de ces nouvelles créatures magnifiques qu'ils appelaient papillons, voletant près de la tombe. En quelques minutes un autre papillon d'égale beauté sorti en volant de la tombe de leur père, rejoignit celui qui attendait et, ensemble, ils volèrent vers le Nord, le lieu du renouveau. Depuis ce temps-là les papillons sont toujours avec les hommes, éclairant l'air et leur vie de leur beauté.

    Si vous voulez que votre souhait se réalise, vous n'avez qu'à le souffler au papillon. N'ayant pas de voix, il ira porter votre souhait au ciel jusqu'au grand Manitou, où il sera exaucé.

    NOTE : Les enseignements traditionnels des amérindiens passaient jadis par des légendes comme celle-la que les anciens du village racontaient autour du feu le soir de pleine lune. Les enfants adoraient les écouter.

    Extrait de "La Roue de Medecine" de Sun et Wabun Bear

    imagerie du Vendredi

    (images du net)...


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  • bienvenue en pays Québécois aujourd'hui,

     

    avec une petite légende trouvée sur le net, et dont je ne connais pas l'auteur,

    en vous souhaitant une belle journée et une bonne semaine...

    bises de véro...

    En Pays Québécois…

    Légende du sirop d'érable

    Bien avant l’arrivée de Christophe Colomb, les tribus amérindiennes savaient comment recueillir la sève des érables et la transformer en sirop d’érable.
    Et à leur tour, les Amérindiens ont appris à nos ancêtres à fabriquer le sirop d’érable.
    Mais les Amérindiens, eux, comment ont-ils appris ?

    Une des nombreuses légendes raconte qu'un petit écureuil grimpa le long d'un tronc d'arbre, mordit sa branche et se mit à boire.

    Un Amérindien se trouvant au pied de cet arbre le regardait et se demandait pourquoi, puisqu'une source d'eau fraîche coulait tout près.

    Il imita l'écureuil en faisant une fente avec son couteau ... surprise, l’eau qui s’en écoulait était sucrée !

    Jusqu'alors, sa tribu ne trouvait du sucre que dans les fruits sauvages.

    Et voilà qu’il existait un arbre qui pleure du sucre en larmes de cristal.

    En plus, il venait de découvrir un remède contre le scorbut dont les siens souffraient souvent au printemps.

    Tout ça parce qu'il avait regardé et imité un écureuil en train de se désaltérer avec la sève d’érable.

    Une autre légende de la tribu MicMac raconte que par une journée de printemps, alors que le vent était encore frisquet, une vieille femme alla ramasser la sève des érables et, comme elle goûte meilleure chaude, elle en mit dans un pot qu'elle plaça au-dessus de son feu de teepee.

    Fatiguée, elle alla s'étendre pour se reposer.

    Lorsqu'elle se réveilla, le soir était déjà là. Dans le pot, elle trouva un sirop doré, clair et sucré.

    CROYANCE POPULAIRE

    Les premiers cris des corneilles annoncent l’arrivée du temps des sucres.

    Les premiers cris des outardes annoncent la fin de la saison.

    Si on entaille les érables lors du croissant de lune, la coulée est abondante.

    Si l’érable coule trop vite au moment de l’entaille, la coulée ne durera pas longtemps.

    L’apparition de l’oiseau des sucres signifie qu’il est temps d’entailler (bruant des neiges).

    Cet oiseau est fréquent lorsque le temps d’entailler les érables est arrivé.

    Les papillons des sucres annoncent la fin de la coulée.

    C’est un papillon gris et blanc qui fait son apparition à la fin de la saison des sucres et qui se noie dans les chaudières d’eau d’érable...

    (images du net)...


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  • Pour vous souhaiter une belle journée, je vous fais découvrir, une belle légende de Pays...

    La légende oubliée d'Aneau...

    bonne visite et bises de Véro...

    La légende oubliée d’Auneau

    Chevalier Yvain et La Vouivre

    La vouivre est le nom d’une sorte de serpent ailé, immortel, qui habite les ruines des châteaux et des couvents. Il y a des paysans qui assurent l’avoir vue traverser les airs en forme de barre ou de flèche de feu, et qui disent que quand la vouivre veut boire à la source d’un ruisseau, dans les étangs ou les mares, elle dépose sur le rivage le bijou (diamant, rubis) qu’elle a sur le front. (Cf. désiré MONNIER (1818).
    Cette créature fabuleuse se transforme en femme à la beauté surnaturelle lorsqu’elle se baigne. Elle porte au milieu du front un rubis ou un diamant lumineux qui lui permet de tout voir et de tout savoir. Cette femme – serpent apparaît au crépuscule et entraîne certains hommes dans les marais.
    * *
    Autrefois, au Moyen-âge vivait à Auneau, le chevalier Yvain, un jeune seigneur. Il portait toujours de riches tuniques de velours ou de brocart émeraude et des bottes de cuir aux éperons dorés. Il aimait chevaucher sur de magnifiques chevaux et parcourait ses domaines en de longues chasses à courre.
    Un soir qu’il rentrait seul de la chasse, très fatigué par une longue partie, il cheminait tranquillement sur les bords de l’Aunay. Quand passant près d’une fontaine, Yvain eut l’idée de s’y désaltérer. S’approchant, il aperçut une très belle damoiselle assise sur la margelle. Elle chantonnait tout en lissant ses très longs cheveux blonds. De temps à autre, elle se rafraîchissait en s’aspergeant de quelques gouttes de l’eau de la fontaine. Cette eau devait être de jouvence tant elle rendait belle la délicieuse créature. Yvain descendit de cheval et s’approcha doucement de la mystérieuse jeune fille.

    Elle avait la peau très claire, d’une blancheur de neige, les lèvres d’un rouge très vif comme des pétales de rose. Les yeux étaient très brillants et aussi noirs que le jais. Il en tomba sur le champ follement amoureux et décida aussitôt de la demander en mariage. Surprise, elle sursauta car elle ne l’avait pas entendu venir. Elle trouva ce jeune homme charmant et se sentit, elle aussi, bouleversée en le regardant.

    Yvain se souvint qu’un célèbre troubadour, passant par son château, lui avait appris peu de temps auparavant un poème dont il en avait fait son texte favori. Sans plus attendre, il commença à le réciter en le murmurant d’une façon romantique et tendre :
    « Eh, je meurs, je meurs d’amourette
    Puis-je vous donner un baiser ?
    Vous êtes le but de ma quête.
    Acceptez-vous de m’épouser ? »
    Emerveillée et charmée par la courtoisie, la galanterie et surtout l’audace de ce jeune chevalier, elle enchaîna aussitôt :
    « Je suis gardienne de l’Aunay,
    J’accepte de vous épouser.
    Si je sors la nuit en secret
    Surtout ne me suivez jamais. »

    Les deux jeunes gens firent alors plus longuement connaissance, se donnèrent mille et mille détails et finalement Yvain emmena Aulna – car c’était le nom de cette jeune et belle personne - dans son château. Aulna visita le manoir, le trouva très beau mais beaucoup trop étroit et surtout beaucoup trop sombre.

    Ils avaient décidé de se marier et la cérémonie eut lieu près de la fontaine où ils avaient échangé leurs premiers serments, dans l’église Saint Rémi d’Auneau quelques semaines plus tard.

    Ils n’eurent plus qu’une idée : agrandir le château, l’embellir et transformer le donjon : celui-ci devait devenir le plus haut et le plus solide de toute la région.
    Aulna portait visiblement chance à Yvain : il devenait de plus en plus riche et puissant. Ils vivaient très heureux. Les jours passaient délicieusement.

    Quelques mois plus tard, par une nuit de pleine lune, Aulna décida de se rendre en cachette à la fontaine. Mais, les grincements de la chaîne du pont-levis réveillèrent Yvain. Sans bruit, il la suivit discrètement. Elle longea l’Aunay, se faufila vers l’église et descendit jusqu’à la fontaine. Là, elle s’assit sur le rebord de la pierre, trempa ses pieds et s’enfonça doucement dans l’eau. Soudain, elle enleva ses deux yeux et les posa sur la margelle de pierre. Yvain ne put se retenir et poussa un cri de frayeur.

    Le charme était rompu : Aulna se transforma aussitôt en vouivre blanche. L’Aunay, si calme d’habitude, se déchaîna et bouillonnait maintenant d’écumes épaisses, monstrueuses et tourbillonnantes. Des éclairs zébraient le ciel noir et dans un fracas terrible, le clocher de l’église trembla ; toutes les portes et les fenêtres du château claquèrent tandis qu’un coup de tonnerre terrifiant s’abattait sur Auneau. Dans un fracas énorme, le donjon du château, foudroyé, s’écroula au même moment.

    Depuis longtemps, on savait que les souterrains sous le donjon étaient hantés. Mais on comprit alors qu’Aulna était redevenue la gardienne de ces lieux angoissants et lugubres. Mais où donc étaient passés les yeux de la vouivre, dans cette tempête hurlante, impressionnante et dévastatrice ?

    Bouleversé et désespéré, le chevalier Yvain rentra au château et devant le spectacle de son donjon détruit, il ne put retenir ses larmes. Il pleurait surtout la perte de sa bien-aimée et refusait d’admettre qu’elle put être cette chose effrayante qu’il avait entraperçue à la fontaine.

    Il décida de réunir un conseil de sages pour comprendre le phénomène qu’il avait vécu et comment envisager l’avenir. Des devins, des savants, des magiciens, des sorciers, des nécromanciens furent convoqués au château.… Chacun avec sa science tenta d’expliquer le mystère mais ni les étoiles invoquées, ni les cendres des herbes brûlées, ni l’étude du vol des oiseaux, ni les entrailles des animaux sacrifiés n’apportèrent de réponse. Après des jours et des jours de consultations infructueuses, une très vieille dame donna le conseil d’interroger trois personnes qui connaissaient, affirmait-elle, des secrets : un vieillard, un homme d’âge mûr et un jeune enfant. Yvain leur promit une récompense et leur posa trois questions :
    « Qu’est-ce qui est le plus léger ?
    Qu’est-ce qui est le plus doux ?
    Qu’est-ce qui est le plus lourd ? »

    Sans hésiter, le vieillard répondit : « la plume, la laine, la pierre ».
    L’homme adulte répliqua : « le vent, le bruit du feuillage dans le vent tiède du soir, le bois du vieux chêne ».
    L’enfant murmura : « un enfant dans les bras de sa mère ; un enfant qui boit le lait de sa mère ; un enfant mort dans les bras de sa mère ».

    Cette réponse plongea l’assistance dans un grand étonnement et tous les présents furent profondément émus. Sans aucun doute, cet enfant en savait plus que tous les sages, mages et nécromanciens interrogés. L’enfant s’approcha d’Yvain et s’adressa au chevalier : « Je connais en effet le secret des souterrains du donjon. Je peux te le donner mais à une condition : tu dois me promettre, en échange, de me laisser partir, aussitôt que je te l’aurai confié, pour retrouver ma mère qui s’inquiète sans doute de mon absence. »
    Le chevalier accepta. L’enfant reprit : « Sous le donjon, cachés depuis la nuit des temps, sommeillent deux dragons : l’un rouge, l’autre blanc. Seule la gardienne des souterrains peut les empêcher de se battre ! Elle a pouvoir sur eux… ! »
    Puis il partit en courant sans donner d’autres explications au chevalier et disparut.

    Yvain comprit alors qu’il ne pourrait jamais reconstruire le donjon de son château tant que les dragons seraient tapis dans les souterrains. Comment faire pour débarrasser les lieux de ces monstres ? Seule la prière pourrait l’inspirer et le guider. Il se rendit seul à l’église Saint Rémi et il se recueillit dans le silence. C’est alors qu’apparut dans le chœur de l’église une lueur : une dame vêtue d’une longue robe blanche portant de longs cheveux d’argent. Il crut reconnaître le sourire de sa mère, morte depuis des années déjà. Il resta immobile et stupéfait. Elle s’approcha de lui. Dans ses mains diaphanes, une épée brillait au pommeau d’or décoré de deux pierres précieuses étincelantes, noires comme du jais. Elle lui tendit l’épée puis elle le guida sans un mot jusqu’à l’entrée d’un souterrain sombre, étroit, inquiétant et lugubre. L’apparition s’évanouit.

    Armée de cette épée terrible et exceptionnelle, le chevalier comprenait que son courage et sa bravoure lui commandait d’accomplir l’exploit qui délivrerait son château. Aussi n’hésita-t-il pas à pénétrer dans le souterrain qui s’ouvrait devant lui et à s’aventurer dans le couloir ténébreux. Il arriva enfin dans une grotte : là, dormaient les deux dragons, l’un entièrement rouge comme le sang, l’autre entièrement blanc comme la neige. Au bruit des pas du chevalier, dérangés dans leur profond sommeil, ils se mirent aussitôt en colère et commencèrent à se battre dans un grand fracas de flammes, de cris horribles et de coups de griffes. Yvain s’approcha doucement sans se faire voir des combattants. Un trait de lumière éblouissante éclaira le dragon rouge. A ce moment, le dragon blanc lançait des jets de flammes mortelles sur son adversaire. Le chevalier planta son épée resplendissante dans la tête du dragon rouge qui s’effondra. Une fumée rouge s’en échappa aussitôt.

    Le dragon blanc resta là, dépité, en colère de voir sa proie lui échapper et il se retourna vers le chevalier. Comment Yvain allait-il pouvoir se sortir de cette périlleuse situation ? Le dragon blanc, furieux, excité comme un démon, crachait du feu tout autour de lui en de nombreuses flammes mortelles ; sa queue, hérissée de longues écailles acérées s’agitait en tout sens et frappait le sol puissamment, faisant trembler le souterrain.

    C’est alors que la mystérieuse gardienne apparut et tendit le bras, lança un nouveau rayon lumineux qui éblouit le dragon blanc et l’immobilisa. Yvain en profita pour transpercer le cœur de la bête de son épée : le dragon trembla puis tomba, quelques soubresauts, et fut terrassé à son tour. Une fumée blanche s’éleva aussitôt.

    La grotte fut illuminée de toute part : des jets de lumière vive se croisaient en tous sens. Puis les carcasses des dragons se réduisirent en poussière. Pour remercier la gardienne des souterrains, Yvain lui offrit son épée. Aussitôt, elle reconnut ses yeux fixés au pommeau de l’épée. Elle les reprit et, redevenue vouivre, elle se dépêcha de retourner à la fontaine. Elle s’y désaltéra longuement, enleva ses yeux noirs, les posa sur le rebord de la pierre et s’enfonça délicatement dans l’eau comme à son habitude.

    Yvain sortit du souterrain très fier d’avoir terrassé les dragons. Son exploit accompli, il s’approcha de la fontaine, but quelques gorgées et maladroitement fit tomber les yeux au fond de l’eau, au moment même où la vouivre remontait à la surface. Mais la jeune femme sortit de l’eau et ne se préoccupa pas des précieuses pierres noires. Yvain reconnut Aulna, l’appela très doucement. Il lui demanda de revenir vivre dans son château et de redevenir la merveilleuse princesse qu’elle était autrefois. Il restait là éperdu d’amour devant ce regard si tendre. Ce n’était plus la noirceur du jais mais une douce nuance de nacre qui emplissait les yeux de la jeune fille. Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre en un long serment d’amour. Depuis l’Aunay coule tranquillement et paisiblement.

    De retour au château, le chevalier fut surpris par la présence des fumées blanches et rouges qui s’approchaient de son blason au dessus de la porte principale du manoir. Elles se fixèrent sur l’armoirie sculptée. Depuis ce temps-là, le blason d’Auneau est rayé de rouge et blanc. Le chevalier fit commencer les travaux de reconstruction du donjon et embellit son château.

    Aulna revenait régulièrement à la fontaine où elle y rencontrait des paysans beaucerons. Depuis peu s’était répandue dans la région une grande nouvelle : l’eau de la fontaine accomplissait des guérisons miraculeuses. Elle guérissait de la goutte, de la paralysie, de la fièvre et de l’épilepsie. Les blessés qui en buvaient guérissaient ; les brûlures disparaissaient …

    Peu à peu, il s’institua un pèlerinage où des croyants de toute la Beauce venaient à la Fontaine. C’est ainsi que la fontaine fut dédiée à Saint Maur.

    Jean-Pierre LIENASSON.
    14 10 2010....

     


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  • La salamandre en ce lundi...

    bonne journée et bises de Véro...

    Legende de la salamandre..

     

    Salamandre

    La salamandre mythique, malgré son homonymie, n’avait rien à voir avec le joli petit amphibien que nous connaissons. Cette créature de l’Antiquité était de petite taille, mais mortelle. Selon la légende, elle pouvait survivre au milieu des feu, éteindre les flammes au seul contact de sa peau et tuer un homme d’une seule goutte de son venin.

    Caractéristiques

    Nom :Vient d’un mot arabe signifiant « qui vit dans le feu »

    Particularités : Ressemble aux salamandres actuelle, en plus grand, peau sécrétant un liquide empoisonné

    Habitat : Europe et Asie

    Origine de la légende : Description par le naturaliste latin Pline l’Ancien (23-79 de notre ère)

     

    Frileuse :   

    La peau de la salamandre était si froide qu’elle pouvait éteindre un feu seulement en passant à travers les flammes. On pensait aussi qu’elle vivait dans les coulées de lave roulant hors des volcans.

    Lait empoisonné :

    Selon la légende, la salamandre sécrétait par la peau et la bouche un liquide laiteux. Si elle grimpait à un arbre, elle en empoisonnait les fruits, tuant ceux qui en mangeaient. Si un porc goûtait à une salamandre, il survivait, mais tous ceux qui mangeaient de ce porc en mouraient.

    Sorties du feu 

    Le mythe des salamandres surnaturelles a probablement éclos en Europe, où la salamandre est un animal réel, et assez commun. Elle aime hiberner l’intérieur ou à l’abri de vieux tas de bois. Quand on rentrait ce bois pour le mettre dans la cheminée, il en sortait souvent une salamandre. Les légendes concernant la créature mythique sont sans doute venues du fait que les vraies salamandres semblaient sortir des flammes absolument sans dommage.

    Extincteur :Si un forgeron voyait s’éteindre le feu de sa forge, on croyait que c’était une salamandre qui était coupable. Le forgeron devait trouver et tuer l’animal avant de pouvoir rallumer sa forge.

    Soie ignifuge :On croyait que les salamandres filaient de la soie dont on pouvait faire des vêtements. Ces tissus en « laine de salamandre » se nettoyaient dans le feu. Les anciens Chinois montraient aux étrangers ces vêtements miraculeux.

     

    L’ardeur du courage  

    La salamandre légendaire symbolisait la force et le courage. Des représentations de l’animal, souvent figuré au milieu d’un feu, furent souvent utilisées sur des monnaies ou des armoiries royales. Les soldats la considéraient aussi comme un porte-bonheur e et portaient souvent au combat des répliques de la courageuse petite créature.

     

    Le savais-tu ?

    Même si on la décrit le plus souvent sous l’aspect d’une salamandre ordinaire couverte de taches, des gens ont assuré avoir vu une salamandre à forme humaine.

    (Dans le Cantal, on assurait que l’animal le plus maléfique était la salamandre : une bête qui ne respire qu’une fois par jour et dont le souffle est mortel !)..

    (Le roi de France François 1er, a choisi la salamandre comme emblème et la fit figurer dans ses armoiries. Au château de Chambord, l’un des plus beaux de la Renaissance, construit à partir de 1519, il a fait décorer le plafond de l’une des salles de 300 salamandres.)…


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  • Les hippocampes...

    Membre de la famille des poissons aiguilles, l'hippocampus sp. (du grec hippos "cheval" et kampos "poisson marin") appartient à l'ordre des gastérostéiformes et à la famille des syngnathidés. Mesurant de 2.5 cm à 35 cm, sa taille minuscule ne l'empêche pas de se faire remarquer dès l'Antiquité. Au fur et à mesure des siècles et des recherches le concernant, la curiosité et la passion qu'il suscite lui octroient une place de marque dans la mythologie mais aussi dans la science et les arts…

    celui que l'on surnomme affectueusement le cavalier d'échecs ou cheval marin présente un grand nombre de caractéristiques étonnantes alors qu'il ne mesure quelques centimètres à peine. A l'instar de l'huître qui recèle bien des secrets dans son coquillage, il fascine par son mode de reproduction, son anatomie et ses facultés inhérentes.

    Alors que l'imagination de nos ancêtres se délectait à créer des animaux hybrides pour peupler les légendes tels la manticore (monstre composé d'un mélange de scorpion, d'homme et de lion) ou le griffon (créature à tête d'aigle et à corps de lion), l'hippocampe s'inscrit quant à lui dans la réalité. Avec sa tête chevaline et son corps de poisson ou de serpent, mesurant jusqu'à 35 cm pour son espèce géante du Pacifique oriental, il fait figure de création divine et invite à la rêverie fantastique. A la croisée de bien d'autres animaux quand on considère ces nombreux caractéristiques, il est doté de pouvoirs naturels au goût de "surnaturel".

    Chez l'hippocampe, la femelle se met en selle et le mâle couve

    L'étalon des mers, s'il ne galope pas lors de courses aquatiques comme on l'a si souvent imaginé, est néanmoins un champion de la reproduction. Et galant avec ça ! Lors de la parade nuptiale, plutôt que d'aller chevaucher sans vergogne sa pouliche, il se laisse approcher par la femelle qui aura au préalable affronté quelques possibles concurrentes pour pouvoir aller pondre ses oeufs dans la poche de son bien-aimé.

    Après avoir longuement piaffé d'impatience, madame l'hippocampe livre sa ponte dans une poche située sur l'abdomen de monsieur. Après quoi, ce dernier fertilise les ovules en sécrétant un liquide spécial qui nourrira les embryons tout au long de leur croissance. Une fois ses oeufs bien au chaud, la mère pondeuse peut aller trotter gaiement vers d'autres aventures et féconder un autre mâle dès la prochaine pleine lune. Car, fait notoire, les hippocampes se rassemblent pour la reproduction à chaque pleine lune. Riche de sa centaine d'oeufs, le mâle procèdera à plusieurs incubations avant d'expulser les bébés qui mesurent entre 8 et 16 mm à la naissance et savent déjà nager…

    Les pouvoirs fascinants de l'hippocampe

    Si notre cheval des mers a le don de pouvoir jouer au kangourou en portant dans sa poche ventrale sa future descendance, il faut savoir qu'il est doué de bien d'autres qualités tout aussi admirables.

    Jouer au caméléon : cet animal aquatique a en effet la capacité de changer de couleur à volonté pour s'adapter au milieu dans lequel il évolue et échapper ainsi à la menace de ses prédateurs, quoique peu nombreux en raison du peu de saveur de ses longs filaments cutanés, jugés trop cartilagineux et indigestes. Bleu, jaune, rouge, orange, noir, vert... la palette de ses couleurs présente autant de choix que lui met à disposition la végétation sous-marine.

    Rouler des yeux : comme le caméléon (décidément il faudra se pencher sur un possible et lointain cousinage !) l'hippocampe peut mouvoir ses yeux indépendamment l'un de l'autre de la sorte que sans bouger, il peut suivre tout ce qui se passe autour de lui et chasser ni vu ni connu.

    Une queue préhensile : tel le singe, l'hippocampe s'agrippe à la faune aquatique en enroulant sa queue autour des "tiges" formées par la végétation. Cette accroche naturelle lui évite d'être emporté par les courants où il déniche le plancton qui constitue sa nourriture de base avec les petites crevettes. Avec son appétit de loup, autant dire que l'hippocampe a tout intérêt à se "tenir au courant".

    Une bouche en forme de trompe : à vrai dire, cela ressemble plus à une sorte de tube qui a le pouvoir d'aspirer tout ce qui passe à 3 centimètres de lui.

    Une nageoire dorsale qui lui donne des ailes : grâce à cette nageoire qui vibre à 35 pulsations par seconde, l'hippocampe peut nager verticalement et planer tel un oiseau prédateur au-dessus de ses proies.

    L'hippocampe dans l'art et la mythologie

    Les premières gravures que l'on a pu retrouver le représentent moitié cheval (tête, cou, pattes avant) et moitié poisson (queue de style anguille) : un physique idéal pour servir de monture aux divinités marines telles que les tritons et les néréides, ou pour servir d'attelage au chariot de Poséidon, dieu des chevaux et de la mer. On retrouve ainsi leurs "sabots d'airain" tirant le char de Poséidon dans l'Illiade d'Homère et dans les Argonautiques de Apollonios de Rhodes où ils jaillissent de la mer pour s'élancer sur les sables de Libye.

    On retrouve aussi des représentations d'hippocampe dans l'art étrusque, notamment sur les murs des tombes, sur de nombreuses sculptures grecques, sur les mosaïques des thermes et bains publics romains, sur les fontaines dont celle célèbre de Trévi à Rome.

    Dans la littérature, le cheval des mers peuple l'univers de la fantasy, du merveilleux, de la féérie. Le conteur Edouard Brasey dans la Petite Encyclopédie du merveilleux les décrit comme pourvus d'une crinière blanche qui se confond dans l'écume des vagues lorsqu'ils galopent.

    Victime de la pêche et du commerce touristique

    L'hippocampe paye son succès en se faisant cueillir massivement lors des nuits de pleine lune où ils s'agglutinent pour la reproduction. La pêche sert non seulement à fournir les aquariophiles qui doivent multiplier les efforts pour le garder vivant dans les aquariums après les mauvaises conditions de transport, mais aussi à alimenter la Chine qui le revend séché aux touristes et qui le réduit en poudre pour son herboristerie.

    A ce rythme, il se pourrait que l'hippocampe entre lui aussi bientôt dans la légende en devenant une espèce en voie de disparition …

    La légende de l’Hippocampe de Frontignan nous vient d’un passé lointain où la mythologie était à son apogée.

    Frontignan était à cette période aux abois. La vie était rude. Pauvreté et maladies rendaient la vie des habitants très difficile.

    La légende nous apprend qu’un bateau de commerce vint s’échouer au large de la plage des Aresquiers …

    Poséidon, Dieu des Mers et des Océans, apprit la catastrophe et s’empressa d’intervenir.

    Le bateau était hélas condamné à sombrer, mais le chargement de rouleaux d’étoffes dérivait au gré du vent…

    Poseidon ordonna alors à tous les Hippocampes de la mer de tirer tous les rouleaux en bord de plage, ce qu’ils s’empressèrent tous de faire.

    Un Frontignanais qui se promenait en bordure de plage, s’étonna de trouver du tissu bleu en bordure de l’eau, et s’empressa de ramener un rouleau à sa femme, afin qu’elle en fasse bon usage.

    Le bruit fut aussitôt repandu sur la commune: des rouleaux de tissu bleu longeaient la plage des Aresquiers. Et tous les habitants de se précipiter afin d’en récupérer.

    A leur arrivée sur site, les habitants découvrirent en effet des rouleaux d’étoffe bleue, ainsi que des millions d’Hippocampes morts d’épuisement.

    Depuis ce jour, l’Hippocampe est vénéré par les Frontignanais,

    Et les Frontignanais, ceints à la taille de tissu bleu, seront appelés « Les Ventres Bleus »…

    Bon Dimanche et bises de Véro...


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  • La fête des Morts au mexique...

    bonne journée...

    bises de Véro...

    La fête des morts au Mexique...



    La fête des morts est une fête d’une grande importance au Mexique. Elle se déroule en effet, pendant 2 jours, le 1er et 2 novembre juste après la fête de Halloween qui n’a aucun rapport. C’est aussi une occ...
    asion pour se retrouver en famille. Lors du Día de Muertos, la visite rituelle est très festive, avec des offrandes de bonbons, de têtes de mort en sucre ou de tequila. Les Mexicains vont dans les cimetières, mangent sur les tombes, dansent, chantent. Ce n’est pas un jour triste pour eux. Ils confectionnent des autels dans leurs maisons et mettent des bougies dans leurs habitations !...

    Un peu d’histoire
    Tout le monde, un jour ou l’autre, est confronté à la mort, que ça soit par la sienne ou celle d’un proche. De nombreux rituels, spécifiques à chaque culture, ont été développés pour permettre aux vivants d’accepter la mort ainsi que pour aider le défunt à accéder à accéder à son nouvel état méta-physique.La fête des morts, vieille d’environ 3500 ans, découle de nos jours de plusieurs traditions.
    Lors de l’époque de Moctezuma (dernier empereur Aztèque), les habitants du Mexique avaient l’habitude de venir plusieurs fois par an sur les tombes des morts. La famille du défunt dansait, chantait et laissait des offrandes afin de pourvoir aux besoins du défunt dans l’au-delà. En réalité, les Aztèques pratiquaient 2 fêtes majeures: une pour les enfants (Miccaihuitontli), et une pour les adultes (Hueymiccalhuitl). La petite fête était célébrée 20 jours avant la grande.
    Les Espagnols, eux, avaient l’habitude de venir dans les cimetières pour y déposer du pain, du vin et des fleurs pour la Toussaint. Les Espagnols pensaient que les âmes parcouraient la Terre et flottaient autour d’eux. Tous craignaient qu’elles s’abattent sur eux pour les emporter avec elles. C’est pourquoi ils préparaient des autels avec du vin et du pain pour les apaiser. Des cierges les guidaient jusqu’à l’autel. Le rituel Aztèque n’a donc pas été éradiqué par les Espagnols en les convertissant au catholicisme. La date a juste été fixée afin qu’elle coïncide exactement avec le jour de tous les saints, le 1er et 2 novembre, à la place des 2 précédentes fêtes séparées de 20 jours).

    De nos jours, une autre culture vient s’ajouter à cette fête. L’arrivée des âmes des enfants le 31 octobre coïncide avec la fête d’Halloween. C’est pourquoi on rencontre dans les rues des enfants déguisés en Dracula, momies et autres morts vivants tenant une citrouille. Ils ne disent pas « trick or treat », mais « calaveras » selon la tradition del dia de los Muertos, afin d’obtenir des friandises ou des pièces de monnaie.

    Le rituel et les célébrations
    Ce jour de la fête des morts, les familles vont rendre visite aux tombes de leurs ancêtres et les nettoient, les décorent, leurs mettent des fleurs (spécialement des fleurs oranges appelées zempaxuchitl, ci contre) ainsi que des bougies. Les âmes des défunts reviennent sur Terre suivant un certain ordre. Il convient alors de leur donner les offrandes appropriées.
    Les personnes décédant durant le mois précédent ne recoivent pas d’offrande car elles n’ont pas eu le temps de demander la permission de retourner sur Terre. Pour les enfants morts avant d’avoir été baptisés, on offre des fleurs blanches et des cierges. Pour les autres, on apporte des jouets. Pour les adultes, on apporte des bouteilles de tequila.
    Des offrandes sont aussi faites dans chaque maison sur des autels situés dans les chambres des défunts, plus ou moins décorés et remplis selon les familles. On y trouve: du copal dans son encensoir, des fleurs porte-bonheur, des cierges allumés, des photos représentants le défunt de son vivant, des têtes de morts en sucre ou en chocolat, des fruits, le pain des morts, des bonbons, de la nourriture que le défunt appréciait le plus, des boissons, de l’eau bénite et diverses offrandes particulières au défunt (tabac, poteries…).
    Les têtes de morts portent sur le front les prénoms des morts. Bien qu’elles soient généralement représentatives du défunt, elles peuvent se déguster. Les Aztèques et autres civilisations gardaient comme trophée les crânes des vaincus et les rassemblaient lors de la fête des morts. Ces crânes symbolisent le mort et la renaissance.

    Pour guider les âmes, un chemin de pétales de fleurs est réalisé de la rue jusqu’à l’autel. Des prières sont récitées et de la musique est jouée. Les Mexicains, qui sont presque tous catholiques, débutent leur journée en priant les défunts, et la terminent en buvant à leur santé. Le mexicain n’a pas peur de la mort, il se moque d’elle, joue avec, et même cohabite. C’est une coutume qui pour nous, nous semble choquante voire provocante car la mort est traitée comme un personnage quasi humain avec familiarité et dérision…Ne serait-ce pas tout simplement une autre manière d’aborder la vie et par là même d’intégrer plus naturellement et sans honte cette mort qui nous fait peur et nous fascine ?


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  • avant Halloween, une petite visite parmi les morts, mais dans un endroit aussi beau que insolites et aux nombreuses histoires...
    bonne lecture et bises de Véro...


    Légendes et mythes au cimetière du père-Lachaise…

    Au Père-Lachaise...

    ...
    ''Comme les anges à l’œil fauve,
    Je reviendrai dans ton alcôve
    Et vers toi glisserai sans bruit
    Avec les ombres de la nuit.''
    - Charles Baudelaire, Un revenant (Les Fleurs du Mal, extrait)

    A l'Est de Paris, dans le XXe arrondissement, se trouve un lieu extraordinaire. Un lieu fantastique. Un lieu frissonnant... Le cimetière du Père-Lachaise.
    Il fut mis en service en 1804 sur ordre de Napoléon Ier. Il doit son nom à François d'Aix de La Chaise, confesseur de Louis XIV durant 34 ans.
    La première sépulture fut, malheureusement, celle d'une fillette âgée d'à peine cinq ans. Fin 1804, le cimetière ne comptait que 13 tombes. Les parisiens n'avaient guère envie de se faire inhumer dans un lieu assez éloigné du centre de Paris. De plus, le quartier alentour était très pauvre. Comme le nombre de sépultures augmentait toujours très péniblement les années suivantes, la mairie de Paris organisa le transfère des dépouilles de quelques célébrités tel Molière ou la Fontaine pour donner envie aux parisiens de s'y faire enterrer : ce fut une réussite (33 000 tombes, en 1830).
    Ainsi, et à maintes reprises, touristes ou gardiens ; visiteurs de passage ou habitués, ont perçu, ont vu de biens étonnants phénomènes déconcertants et transcendant notre vision trop arrêtée sur ces champs de repos éternel.
    Ils sont nombreux ces vagabonds de passage à avoir croisé en leur sillage, bondissant d’une tombe, sautant et s’engouffrant entre les chapelles mortuaires, un gigantesque chat roux qui pousse d'éternels miaulements de lamentation avant de s'envoler au-dessus des caveaux. On raconte que ce brave félin se vu refuser une sépulture décente.
    On dit aussi du Père-Lachaise que, la nuit, c'est toute une foule de sorciers, de gothiques, nécrophiles qui prennent possession des allées pour s'adonner à des pratiques plus que marginales. On ne compte plus ces cérémonies énigmatiques qui s'y déroulent parfois. De même que les histoires insolites...


    Bien connu des Parisiens, le Cimetière du Père Lachaise mérite le détour, pour de multiples raisons que je vais vous conter.

    Cet endroit comporte en effet de nombreuses tombes, auréolées de mythes étranges, de mystère et d'histoires bien particulières, qui vont vous fasciner.

    On raconte qu'il se passe des évènements très bizarres dans cet immense cimetière. Des messes noires, des actes de sorcellerie, et même qu'il s'y promenerait des vampires, les soirs de pleine lune !

    Derrière ce qu'on raconte à voix basse, il y a aussi quelque tombes inhabituelles de gens célèbres, comme le tombeau considéré comme le plus vénal, celui de la Princesse russe, la Princesse Demidoff, décédée en 1818.

    Avec ses milliers de tombes, le cimetière du Père Lachaise est un lieu incontournable, pour les chasseurs de fantômes, surtout lorsque l'un d'eux vous lance un défi.

    C'est le cas de la richissime Princesse Strogonoff-Demidoff dont je vais vous conter l'histoire.

    Cette héritière d'une famille aristocratique, propriétaire de mines d'or, d'argent , de cuivre en Asie centrale, aurait promis une forte somme à quiconque parviendrait à passer une année entière dans sa sépulture.

    Ce challenge ne manqua pas d'en attirer plus d'un. Mais les services du cimetière, très terre-à-terre, n'ont pas jugé bon de donner suite aux candidats venus se présenter.

    Néanmoins, quelques audacieux auraient quand même tenté l'aventure, sans parvenir au terme d'une seule nuit. L'un aurait succombé à une crise cardiaque, tandis qu'un autre serait, parait-il, devenu soudain fou.

    Le Mausolée où repose le corps de la Princesse Strogonoff-Demidoff surplombe tout le cimetière, étant au centre du cimetière. C'est aussi l'un des plus anciens monuments funéraires du Père Lachaise.

    L'histoire de ces malheureux candidats ressemble un peu au mythe sur les vampires. En effet, le fait de faire venir un individu durant un an, dans la tombe donne à penser que le but était d'attirer une victime pour lui voler son énergie vitale et reprendre vie.

    Le Mausolée de la tombe de la princesse russe, est recouvert de marteaux de forge. On y distingue aussi des hermines, et d'autres animaux vivant sous terre. Les hermines et les marteaux sont représentés sur les bas reliefs, sur les parois. Ces symboles donnent à penser que le Mausolée était une sorte de temple, dédié aux forces souterraines.

    Le petit temple qui abrite les cendres de la Princesse Strogonoff-Demidoff a été construit de façon à ne pas passer inaperçu dans cet ancien cimetière parisien. Sur son tombeau, on peut voir les chiffres suivants : le 8 avril 1818. Les trois "8" qui indiquent la date du décès de la princesse, représentent le chiffre fétiche des vampires. Comme le 666 est le chiffre attribué au Diable. C'est plus qu'étrange de trouver ces trois "8" en un lieu réputé pour être le repos d'un vampire.

    Sur le catalfalque de la Princesse, on peut distinguer des armoiries de pierre. Sur la droite, une tête de loup, animal omniprésent. Quand aux écussons, ceux-ci sont situés à plusieurs mètres au dessus.

    A chaques coins cardinaux, se trouvent une tête de loup car cet animal représentait la fourrure. En effet, la famille était aussi dans le commerce de la fourrure et des mines d'or.

    Au centre du Mausolée se trouve un noeud. Il représente le noeud magique, reliant la Vie à la Mort. On a retrouvé des noeuds similaires en Grèce, appelés les noeuds d'Hérakles.

    Il y a aussi 4 noeuds présents sur le tombeau. Le Mausolée présente aussi un rideau sculpté dans la pierre, pareil à un rideau de théatre.

    Depuis la famille de la Princesse russe a été retrouvée, avec la répartition de sa forture, qui était énorme et leur fut remise. Bien que cette tombe soit sublime, on reste surpris en voyant son état d'abandon. Le tombeau de la Princesse Strogonoff-Demidoff est aujourd'hui, laissé à l'abandon, personne ne semble plus s'en préoccuper. Pourtant cette tombe, outre son histoire, est exceptionnelle avec ses écussons, sa loutre, le marteau de forgeron et la fourrure, représentés.

    La légende raconte qu'un taximan, fut appelé un soir, à la sortie du cimetière du père Lachaise, pour venir chercher une femme tres belle, à 23H30. Les heures passant, l'homme dut ensuite ramener la dame au cimetière, aux environs de deux heures du matin. Mais son aspect extérieur a changé, son odeur devint putride. L'homme découvrira plus tard qu'il s'agissait de la Princesse Strogonoff-Demidoff...

    Avouez que cette histoire vous a donné envie de découvrir ce cimetière célèbre dans Paris ?
    Mais…
    Faire coucou aux stars du Père Lachaise, c’est surfait !
    Exit les Edith Piaf, Henri Salvador, Ivo Livi (de son vrai nom… allez, vous trouverez bien !) ou Jim Morrisson, gardez vos clopes et vos tickets de métro pour une autre occasion (voire le whisky, déjà vu sur la tombe de Morrisson !).
    Voici plutôt une liste de personnages loufoques à visiter. Pour cette promenade, munissez vous :
    - d’un canard en plastique
    - d’une patate
    - d’une peau de chamois
    - de la plus belle rose rouge que vous trouverez
    - et d’une pince monseigneur
    Pour trouver l’emplacement exact de ces personnes, référez-vous aux plans disposés dans le cimetière, ou à ceux vendus à l’entrée…
    Qui aurait l’idée de faire graver sur sa tombe un mot si… “inappropriate”, dirait un British choqué ! Eh bien c’est la première DJ techno et house de la scène française : DJ Sextoy, c’était son nom. Morte d’un arrêt cardiaque il y a quelques années, celle qui s’était fait un nom en mixant la musique des défilés Jean-Paul Gaultier n’aurait pas du être inhumée au Père Lachaise. C’est le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a tout fait pour qu’elle y soit : l’artiste, qui avait mixé sur le parvis de l’hôtel de ville pour la fête de la musique en 2001, l’avait particulièrement touché. Posez-donc votre petit canard en plastique, sûr qu’elle esquissera un sourire !
    Ensuite, dégainez votre patate : il est temps d’aller voir Antoine-Augustin !
    Et oui, sans lui, pas de mercredi purée-boudin, pas de Mac Donald’s et surtout pas d’imitations de tampons officiels gravés dans des patates sous la Seconde Guerre Mondiale. Parmentier n’aurait pas mis une pomme de terre dans nos assiettes, toute la face de la terre aurait changé ! Alors comme ces mains anonymes, déposez votre présent sur le rebord et continuez votre chemin !
    La visite suivante est réservée à vous mesdames (paraît-il). Ce charmant jeune homme tout de bronze vêtu, se voit régulièrement octroyer des faveurs, et croyez-moi, on ne lui offre pas que des fleurs. Observez la statue : certaines zone semblent… lustrées ! Une légende tenace s’accroche à ce pauvre Victor Noir, journaliste tué par le neveu de Bonaparte. On dit que les femmes en manque de fertilité viennent toucher l’une de ses “extrémités” (nez, bout des chaussures, menton pour les farouches… mais bien plus souvent, elles y vont franco à l’entrejambe), car le jeune homme aurait le pouvoir d’aider à procréer ! Pauvre Victor… et dire que personne ne le regarderait si des étudiants malicieux n’avaient fomenté ce coup avec un gardien du cimetière, en passant du polish sur la partie bombée !!!
    Voilà pour la peau de chamois. Maintenant, sortez votre rose.
    Le spiritisme, vous y croyez, vous ? En tous cas, bon nombre de visiteurs du Père Lachaise y croient dur comme fer : la tombe d’Allan Kardec est la plus fleurie de tout le cimetière ! Donc, voici Hippolyte Léon Denizard Rivail de son vrai nom, mais c’est sûr, ça sonne moins “spirite” qu’Allan Kardec (ce nom aurait été le sien dans une vie antérieure, quand il était druide. D’où le dolmen pour tombeau. Hé ! On ne rigole pas !). Bref, les fanatiques du monde entier viennent lui rendre hommage, et même si la très sérieuse Union spirite française et francophone explique sur un panneau que toucher le buste du bonhomme ne vous donnera aucun passe-droit pour mieux communiquer avec l’au-delà, rien n’y fait : lui aussi, on n’arrête pas de le tripoter !
    Déposez religieusement votre rose, et dégainez la pince monseigneur.
    Qui n’a pas rêvé d’être riche, un jour ? Pour cela, fiez-vous à une autre légende du cimetière. Trouvez la modeste tombe de 20 mètres de hauteur de Félix de Beaujour, et cherchez aux alentours le mausolée destiné à Charlotte Emilie Dias Santos. Cette jeune fille morte à l’âge de 16 ans appartenait à une riche famille. On dit que celui qui resterait enfermé dans son tombeau une semaine (ou un an, selon les versions) sans manger ni boire, gagnerait la fortune de la famille. D’où le mur bétonné, et le cadenas. Mais au Père Lachaise, les légendes sont tenaces ! Aussi, on raconte aujourd’hui la même chose à propos du tombeau de la princesse Demidoff, issue d’une riche famille Russe.
    J’aurais aussi pu vous proposer d’aller pisser sur la tombe d’un dictateur Dominicain, comme le font régulièrement les ressortissants en goguette à Paris pour venger leur famille, mais là, ça devient limite indécent ! Et puis n’oubliez pas, on est dans un cimetière, on n’est pas là pour rigoler !

    et pour finir... « Citoyens et messieurs, j’ai assuré que je ressusciterai les morts, je les ressusciterai. Ceux qui désirent l’apparition d’êtres chers dont la vie s’est terminée par la maladie ou autrement n’ont qu’à parler : j’obéirai à leur commandement ».

    Le montreur de spectre est décédé en 1837. Sa tombe est ornée de créatures diaboliques, de têtes grotesques ainsi que de scènes représentant la mort triomphant sur les vivants.

     

    Histoires de cimetières..

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    2 commentaires
  • Légende et imagerie... bon dimanche... bisous...

    Publié le 07/10/2012 à 11:10 par loevanerell

    imagerie du Dimanche et petite légende...

    Bonne Journée, les z'amis...

    Bisous les p'tits-loups...

    Kagsagsuk, l'orphelin (conte du Canada)…

     

    Il était une fois un pauvre orphelin qui vivait parmi des hommes durs dans le Nord du Canada, un endroit qui s'appelle aujourd'hui le Nunavuk. Son nom était Kagsagsuk. Il habitait avec sa vieille mère adoptive dans une misérable cabane, à côté du portail d'une grande maison où il n'avait pas le droit d'entrer. A vrai dire, Kagsagsuk n'osait même pas pénétrer dans la cabane, et il restait couché sur le seuil, cherchant une place chaude parmi les chiens. Lorsque, le matin, les hommes de la grande maison éveillaient leurs chiens avec des coups de cravache, le pauvre garçon en recevait aussi. Comme il avait mal, il criait: "Nah, nah, wa, wa, wa!" et tous se moquaient de lui, parce qu'il se comportait comme un chien.

    Lorsque les hommes de la grande maison se mettaient à manger toutes sortes d'aliments congelés, de la chair ou de la peau de morse, le petit Kagsagsuk les regardait avec envie de son coin. De temps en temps, ils le faisaient venir, en le soulevant par ses narines. Ils lui jetaient quelques restes de viande congelée, mais sans lui donner de couteau pour la couper. Il était obligé de se servir de ses dents, comme un chien! Un jour, par cruauté et par bêtises, les hommes de la grande maison, lui arrachèrent une dent sur deux au prétexte qu'il mangeait de trop. La vie qui était déjà bien difficile devint insupportable pour Kagsagsuk.

    Sa mère adoptive qui était brave et bonne lui avait donné des souliers et une petite lance, pour qu'il puisse jouer dehors, devant la maison, avec les autres enfants. Mais ceux-ci le jetaient à terre, car il était resté petit et faible. Ils le roulaient dans la neige puis ils emplissaient ses habits, et le maltraitaient cruellement. Les fillettes aussi, lui jetaient de la neige et de la boue. Ainsi, le pauvre garçon était tourmenté de tous les côtés.

    Avec le temps, il prit de l'âge et se risqua à s'éloigner davantage de la maison, jusque dans les montagnes. Il cherchait des lieux isolés et réfléchissait à la façon de devenir fort. Sa mère adoptive avait bien essayé de lui apprendre mais Kagsagsuk, comme tous les enfants devait faire ses expériences tout seul.
    Un jour, il se plaça entre deux hautes montagnes et cria:
    -"Seigneur de la Force, viens à moi! Seigneur de la Force, montre-toi à moi!"

    Un grand ours parut. Kagsagsuk fut tellement effrayé et qu'il se mit à courir, mais le monstre le rattrapa et le jeta à terre violemment. Il était incapable de se relever. Il entendit soudain craquer quelque chose, et il aperçut une quantité d'os de chien marin, pareils aux osselets dont se servent les enfants pour jouer dans la cour de l'école. Les petits os tombaient de son corps comme l'eau tombe de la cascade. L'ours lui dit: "Ces petits os ont empêché ta croissance." Il frotta sa queue autour du corps du garçon et, pour la seconde fois, de petits os s'en échappèrent. Il recommença une troisième, une quatrième et même une cinquième fois et à chaque opération, des petits os tombaient sur le sol. L'ours lui dit:
    -"Si tu veux devenir grand et fort, tous les jours tu dois venir t'exercer à la lutte avec moi."

    Kagsagsuk s'en retourna chez lui, soulagé. Il courut, même, en faisant rouler des pierres sur sa route. Lorsqu'il approcha de la maison, des fillettes crièrent:
    -"Voilà Kagsagsuk. Jetons-lui de la boue!" Et les garçons le frappèrent et le tourmentèrent comme auparavant. Lui, se laissa faire et alla se coucher, à son habitude, entre les chiens.

    Tous les jours, il rencontrait l'ours et s'astreignait à chaque fois aux mêmes exercices. Chaque jour, il se sentait devenir plus fort. Il roulait maintenant de véritables blocs de rochers sur la route. Il devenait plus fort de jours en jours. Enfin, l'ours ne fut plus en mesure de le vaincre, et lui dit:
    -"C'est assez maintenant! Nulle créature humaine ne pourra plus triompher de toi. Continue encore à t'en tenir à tes anciennes habitudes, mais, quand l'hiver sera venu et que la mer sera gelée, il sera temps de montrer ta force. Alors, trois ours puissants paraîtront, qui tomberont de ta main."

    Un jour d'automne, les hommes de la grande maison rapportèrent sur l'eau un gros tronc d'arbre flottant, qu'ils attachèrent à quelques blocs de pierre sur la plage car ils le trouvaient bien trop lourd pour l'emporter immédiatement. A la nuit tombante, Kagsagsuk dit à sa mère adoptive:
    - "Donne-moi mes souliers, mère, afin que je puisse aller voir ce bois."

    Dès que tous furent couchés, il s'en fut vers la plage, délia les attaches, jeta le tronc d'arbre sur ses épaules et le porta derrière la maison où il l'enfouit profondément dans le sol.
    Lorsqu'au matin, un des hommes sortit, il s'écria:
    -"Le bois est parti!" Les autres le rejoignirent et virent que les attaches avaient été rompues et ils étaient très surpris, car le bois avait disparu et cependant ni les flots ni le vent n'avaient pu l'emporter. Mais, une vieille femme, qui passait là par hasard, dit soudain:
    -"Voyez donc, le tronc est là!" Tous accoururent, poussèrent de grands cris et s'exclamèrent: --"Certes, il doit y avoir parmi nous un homme d'une force exceptionnelle! " Et chacun d'eux se rengorgea pour faire croire que c'était lui.

    Au début de l'hiver, Kagsagsuk fut encore plus maltraité que par le passé par les habitants de la grande maison, voisine de la cabane de sa mère. Mais lui ne modifia en rien sa manière de se comporter, il continuait à dormir parmi les chiens afin de ne pas éveiller de soupçon. Lorsque la mer fut toute recouverte de glace, la chasse aux phoques fut interrompue et, quand les jours redevinrent plus longs, des hommes accoururent annonçant qu'on avait aperçu trois ours polaires escalader un glacier. Personne n'osa sortir pour aller les combattre. L'heure d'agir était venue pour Kagsagsuk.
    -"Mère, dit-il, donne-moi mes souliers, je veux aller voir ces ours." Sa mère adoptive s'inquiéta mais lui jeta cependant ses souliers et dit
    -"Dans ce cas, rapporte-moi, du moins, une peau d'ours pour couverture, et une autre pour me coucher dessus." Il prit les souliers, mit ses hardes sur son corps, et s'élança à la rencontre des ours. Les hommes, qui se trouvaient devant leur maison, crièrent:
    -"Quoi? N'est-ce point Kagsagsuk? Que peut-il bien vouloir faire? Qu'il retourne chez lui! " Et les jeunes filles dirent:
    -"Il est devenu fou!" Kagsagsuk se fraya un chemin à travers les habitants du village comme s'ils n'étaient qu'un tas de petits poissons. Il se mit à courir. Il était tellement léger que ses talons semblaient toucher sa nuque, et la neige en tourbillonnant étincelait de toutes les teintes de l'arc-en-ciel en se dispersant sous ses pas. Il monta tout en haut du glacier à la force de ses bras. Soudain, sans savoir d'où il venait, un ours énorme leva une patte vers lui. Kagsagsuk se tourna une fois sur lui-même, saisit l'animal par ses pattes de devant et le jeta contre le glacier, de sorte que les os s'y écrasèrent et le corps de l'ours tomba en bas, sur la glace, aux pieds des assistants, les villageois qui l'avaient suivi. Il leur cria:
    -"C'est là ma première capture! Enlevez-lui la peau et dépecez-le." Les gens pensèrent:
    -"Le second ours le tuera sûrement! "
    Une fois encore, le spectacle se répéta, et le corps du second animal fut jeté sur la glace. Uis vint le troisième ours. Kagsagsuk le saisit par les pattes de devant, le fit tournoyer au-dessus de sa tête et en frappa l'un des hommes qui s'était approché de lui. Aussitôt Kagsagsuk s'écria:
    -"Celui-ci s'est conduit cruellement et injustement avec moi!" Il frappa un second homme en hurlant:
    -"Celui-ci m'a traité encore plus mal, il m'a laissé avoir faim." Puis il frappa un troisième, un quatrième, un cinquième homme et tous se mirent à fuir, saisis d'une épouvante sauvage.
    Mais il arriva derrière eux et alla vers sa mère adoptive à qui il lui remit les deux peaux d'ours, en disant:
    -"Voici une peau pour ton lit et une autre pour t'en couvrir." Puis il lui ordonna de dépecer la chair du troisième ours et de la faire cuire.

    Les habitants de la grande maison le prièrent d'entrer dans leur demeure. Mais il ne fit que jeter un regard par-dessus le seuil, selon son habitude, et dit:
    -"Je n'entrerai pas, à moins que l'un de vous ne vienne me soulever par les narines, comme auparavant." Personne n'osa plus le faire, maintenant; sa vieille mère adoptive s'approcha alors de lui et le fit. Tous étaient soudain très aimables avec lui. L'un dit:
    -"Approche-toi donc un peu plus!" L'autre:
    -"Ne te mets donc pas là-bas où le banc est nu. Il y a là une meilleure place pour Kagsagsuk." Mais lui refusa toutes ces invitations et prit place sur le banc de pierre. Quelques-uns lui dirent:
    -"Nous avons des souliers pour Kagsagsuk." D'autres:
    -"Voici des pantalons pour lui." Et les jeunes filles rivalisaient à qui offrirait de lui coudre des vêtements. Un homme ordonna à l'une d'elles d'apporter de l'eau pour "notre cher Kagsagsuk". Lorsque la jeune fille revint - c'était l'une de celles qui l'avaient le plus cruellement tourmenté et taquiné - il l'attira contre lui et la serra si fort qu'il l'écrasa. Alors, il dit:
    -"Il me semble qu'elle s'est écrasée". Mais les parents de la jeune fille dirent:
    -"Oh! cela ne fait rien! Elle ne valait d'ailleurs pas grand'chose. Et nous avons d'autres enfants encore." Ensuite, quand les garçons entrèrent dans la salle, il les appela et leur fit de même. Il tua tous ceux qui l'avaient maltraité et tourmenté, et toujours, les parents disaient:
    -"Oh! cela ne fait rien! Il ne valait pas grand'chose. Il ne faisait que jouer!" Ainsi, Kagsagsuk continua à supprimer tous ceux qui l'avaient maltraité et il ne s'arrêta que lorsque tous furent tués de sa main.

    Quant à ceux qui avaient été bons pour lui, car comme partout il y en avait, il fut bon pour eux, lui aussi. Il répartit entre les affamés ce que les hommes de la grande maison avaient mis de côté pour l'hiver. Il s'occupa des pauvres et s'en alla loin sur la mer, dans son kayak, pour les servir. Il s'en alla vers le Sud, vers le Nord, vers l'Est, vers l'Ouest et accomplit de hauts faits. Aujourd'hui encore, on se montre les traces de ses actes héroïques, - ce qui prouve que l'histoire de Kagsagsuk est vraie.


    3 commentaires
  • (texte et images trouvés sur le net)...

      

    La légende de tarasque de tarascon...

    Un brin d'histoire

    « Jadis, dans cette région, terre de forêts et de marécages dus aux débordements du Rhône, émergeaient des îlots formés des dépôts et alluvions. Seul, l'un de ses îlots était constitué par un rocher. Les Salyens (mélange de Celtes et de Ligures), premiers occupants de ce rocher perdu dans les marécages, baptisèrent le site TARASCO.

    Les Massiliens y établirent un comptoir commercial trois siècles avant notre ère. Plus tard, les Romains élevèrent, sur cette même place, une citadelle surveillant le passage du Rhône.

    La ville fut le théâtre, vers l'an 48, d'un événement aux conséquences historiques. Marthe, missionnaire du Christ, débarquée en Provence avec les "Saintes-Maries-de-la-Mer", arriva à Tarascon et délivra le pays du monstre amphibie qui terrorisait la région : La Tarasque. Elle s'installa ensuite auprès des Tarasconnais. La sainte femme fit l'objet d'une dévotion particulière et devint la patronne de Tarascon. Sous l'égide de la sainte Hôtesse, la ville grandit et prit une place importante dans la région malgré la proximité de villes prépondérantes comme Arles et Avignon.

    De nombreux pèlerins accoururent, et les plus grands rois de France se recueillirent sur son tombeau. Le premier, Clovis, en l'an 500, accorda certains privilèges à la ville, privilèges confirmés par ses successeurs, et Louis XI eut beaucoup de libéralités pour l'église qu'il éleva au rang de Collégiale. Jusqu'à la Révolution, on pouvait compter jusqu'à 15 couvents qui accueillaient pèlerins et personnalités. En 843, lors du partage de l'Empire de Charlemagne, le Rhône devint une frontière politique et Tarascon revêtit une importance stratégique de premier ordre.

    En 1435, René d'Anjou, surnommé par ses sujets "Le Bon Roy René", hérita de la Provence et vint séjourner souvent dans son château au bord du Rhône. Il réunit autour de lui une cour de chevaliers, de nobles familles et d'artistes, ce prince se plaisait à organiser des tournois et des fêtes. Il organisa ainsi les Jeux de la Tarasque qui, de nos jours, ont lieu chaque année, le dernier week-end de juin. À sa mort, en 1481, la Provence devint française.

    La prospérité de la cité ne déclina qu'à la Révolution et, de ce riche passé, elle a conservé un patrimoine très important. C'est beaucoup plus tard qu'un autre personnage marqua l'histoire de Tarascon. En effet, en 1872, Tartarin de Tarascon naquit sous la plume d'Alphonse Daudet. »

     

    La légende de la Tarasque à Tarascon

    Frédéric Mistral décrit la Tarasque ainsi :

    La bèstio a la co d’un coulobre,
    d’iue mai rouge qu’un cinobre
    Sus l’esquino a d’escaumo e d’àsti que fan p?u
    D’un gros leinoun porto lou mourre,
    E sièis pèd d’ome pèr mies courre;
    Dins sa caforno, souta un moure
    Que doumino lou Rose, emporto ce que p?u

    La bête a la queue d’un dragon, des yeux plus rouges que cinabre, - sur le dos des écailles et des dards qui font peur ! – d’un grand lion elle porte le mufle, - elle a six pieds humains, pour mieux courir ; - dans sa caverne, sous un roc – qui domine le Rhône, elle emporte ce qu’elle peut (Frédéric Mistral, Mirèio)

    Les premiers écrits de la Légende apparaissent aux XIIe et XIIIe siècles : in Mombritius, Sanctuarium, tome II :

    « Il y a avait en ce temps-là, au-dessus du Rhône, près d’une vaste caverne, dans un certain bois en Arles et Avignon, sur la rive occidentale, un énorme dragon, moitié animal terrestre, moitié poisson, qui faisait périr les nombreuses personnes qui traversaient et passaient par-là, et même les ânes et les chevaux. Il retournait aussi les bateaux qui franchissaient le Rhône. Des gens et des troupes armés venaient souvent là, mais ils ne parvenaient pas à le tuer, parce que, expulsé du bois, il se cachait dans le fleuve ; Et il était plus gros qu’un bœuf, plus long qu’un cheval. Il avait une gueule et une tête de lion, des dents pointues comme des épées, une crinière de cheval, le dos tranchant comme une hache, des écailles hérissées comme des tarières pour déchirer, six pieds aux griffes d’ours, une queue de vipère, et était protégé de chaque côté par deux boucliers semblables à des carapaces de tortues. Douze lions ou autant d’ours ne pouvaient l’emportaient sur lui. Comme les habitants n’avaient pu le faire périr par aucun moyen, ils apprirent par sa renommée que la bienheureuse Marthe brillait par ses miracles et chassait les démons ; ils allèrent vers elle lui demandant de venir et d’expulser le dragon de son territoire.

    « La sainte amie de Dieu se dirigea tout droit vers le lieu. L’hôtesse du Christ mettant sa confiance en son hôte, dénicha le dragon dans le bois, dévorant un homme qu’il avait égorgé ; elle jeta sur lui l’eau bénite qu’elle avait apportée et lui montra un crucifix : le dragon s’arrêta vaincu comme une brebis et la bienheureuse l’attacha avec sa propre ceinture, et aussitôt il fut entièrement écrasé par le peuple avec des lances et des pierres. Ce dragon étant alors nommé Tirascurus, cet endroit à partir de ce moment et par la suite en fut nommé Tirasconus. Il était auparavant dit Nerluc, c’est-à-dire « bois noir », parce qu’il y avait là des bois obscurs et noirs. C’était, bien sûr, un dragon du genre de celui qui est appelé Léviathan dans le Livre de Job, qui avala sans sourciller des fleuves et crut que le Jourdain s’engloutirait dans sa gueule. Il était venu de la mer de la Galatie d’Asie, engendré par Léviathan, serpent aquatique très féroce, et un taureau sauvage. La Galatie a engendré le taureau sauvage dont les excréments liquides et brûlants repoussent ses poursuivants : il les projette sur une longue distance comme une flèche et tout ce qu’il a atteint est brûlé comme dans un incendie »

    CANTIQUE À SAINTE MARTHE – TARASCON (extrait d’archives)

    Tels qu’après les orages
    Le soleil radieux
    Dissipe les nuages
    Rend leur éclat aux cieux
    Tel le Dieu que j’adore
    Trop longtemps ignoré
    Du couchant à l’aurore
    Voit son nom adoré
    (….)
    Que le ciel applaudisse
    Aux chants de son amour
    Et que l’enfer frémisse
    Du bonheur de ce jour
    Chantons tous la victoire
    Du maître des vainqueurs :
    Consacrons à sa gloire
    Et nos voix et nos cœurs
    Seigneur, sanctifiez et gardez votre peuple, et faites qu’étant aidé par l’assistance de cette grande sainte, il vous soit agréable par le règlement de sa vie, et qu’il vous serve dans la tranquillité d’une sainte confiance. Amen..


    votre commentaire
  • une petite légende de Québec, en ce lundi...

    bises de Véro et bonne journée...

    La tour de Trafalgar…

    À Montréal, dans le quartier Côte-des-Neiges, existe une petite tour appelée la tour de Trafalgar. Cette tour n'a pas très bonne réputation. On raconte que plusieurs personnes l'ayant visitée y étaient revenues en affirmant y avoir vu d'étranges phénomènes : du sang sur les murs, une main fantomatique semblait vouloir les étrangler, des bruits de pas qui résonnaient sur le sol lorsqu'ils s'enfuyaient du lieu, etc.  
    Georges Boucher de Boucherville* publia, en 1835, une étrange histoire. A-t-il vraiment vécu ce qu'il nous raconte ou n'est-il pas plutôt l'initiateur de cette légende ? 

     Je vous raconte, à ma façon, la légende de la Tour de Trafalgar.

    Léocadie, jeune et jolie brunette de 17 ans, vivait avec sa tante dans le quartier  Côte-des-Neiges. Une figure douce et spirituelle, des manières agréables et une assez jolie fortune, faisaient d'elle le meilleur parti de son quartier. Fiancée à Joseph dont elle était profondément amoureuse, elle n'attendait que le jour béni où tous les deux seraient enfin unis par les liens indissolubles du mariage.
    Un jour que Léocadie venait d'aller à l'église y faire ses dévotions, un jeune homme entra, non pas tant pour y prier Dieu, mais pour y admirer l'intérieur de l'édifice.  Il vit la jeune fille traversant la nef d'un pas léger pour sortir du temple. Il conçut pour elle un amour fort, violent et passionné. Après avoir fréquenté la jeune fille quelques temps, c'est de la tante de Léocadie que l'étranger apprit que le coeur de la jeune fille était déjà pris. Il jura alors de se venger de celle qu'il avait tant aimée. Il lui lança alors, avant de partir,  ces paroles sinistres: "Regarde le soleil, comme il est rouge; il est rouge comme du feu, comme du sang, comme le sang qui doit couler".
    La veille de son mariage, Léocadie et son fiancé Joseph, partirent ensemble pour aller se promener à la montagne, et jouir d'une agréable journée printanière. C'est ainsi qu'ils se rendirent jusqu'à la petite tour. Comme ils mettaient les pieds sur le seuil de la porte, un homme, que Léocadie reconnut aussitôt, se précipita, rapide comme la foudre, avec un couteau à la main. Elle jeta un cri, pâlit, et tomba sans connaissance et sans vie aux pieds de son assassin qui l'avait frappée au coeur. Joseph s'élança alors sur lui voulant venger sa bien-aimée ou mourir avec elle. Une lutte violente s'engagea. L'étranger jeta Joseph par terre et un genou sur sa poitrine, le saisit à la gorge et l'étrangla. Le lendemain, on les découvrit tous les deux assassinés. L'étranger fut arrêté, condamné à être exécuté et avoir les bras, jambes, cuisses et reins rompus vifs sur un échafaud qui fut dressé sur la place du marché de la ville.
    La tour de Trafalgar devint alors un lieu maudit. Plusieurs témoins ont affirmé s'y être rendus. Tous ont aperçu du sang sur les murs et sur la porte. Et, chacun jurait que la peur et l'angoisse qu'il ressentait alors, les obligeaient à fuir les lieux. Pire, tous affirmaient qu'ils entendaient des bruits de pas derrière eux lorsqu'en courant, ils dévalaient la pente du sentier menant à la tour.

     


    1 commentaire
  • (toutes les images on été trouvées sur le net)...

      

    en vous souhaitant une belle journée, je vous offre un

    Conte amérindien,

    Bises de Véro...

     

     

    comment le ciel est devenu grand…

     

    C'était il y a longtemps, lorsque le ciel était trop bas.
    Il était si bas qu'il n'y avait pas de place pour les nuages.
    Il était si bas que les arbres ne pouvaient pas pousser.
    Il était si bas que les oiseaux ne pouvaient pas voler. S'ils
    essayaient, ils se cognaient aux arbres et aux nuages.

    Mais ce qui était plus pénible encore, c'était que les hommes
    adultes ne pouvaient pas se tenir debout, bien droits comme
    leurs corps le leur demandaient. Ils devaient marcher tout
    penchés, en regardant leurs pieds et ne voyaient pas où ils
    allaient.

    Les enfants ne connaissaient pas ce problème. Ils étaient
    petits, ils pouvaient se lever aussi droits qu'ils le souhaitaient.
    Ils ne marchaient pas en regardant leurs pieds et pouvaient
    voir où ils allaient.

    Ils savaient par contre qu'un jour, ils deviendraient des adul-
    tes et qu'ils devraient marcher tout penchés en regardant
    leurs pieds à moins que quelque chose ne se passe.

    Un soir, tous les enfants se réunissent et décident de relever
    le ciel. Les quelques adultes qui les écoutent rient sous cape
    mais soudain, ils voient les enfants lever de longs poteaux
    vers le ciel. Un, deux, trois, quatre...
    Un cri énorme retentit UUU-UHHHH ! Mais rien ne se passe.

    Le ciel reste comme il a toujours été. Les arbres ne peuvent
    toujours pas grandir. Les oiseaux ne peuvent toujours pas
    voler. Il n'y a toujours pas de place pour les nuages et les
    adultes marchent toujours courbés en regardant leurs pieds
    sans voir où ils vont.

    Le lendemain, les enfants recommencent avec des poteaux
    plus longs. Un, deux, trois, quatre...
    Un cri énorme retentit UUU-UHHHH ! Mais rien ne se passe.

    Le soir suivant, les enfants (qui sont persévérants) essayent
    encore. Ils prennent des poteaux encore plus longs.
    Un, deux, trois, quatre...
    Un cri énorme retentit UUU-UHHHH ! Mais rien ne se passe.

    Le quatrième soir, ils ont trouvé de très, très, très longs po-
    teaux, les plus longs qu'ils pouvaient trouver et ils se sont
    mis à compter. Un, deux, trois, quatre...
    Un cri énorme a retentit UUU-UHHHH ! Et le ciel s'est soulevé.

    Depuis ce jour, le ciel est à sa place.

    Les arbres peuvent pousser, les oiseaux peuvent voler
    sans se heurter aux troncs et aux branches. Les nuages
    ont de la place pour aller et venir et les hommes peuvent
    se tenir droit en regardant le ciel.

    Mais le plus merveilleux c'est que lorsque le soleil s'est
    couché la nuit suivante et qu'il a commencé à faire sombre,
    le ciel troué par les poteaux des enfants s'est mis à scintiller.
    Dans chaque trou, il y avait une étoile.

    La prochaine fois que vous regarderez le ciel, vous saurez
    que c'est grâce aux enfants que vous pouvez admirer un tel
    spectacle. Vous repenserez à cette histoire et vous saurez
    que c'était vrai...


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  • petite légende Québécoise...

    bonne lecture et bonne journée...

    bises de Véro...

    Rose Latulipe...

     

    Rose était la fille unique d'un dénommé Latulipe.  Celui-ci l'adorait, il tenait à elle comme à la prunelle de ses yeux.  Et, il va sans dire, Latulipe ne pouvait rien refuser à sa fille.

    Rose était une jolie brunette, mais un peu éventée.  Elle avait un amoureux nommé Gabriel, à qui elle était fiancée depuis peu.  On avait fixé le mariage à Pâques.  Rose aimait beaucoup les divertissements, si bien qu'un jour de Mardi gras, elle demanda à son père d'organiser une soirée de danse.  Celui-ci accepta, bien sûr, mais il fit promettre à Rose que tous les invités seraient partis à minuit car ce serait alors le Mercredi des Cendres.  Il pouvait être onze heures du soir, lorsque tout à coup, au milieu d'un cotillon, on frappa à la porte.  C'était un monsieur vêtu d'un superbe capot de chat sauvage.  Il demanda au maître de la maison la permission de se divertir un peu.

    -C'est trop d'honneur nous faire, avait dit Latulipe, dégrayez-vous, s'il vous plaît, nous allons faire dételer votre cheval. 
    On lui offrit de l'eau-de-vie.  L'inconnu n'eut pas l'air d'apprécier la boisson offerte.  Il fit une grimace  en l'avalant; car Latulipe, ayant manqué de bouteilles, avait vidé l'eau bénite de celle qu'il tenait à la main, et l'avait remplie d'alcool. 

    C'était un bel homme que cet étranger mais il avait quelque chose de sournois dans les yeux. 
    Il invita la belle Rose à danser et ne l'abandonna pas de la soirée.  Rose se laissa subjuguer par cet élégant jeune homme habillé de velours noir.  Elle était la reine du bal. 

    Quant au pauvre Gabriel, renfrogné dans un coin, ne paraissait pas manger son avoine de trop bon appétit.

    Une vieille tante, assise dans sa berceuse, observait la scène en disant son chapelet.  À un certain moment, elle fit signe à Rose qu'elle voulait lui parler. 

    -Écoute, ma fille, lui dit-elle; je n'aime pas beaucoup ce monsieur, sois prudente.  Quand il me regarde avec mon chapelet, ses yeux semblent lancer des éclairs.

    -Allons, ma tante, dit Rose, continuez votre chapelet, et laissez les gens du monde s'amuser.

    Minuit sonna.  On oublia le Mercredi des Cendres.

    -Encore une petite danse, dit l'étranger.

    -Belle Rose, vous êtes si jolie, je vous veux. Soyez à moi pour toujours?

    -Eh bien! oui, répondit-elle, un peu étourdiment.

    -Donnez-moi votre main, dit-il, comme sceau de votre promesse.

    Quand Rose lui présenta sa main, elle la retira aussitôt en poussant un petit cri, car elle s'était senti piquer; elle devint très pâle et dut abandonner la danse. 

    Mais l'étranger, continuait ses galanteries auprès de la belle.  Il lui offrit même un superbe collier en perles et en or: «Ôtez votre collier de verre, belle rose, et acceptez, pour l'amour de moi, ce collier de vraies perles.»  Or, à ce collier de verre pendait une petite croix, et la pauvre fille refusait de l'ôter.

    Pendant ce temps, deux jeunes gens qui étaient allés s'occuper du cheval de l'étranger avaient remarqué de bien étranges phénomènes.  Le bel étalon noir était certes, une bien belle bête mais pourquoi dégageait-il cette chaleur insupportable?  Toute la neige sous ses sabots avait fondu.  Ils rentrèrent donc et, discrètement, firent part à Latulipe de leurs observations

    Le curé, que Latulipe avait envoyé chercher, arriva; l'inconnu en tirant sur le fil du collier de verre de Rose l'avait rompu, et se préparait à saisir la pauvre fille, lorsque le curé, prompt comme l'éclair, s'écria d'une voix tonnante:

    -Que fais-tu ici, malheureux, parmi les chrétiens?

    -Cette jeune fille s'est donnée à moi et le sang qui a coulé de sa main est le sceau qui me l'attache pour toujours, répliqua Lucifer.

    -Retire-toi, Satan, s'écria le curé.  Il prononça des mots latins que personne ne comprit.  Le diable disparut aussitôt avec un bruit épouvantable en laissant une odeur de soufre dans la maison.
    ...
    Cinq ans après, une foule de curieux s'étaient réunis dans l'église, de grand matin, pour assister aux funérailles d'une religieuse.  Parmi l'assistance, un vieillard déplorait en sanglotant la mort d'une fille unique, et un jeune homme, en habit de deuil, faisait ses derniers adieux à celle qui fut autrefois sa fiancée: la malheureuse Rose Latulipe....

     


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  • en ce jour d'Automne, des légendes Amérindiennes...

    (les créas sont de moi)...

     

    je vous souhaite un Bel Automne...

    bises de Véro...

    Les couleurs d’automne (1ère légende)

    Envieux de la Petite Tortue, la gardienne du ciel, le Chevreuil désirait quitter la Grande Île et, plus que tout, il voulait avoir accès au grand ciel bleu. Pour réaliser son ambition, il consulta l’Oiseau-Tonnerre qui lui conseilla de monter au ciel en utilisant un arc-en-ciel. Alors, le Chevreuil attendit le printemps et, suite à la première pluie envoyée par (Hinon), il emprunta le chemin tracé par l’arc-en-ciel. Ainsi, il se retrouva rapidement au ciel où il fut libre de courir à sa guise.

    Au même moment, réunis en conseil, les animaux cherchèrent le Chevreuil. Le Loup fouilla les bois, alors que le Faucon scruta l’azur. C’est alors que tous virent le Chevreuil gambadant avec grande agilité. Les animaux décidèrent de se rendre au ciel en empruntant le pont de toutes les couleurs..

    L’Ours reprocha au Chevreuil de penser uniquement à lui et d’oublier tous les autres animaux de la Grande Île. Faisant fi de tout reproche, le Chevreuil provoqua l’Ours en duel. Le combat s’engagea sur le champ. Rapide comme l’éclair, le Chevreuil piqua l’Ours de ses bois pointus. L’Ours était mortellement atteint et le sang s’écoula avec abondance des plaies. Le sang ruissela jusque sur la Grande Île où les feuilles des arbres se teintèrent de la couleur du sang de l’animal.

    Depuis, à chaque année, lorsque revient l’automne, la nature commémore le combat du Chevreuil et de l’Ours et le feuillage des arbres devient rouge. C’est pourquoi, chez les Hurons-(Wendat), le nom divin du chevreuil est (DEHEYANTEH), ce qui signifie " celui pour lequel l’arc-en- ciel a fait un chemin de couleur ".

    Selon la tradition, les beautés de l’automne, lorsque la nature meurt, sont source de nostalgie pour les âmes des disparus qui se remémorent leur ancienne demeure terrestre. Même les dieux reviennent habiter la Grande Île, car l’automne est un temps pour l’esprit. En cette saison, les Pléiades, les étoiles les plus belles, quittent leur pays céleste pour venir habiter le ciel de la Grande Île.

    Les couleurs d’automne (2ème légende)

    Durant le mois des feuilles qui tombent, l’arbre qui donne le sucre devient couleur de sang. Nos ancêtres racontaient que, autrefois, les hommes et les animaux voyageaient librement entre la Grande Île sur le dos de la Grande Tortue et la Terre d’en Haut, le domaine de la Petite Tortue. Tous montaient et descendaient par l’arc-en-ciel, le pont de toutes les couleurs.

    Ici et là, les hommes et les animaux se promenaient et jouaient sans souci. Afin d’éviter les guerres et les querelles, le Grand Esprit leur avait enlevé la faim et la soif. Il faisait aussi durer les mois chauds toute l’année de sorte que les hommes n’avaient pas besoin de prendre aux animaux leur robe de fourrure. Sur l’île de la Grande Tortue ou sur la terre de la Petite Tortue, tout alla bien pendant un nombre incalculable de lunes, jusqu’au moment où Rat, chez qui loge depuis */Taoueskare/*, le mauvais frère, proposa de jouer à qui courrait le plus vite chez les animaux de la forêt.

    Sur l’île de la Grande Tortue ou sur la terre de la Petite Tortue, tout alla bien pendant un nombre incalculable de lunes, jusqu’au moment où Rat, chez qui loge depuis (Taoueskare), le mauvais frère, proposa de jouer à qui courrait le plus vite chez les animaux de la forêt.

    C’est ainsi que Élan, Cerf, Lièvre, Loup, Cougar et Caribou prirent le départ de la course , mais à la surprise générale, ce fut Lièvre qui se classa au premier rang. Il faut dire que Renard, pour jouer un vilain tour aux autres, avait fait placer les frères de Lièvre tout au long du parcours. Le dernier n’eut que quelques sauts à faire pour battre Cerf qui était loin devant ceux qui avait pris le départ.

    Dans cette course, Ours était juge et, comme il a la vue basse, il ne put distinguer un frère lièvre d’un autre. Il proclama donc vainqueur celui qui avait franchi la ligne d’arrivée. Cerf fut très fâché. Sans dire un mot, il quitta l’assemblée et, sans attendre les autres, il remonta vers la Terre d’en Haut par le pont de toutes les couleurs. Sa conduite déplut à Ours qui le suivit pour lui faire des remontrances. Au lieu de s’expliquer avec lui, Cerf hérissa les poils sur son dos et chargea son compagnon tête baissée. Ours se défendit de son mieux, mais il fut blessé à plusieurs endroits. Il aurait pu être tué si Loup, qui l’avait suivi, n’avait pas pris sa part et chassé Cerf.

    Poursuivi par Loup, qui est demeuré depuis son plus dangereux ennemi, Cerf se sauva et le sang d’Ours sur ses bois dégoulina sur les feuilles des arbres à sucre. Depuis, tous les ans, les feuilles prennent la couleur du premier sang versé sur la Terre.

    Ainsi l’a ordonné le Grand Esprit afin que les animaux se rappellent comment eux-mêmes mirent fin à la Grande Trêve et afin que les hommes profitent de cette leçon. Et pour punir Cerf, le Grand Esprit a aussi voulu que, lorsque les feuilles rouges sont tombées depuis deux lunes, Cerf perde aussi ses bois et soit livré sans défense à Loup.

    Création du monde

     

    Pendant fort longtemps, les Hurons-(Wendat) ont vécu de l’autre côté du ciel. Un jour, une jeune femme, nommée (Aataensic), creusait au pied d’un grand arbre à la recherche de racines pour guérir son mari malade.

    Par inadvertance, la jeune femme, qui était enceinte, perdit pied et tomba dans un trou du ciel. Deux Grandes Oies sauvages aperçurent la jeune fille dans sa chute vertigineuse. Déployant leurs ailes immenses, ils se précipitèrent vers la malheureuse et la sauvèrent in extremis d’une noyade certaine en la juchant sur leur dos.

    Ne sachant que faire, les Grandes Oies s’adressèrent à la Grande Tortue qui nageait dans cet océan des premiers âges. Reconnue entre tous pour sa sagesse, la Grande Tortue décida sur le champs de convoquer un conseil réunissant tous les animaux aquatiques dans le but de trouver une solution.

    S’adressant à eux, elle demanda aux animaux les plus valeureux de lui ramener quelques grains de terre des profondeurs de l’océan. Parmi les nageurs aguerris, la Loutre, le Rat Musqué et le Castor plongèrent tour à tour, mais tous les trois revinrent bredouille, complètement épuisés par l’effort, et rendirent l’âme aussitôt. La situation était désespérée.

    C’est alors que sous l’oeil amusé de plusieurs, le vieux Crapaud se porta volontaire et s’engouffra aussitôt vers les noirceurs de l’abîme. Longtemps après, alors que tous le croyaient disparu à jamais, le Crapaud refit surface avec quelques grains de terre dans la gueule.

    Cette terre fut, avec grands soins, déposée sur le dos de la Grande Tortue et, très rapidement, cette poignée de terre devint une île verdoyante d’une très grande dimension. La jeune fille s’établit sur cette île et donna naissance à son enfant. Cette île fut nommée (Wendake) et elle abrita désormais la nation huronne-(wendat). Depuis ce temps, lorsque la Grande Tortue bouge, la Terre se met à trembler.

     


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  • petit Conte Bon Mardi...

    bises de Véro...

    La princesse des Glycines (conte de chine)…

    Lu-Lung est une toute petite cité, située au pied d'une très haute montagne, dans la Chine lointaine. La ville est tellement petite que tout le monde s'y connaît. Les maisons sont tellement proches les unes des autres, qu'en hiver, lorsqu'il gèle à pierre fendre, on a réellement l'impression qu'elles se protègent du froid les unes les autres.
    Dans la ville de Lu-Lung vit depuis très très longtemps une pauvre veuve. La femme a un fils. Un garçon superbe qu'elle a appelé Wang, le nom que portait déjà son grand-père. Dans la ville de Lu-Lung, personne n'est aussi fort ni aussi courageux que Wang. Sans rien en dire, toutes les femmes envient la pauvre veuve d'avoir un fils aussi fort et aussi courageux.
    Wang et sa mère mènent une vie paisiblement heureuse si ce n'est la présence dans la maison d'à côté de l'usurier Yu. Ils sont constamment ennuyés par lui. Le vieil homme est malade de jalousie devant la force et la jeunesse de Wang et il ne rate aucune occasion pour tourmenter le jeune homme et sa mère. Sans cesse, il leur fait des remarques désobligeantes. Bien sûr, c'est de la méchanceté gratuite mais au fil des jours, les remarques commencent à peser sur Wang et sa mère.

    Un soir alors que Wang est assis dans le jardin devant la maisonnette, Yu demande à la veuve :- -"Comment se fait-il que ton fils vive toujours chez toi ? Il me semblait que les jeunes de son âge étaient mariés depuis bien longtemps. Sans doute, les jeunes filles de Lu-Lung ne sont pas assez bien pour lui et il attend une princesse…"
    La veuve très digne le toise avant de lui répondre :
    - "Après tout, pourquoi pas ? Ton idée n'est pas si bête en somme. Wang est le jeune homme le plus beau et le plus courageux de toute la région. Une princesse ferait certainement une bonne affaire en l'épousant! "
    L'usurier se met à rire et dit :
    - "Dans ce cas, il risque d'attendre très longtemps. Dans la région, il n'y a pas de princesse!" mais fort en colère et dépité, il rentre chez lui en claquant la porte de son logis.
    La veuve se demande bien pourquoi un vieil homme peut être encore aussi méchant. S'il était plus gentil, il serait sans aucun doute plus heureux et tout le monde l'aimerait… Elle regarde son fils avec des yeux emplis de tendresse et lui dit :
    - "C'est vrai dans le fond ! Je suis certaine qu'une princesse serait très heureuse avec toi! "
    Wang sourit :
    - "Le voisin a raison : il n'y a pas de princesse dans la région. Et, puis, si j'en trouvais une, comment pourrions-nous l'accueillir dans cette petite maison?"
    Wang se lève et prend gentiment sa maman par l'épaule.
    -"Viens", dit-il, "Rentrons. Il est inutile de rêver. Jouons plutôt une part de dominos."

    Les années passent. Rien de bien important n'arrive dans la vie de Wang et de sa mère. Le garçon devient de plus en plus beau et de plus en plus fort, mais ne parle toujours pas de se marier. Sa mère est hantée par les paroles du vieil usurier et ne peut que soupirer. Il lui semble parfois que son fils attend vraiment une princesse qui accepte de l'épouser...

    Un jour, alors que Wang est en train d'étudier dans sa chambre, il entend un bruit inattendu. Il regarde vers la statuette de Bouddha qui trône dans la pièce et aussitôt, la porte s'ouvre et un délicieux, un enivrant, un subtil parfum de glycine envahit les lieux. Dans l'embrasure de la porte, se tient une très jeune femme. Elle porte un kimono de couleur mauve de la même couleur que ses yeux et que les rubans qui nouent ses longs cheveux noirs. A son cou, brille un collier de perles éclatantes et, sur ses mains très blanches, scintillent des saphirs et des diamants. Wang n'en croit pas ses yeux. Il pense qu'il rêve. Il doit être tombé endormi alors qu'il étudiait. Son imagination surexcitée lui joue un tour…

    La jeune femme s'avance vers lui et dit d'une voix cristalline :
    - "Non, Wang, tu ne rêves pas. Je suis la princesse de la Forêt des Glycines et je suis venue jusqu'ici pour te dire que je veux t'épouser."
    Gêné, le jeune homme ne sait pas quoi répondre. Il sent les murs de sa chambre qui se rétrécissent. Lui devient minuscule face à tant de beauté. Il regarde désespérément son mobilier sans valeur. Il ne possède même pas le moindre cadeau à offrir à la princesse en signe de bienvenue... La seule pièce de valeur qui lui appartient est le jeu de dominos en ivoire. C'est là sa seule richesse. Il le dépose aux pieds de la jolie visiteuse qui se met à battre des mains de joie en ouvrant la petite boîte laquée.

    "Tu aimes donc jouer aux dominos ?", demande-t-elle toute à la fois ravie et surprise et tout aussitôt, elle dispose les pièces sur la petite table et invite Wang à venir s'asseoir auprès d'elle pour disputer une partie.
    Le jeune homme, bon joueur, a bien du mal à se concentrer. Son regard est sans cesse attiré par sa trop belle partenaire!
    -"J'ai gagné! ", s'exclame celle-ci peu après en arborant un très large sourire. "Je dois reconnaître que je n'ai jamais affronté un aussi redoutable adversaire. Lorsque nous serons mariés, nous nous mesurerons chaque jour aux dominos! "
    - "Donc... ", balbutie Wang avec beaucoup d'efforts, "donc, vous parliez sérieusement lorsque vous disiez que vous vouliez m'épouser? "
    La princesse acquiesce en souriant et Wang ajoute d'un air désespéré :
    -"Mais où irons-nous habiter? Je n'ai pas d'argent pour acheter une maison! "
    La jeune femme claque des doigts et une servante entre et dépose aux pieds de Wang un coffret rempli de pièces en or.
    - "Tu devras attendre la prochaine pleine lune pour construire notre maison", lui dit la princesse. "A ce moment, je reviendrai pour célébrer nos noces. Aujourd'hui, je ne puis m'attarder davantage. "
    Wang ne peut détacher ses yeux du coffret et des pièces. Il ne voit pas la princesse suivie de sa servante qui quitte la pièce.
    Je dois avoir rêvé pense Wang en regardant autour de lui. Non, le coffret contenant les pièces d'or sont toujours devant lui et sa boîte de dominos a disparu.

    - "Maman!", crie Wang "Je vais épouser une vraie princesse! "
    Le jeune homme raconte à sa mère ce qui lui est arrivé.
    - "Mais tu as là un véritable trésor! " dit la veuve en contemplant le coffret. "Jamais je n'ai vu autant d'argent de ma vie. Tu pourras construire une splendide maison. Mais surtout obéit à la princesse : il ne faut pas commencer la maison avant la prochaine pleine lune ! "

    Wang est jeune. Il ne sait pas attendre et malgré les bons conseils de sa mère, il se rend en ville dès le lendemain matin et y prend rendez-vous avec le charpentier et le maçon en vue de construire une très belle demeure pour lui-même et pour sa future épouse.
    - "J'ai entendu raconter que ton fils va épouser une princesse", marmonne un soir l'usurier à la veuve. "Et où l'a-t-il donc trouvée? "
    Mais la veuve, pinçant les lèvres, ne répond pas.
    - "Soit, si tu ne veux rien dire, garde-le pour toi", jette Yu, dévoré par la curiosité. "Je me disais bien qu'il y avait quelque chose de louche dans tout cela. C'est comme pour cet argent avec lequel il fait construire cette grande maison. J'ai du mal à croire qu'il l'a gagné honnêtement! "
    - "Crois tout ce que tu veux", répond la mère de Wang.
    Et, sans plus regarder le vieil homme, elle rentre chez elle.

    Le temps passa encore. La construction de la nouvelle maison progresse. Un jour, un jeune voyageur porteur des couleurs impériales arriva en ville.
    - "Mon nom est Yang", dit-il après avoir été saluer Wang et sa mère. "J'ai appris que tu es un excellent joueur de dominos et je serais heureux de pouvoir me mesurer avec toi."
    Wang accepte l'invitation avec plaisir et se rend plusieurs soirs consécutifs à l'auberge pour jouer aux dominos avec l'étranger. Le cinquième soir, son nouvel ami l'accueille le visage triste :
    - "Il me faut m'en aller", dit-il "Comme souvenir, je désire te donner ceci. "
    Et le jeune homme tend à Wang une boite en bois de cèdre qui contient une coupe en argent, quelques baguettes en ivoire et une précieuse figurine de jade.

    Après le départ de Yang, Wang se sent désemparé. Sa maison est prête et il attend avec impatience l'arrivée de la princesse. Mais le seul nouveau venu dans la ville est un riche seigneur qui, avec sa suite, s'installe à l'auberge que Yang avait précédemment fréquentée.
    Le lendemain matin, Wang est réveillé de bonne heure par des éclats de voix : le noble seigneur a été dévalisé de tout ce qu'il possédait.
    - "J'ai vu le chef des voleurs", déclare une des voix.
    - "C'est Yang, le commandant de la garde impériale", ajouta une autre.
    - "Yang! Je le connais bien! ", renchérit le vieux Yu. "Je l'ai vu très souvent en compagnie de mon voisin Wang, celui qui est subitement devenu si riche."
    Peu après, le responsable de l'ordre surgit chez Wang pour y effectuer une perquisition. Et, lorsqu'il découvre le cadeau d'adieu de Yang, le malheureux est immédiatement emprisonné et accusé de complicité.
    - "Il est impossible que Yang soit un voleur! ", assure Wang lorsque le juge l'interroge. "Il portait les couleurs de l'empereur."
    Le juge se trouve bien embêté et ordonne que Wang soit transféré dans la capitale pour y être jugé.
    - "Mais vous, si vous l'avez accusé injustement", dit le juge à Yu, qui avait assisté à l'audience d'un air triomphant, "vous serez emprisonné à votre tour. "

    Le vieil usurier, soucieux de ne pas courir un tel risque, se hâte d'entrer en contact avec les quatre soldats chargés d'emmener Wang dans la capitale et, pour une poignée de pièces d'argent, ceux-ci lui promettent de tuer le jeune homme durant le trajet.
    La route qui conduit à la capitale traverse les montagnes et les ravins escarpés. Le chemin est long et les gardes auront bien l'occasion de faire disparaître le prisonnier. Au moment où ils s'apprêtent à pousser Wang dans un précipice, un énorme tigre surgit. Effrayés par le félin, deux des hommes reculent et tombent dans le ravin, tandis que les autres, sans demander leur reste, prennent leurs jambes à leur cou et s'enfuient !
    Wang est tombé lourdement sur le sol. Son front a heurté un rocher. Il reste là, étendu sans connaissance alors le tigre le saisit par la ceinture et l'emporte dans la forêt.

    C'est un parfum de glycines en fleurs qui pénètre dans ses narines, qui réveille Wang. Il ouvre les yeux et se trouve dans l'herbe, face à un magnifique palais de porcelaine, couvert de mauves corolles odorantes.
    A l'entrée du palais, se tient la jolie princesse. Mais son regard est dur. Wang veut aller vers elle, mais, d'un seul geste, elle lui fait comprendre de ne pas bouger et d'un ton sévère elle lui dit :
    - "Wang, tu ne m'as pas écoutée. Je t'avais demandé d'attendre la prochaine lune avant de construire notre maison. Maintenant, le malheur a fondu sur toi. Tu dois te rendre chez le juge, pour lui prouver ton innocence sinon tu ne pourras plus jamais trouver le repos. Par la suite, tu retourneras ensuite à Lu-Lung afin consoler ta pauvre mère qui est malade de chagrin depuis le jour où les soldats t'ont emmené! "
    Le jeune homme est anéanti. C'est vrai, il aurait dû attendre la pleine lune... Mais il était tellement impatient de la revoir et voilà qu'il l'a retrouvée et qu'elle le renvoie !
    - "Allons", dit-elle, "avant que tu ne partes, je vais te faire don d'un talisman. "
    Elle prend une corde qu'elle noue avec soin à la taille de Wang. Et avec douceur, elle ajoute :
    - "Les nœuds que j'ai fait dans cette corde sont magiques. En cas de besoin, il te suffit d'en défaire un et tu seras sauvé. Pars vite, maintenant! "
    Wang regarde tristement la princesse, désespéré de devoir la quitter. Dans un profond soupir, il s'en va vers la capitale.

    Le sentier qu'il prend monte et descend sans cesse. Plusieurs fois, il s'en faut de peu qu'il ne tombe en butant sur une pierre. Des branches lui fouettent le visage et, bientôt, il se met à pleuvoir. Wang poursuit courageusement sa route. La pensée de la jolie princesse lui donne sans cesse de nouvelles forces. Il a déjà parcouru une bonne partie du chemin, lorsqu'il débouche sur un plateau aride et désolé. La pluie ne tombe plus. Derrière les sombres nuages, il peut même apercevoir le soleil, dont les rayons éclairent sans l'égayer ce triste paysage. Seuls quelques arbres tordus rompent, çà et là, cette lugubre monotonie.
    Soudain, un nuage de poussière masque l'horizon. Portant la main au-dessus de ses yeux, Wang scrute le lointain. Très rapidement, le nuage se transforme en une armée de cavaliers armés jusqu'aux dents. Leurs armes scintillent sous le soleil. Ils arrivent à toute vitesse dans sa direction... "Que va-t-il m'arriver, maintenant? ", pense Wang tristement. "N'ai-je pas encore subi assez de malheurs? Ces hommes ont sûrement l'intention de m'attaquer. Lorsqu'ils s'apercevront que je ne porte aucun objet de valeur, ils me tueront probablement par dépit! "
    Il n'a plus le temps de s'enfuir et puis, où se serait-il caché? Il n'y a rien que du roc et de la pierre.
    Bientôt, les cavaliers sont devant lui. Le chef de la troupe s'approche à quelques mètres et Wang observe craintivement sa silhouette impressionnante, fièrement campée sur sa monture et soudain, il le reconnaît :
    - "Yang! ", crie-t-il. "Yang, mon ami, est-ce vraiment toi?"
    Il lui tend joyeusement la main pour le saluer. Un large sourire aux lèvres, Yang se pencha vers lui.
    - "Tu acceptes donc encore de me parler, Wang?", demande-t-il, tout content. "Tu ne refuses pas de serrer la main à un voleur de mon espèce? "
    - "Je n'ai jamais pu croire à un pareil mensonge", répond Wang.
    - "Alors, laisse-moi te conter comment tout cela est arrivé", dit Yang en serrant fermement la main du jeune homme en signe d'amitié. "Pendant des années, j'ai vécu, à la cour, en tant que commandant de la garde impériale, au sein d'un monde de faste et d'apparat. Mais aussi dans un monde méprisable, comme je l'ai découvert plus tard car la plupart des membres de la cour n'ont pas gagné leur fortune honnêtement.
    Pendant qu'ils parlent, les deux amis se tiennent toujours la main afin de se témoigner leur confiance. Puis, Yang descend de sa monture et tous les deux vont s'asseoir à l'écart. Yang poursuit :
    - "La richesse dont jouissent ces riches seigneurs, ils l'ont volée aux pauvres gens. Car ils l'ont obtenue en imposant de très lourdes amendes pour de petits délits et en exigeant d'importants fermages. "
    Wang acquiesce. Il connaît bien cette histoire... Depuis de longues années, la population vit opprimée à cause des cruelles mesures adoptées par les grands propriétaires terriens. De nombreux abus de cette espèce ont été commis dans les environs du Lu-Lung. Certains paysans, incapables de payer le fermage, envoient même leurs enfants mendier en ville.
    - "C'est pourquoi", poursuit Yang, après avoir fait signe à ses hommes de mettre pied à terre pour se reposer un instant, "j'ai décidé que tout cela devait changer. J'ai résolu de quitter la cour et de devenir l'un de ces pauvres. Mais cela ne suffisait pas. J'ai alors réuni autour de moi un groupe d'hommes qui pensaient comme moi. Ensemble, nous avons commencé à voler les riches, répartissant ensuite notre butin entre de misérables paysans. C'est ainsi que je suis devenu un voleur. "
    - "Et donc, ce noble, à Lu-Lung...", commença Wang.
    Mais son ami l'interrompt aussitôt :
    - "Voler ce noble faisait partie de mon projet. Il méritait bien une petite leçon! Car, dans la région d'où il venait, tous les paysans étaient complètement ruinés, tant les taxes qu'il leur imposait étaient élevées. En plus, les terres qu'il leur avait données en fermage étaient totalement incultes. Et, comble de malheur, le peu qu'elles produisaient venait d'être anéanti par les fortes pluies du printemps sans que lui-même veuille tenir compte de cette situation. Même lorsque les paysans lui demandaient un délai, il ne leur montrait aucune pitié! Tu comprends maintenant, pourquoi je lui ai dérobé ses biens? ", demande Yang.
    Wang acquiesce sans mot dire et son compagnon poursuivit :
    - "La prochaine fois que j'irai à Lu-Lung, ce sera pour Yu, l'usurier. Il est temps qu'il soit puni pour exiger des intérêts abusifs des malheureux qui, désespérés, ont recours à lui ou bien lui demandent de pouvoir différer un remboursement...Mais, toi-même, raconte-moi ce qui t'a conduit dans cette région inhospitalière."
    En soupirant, Wang commence à expliquer son histoire :
    - "Un serviteur du noble que tu as dépouillé t'a reconnu lorsque vous êtes entrés dans l'auberge, cette nuit-là. Et, l'usurier Yu, qui nous avait souvent vus ensemble, s'est servi de ce prétexte pour me causer une nouvelle fois des ennuis. Il s'était longtemps demandé comment j'avais bien pu obtenir de l'argent pour construire une maison, puisque ma mère et moi-même sommes pauvres, et il a saisi cette chance de me nuire, m'accusant sournoisement de complicité pour ce vol. "
    Wang s'arrête quelques instants pour avaler une gorgée du vin de riz que lui tend Yang. Il a la gorge sèche d'avoir tant marché et parlé. Puis, il enchaîne :
    - "Le responsable de l'ordre ne croyait pas que j'avais quelque chose à voir dans cette sombre histoire, mais il s'est vu obligé d'effectuer une perquisition chez moi et il a découvert dans ma maison tes beaux cadeaux. C'était la preuve de ma culpabilité et il m'a conduisit devant le juge. Evidemment, je lui ai raconté la vérité. Ce n'étaient que des présents et que je les avais acceptés sans faire la moindre objection, puisque je croyais que tu venais de la cour impériale. N'osant pas trancher, le juge a décidé de m'envoyer dans la capitale pour y être traduit en justice. Cependant, craignant que la lumière ne soit faite sur toute cette affaire, le vieux Yu a soudoyé les soldats chargés de me conduire en ville. Ces pauvres hommes, qui avaient bien besoin d'un peu d'argent supplémentaire, ont promis à l'usurier de se débarrasser de moi en cours de route. Seul le hasard a permis que je sois sauvé de la mort par un tigre, apparu au moment où ils voulaient me tuer. Et ce tigre m'a conduit auprès de la princesse des glycines, qui m'a ordonné de me rendre en ville pour prouver mon innocence. Voilà tout ! " dit Wang.
    Et il ajoute piteusement :
    - "Je ne l'ai pas écoutée et, maintenant, elle est fâchée contre moi. Ah! J'aurais dû attendre la pleine lune avant de commencer à construire notre maison ... "
    Yang a écouté attentivement le récit de son ami :
    - "Si je comprends bien", dit-il, "tu es donc en route pour la capitale, où tu seras jugé par le juge suprême. "
    Wang boit encore une gorgée de la bouteille de vin de riz pour se donner du courage.
    - "C'est bien cela", opine-t-il en se levant pour se remettre en route.
    Il tend la main pour prendre congé de Yang, mais celui-ci secoue la tête.
    - "Non, mon cher Wang", refuse-t-il paisiblement. "Je ne te laisserai pas partir comme cela. Un ami aussi fidèle que toi a droit à mon aide. Le voyage est encore long jusqu'à la ville et il est semé d'embûches! "
    Et c'est ainsi que Wang parcourt le reste du chemin sous la protection des hommes de son ami Yang, qui le suivent à quelque distance.

    Peu après, il atteint sans encombre la capitale et va aussitôt se présenter au palais de justice.
    - "Je suis Wang et je viens de Lu-Lung", déclare-t-il, une fois mis en présence du juge suprême. "Je suis venu jusqu'à vous pour prouver mon innocence. "
    - "Et où sont les soldats qui t'ont conduit ici? ", demanda le juge.
    - "Deux d'entre eux ont pris la fuite à la vue d'un tigre", explique Wang. "Et les deux autres sont tombés dans un ravin. "
    Comme le juge continue à le regarder d'un air interrogateur, Wang lui raconta toute son histoire.
    - "Tu veux me dire que tu es venu sans escorte et de ton plein gré? ", s'exclame le juge, étonné, lorsque Wang termine son récit. "Mais tu aurais pu facilement t'échapper! "
    Wang sourit :
    - "Je suis innocent", assura-t-il. "Mais il y a des gens qui affirment le contraire. Ils prétendent que je suis complice d'un vol. Et je n'ai nulle envie de passer pour un malhonnête. C'est pourquoi je suis venu jusqu'à vous. Je veux prouver ma bonne foi! "
    Tout en parlant ainsi, Wang joue machinalement avec la corde nouée à sa taille. Sans même s'en apercevoir, il défait un des nœuds.
    Au même moment, le juge suprême déclara :
    - "Même sans preuve, je suis convaincu de ton innocence, Wang. En effet, seul un homme à la conscience bien tranquille se présente de lui-même devant le juge sans y être contraint par la force. "
    Il va ensuite chercher un morceau de parchemin et écrit en termes choisis une déclaration attestant de l'innocence du prévenu.
    - "Et voilà! Tout est en ordre, Wang", conclut-il en lui serrant la main. "A partir de cet instant, tu es un homme libre. "
    Soulagé, Wang quitte le tribunal. A présent, il doit retourner à Lu-Lung pour rassurer sa mère qui l'attend à la maison. Et ensuite... Il ose à peine y penser, de peur que quelque chose tourne de nouveau mal. Mais il espère de tout son coeur qu'il pourra épouser la très jolie princesse des glycines!

    Serrant dans sa main la déclaration du juge, Wang entame le pénible voyage de retour. Plus il approche de sa petite ville natale, plus il marche allègrement. Il lui semble que toute fatigue l'abandonne ! Déjà, il aperçoit les premières maisons de Lu-Lung. Au milieu de celles-ci, se trouve celle de sa mère. A cette pensée, il se met à courir à perdre haleine, tant il a hâte de rentrer chez lui!
    - "Maman! ", crie-t-il en se précipitant dans l'humble demeure. " Je suis là! "
    La pauvre veuve a beaucoup maigri depuis le départ de son cher fils. Ses yeux sombres brillent fiévreusement dans sa figure pâle et ses mains tremblent. Mais, lorsqu'elle voit entrer Wang sain et sauf, un sourire rayonnant apparaît sur son visage aux traits fatigués et elle tend les bras pour accueillir son enfant bien-aimé.
    Puis, les premières effusions passées la veuve lui pose mille et une questions, auxquelles Wang répond patiemment, jusqu'à ce que l'heure de se coucher arrive. La mère et le fils se souhaitent tendrement le bonsoir.

    Mais, non loin de là, quelqu'un va, au contraire, passer une nuit fort agitée. C'est l'usurier Yu, brutalement tiré de son sommeil par une voix mystérieuse, qui lui dit :
    - "Donne-moi les clés de ton coffre. Et pas un mot si tu tiens à la vie! "
    Tremblant de tous ses membres, le vieillard remet le trousseau à Yang - car c'est lui qui a pénétré chez l'usurier avec ses hommes -et, quelques instants plus tard, Yu regarde d'un air furieux son coffre- fort complètement vide...
    Pendant ce temps, Wang dort paisiblement. Lorsqu'il se réveille, il aperçoit sa mère qui le contemple, un étrange sourire sur les lèvres.
    - "Il y a de la visite pour toi", annonce-t-elle.
    Au même moment, le jeune homme sent le parfum qu'il attendait tant, le doux parfum de glycine...
    Peu de temps après, les noces de Wang et de sa jolie princesse sont célébrées dans l'allégresse.

    Le temps passe.

    De cette heureuse union, naissent rapidement deux charmants enfants, qui ont les yeux mauves comme ceux de leur mère. Wang ne est tellement heureux qu'il ne peut imaginer qu'un tel bonheur soit possible Et par soir d'hiver, un triste soir d'hiver, le jeune homme, en revenant de son travail, voit sa femme qui l'attend sur le seuil de leur maison. Elle a revêtu le kimono qu'elle portait lors de leur première rencontre et qu'elle n'avait plus jamais remis depuis.
    Wang se doute une tragique certitude que quelque chose d'horrible, de grave, d'irréparable va se produire. Quelque chose d'inévitable qui va bouleverser sa vie...
    - "Nul bonheur ne peut jamais durer éternellement", dit la princesse, sans lui laisser le temps de parler. "Ma vie sur la Terre est terminée. Je suis obligée de te quitter, mais je ne t'oublierai pas. "
    L'instant d'après, elle disparaît emportant avec elle les enfants.
    - "Non! ", hurle Wang.
    Mais aucun son ne sort de sa bouche. Les larmes aux yeux, il regarde autour de lui. Et, soudain, par un miracle inexplicable et malgré le froid de l'hiver, partout, des glycines se mettent à fleurir. Les lourdes grappes sont du même mauve que les yeux de sa femme et de ses enfants... Et lorsqu'il pénètre dans sa maison, il découvre avec bonheur que le plafond de la véranda, lui aussi, est paré d'un somptueux manteau odorant!
    Wang malgré son immense chagrin sent que sa princesse tant aimée et ses chers enfants ne l'ont pas vraiment quitté, et que leur esprit et leur coeur demeurent à ses côtés. Et, dans chaque corolle, il voit briller leur tendre regard mauve, qui le suit et veille sur lui. Et il en est un peu consolé!


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  • Conte d’Afrique…

    LA CREATION DU MONDE

    (d'après "Le cycle de la vie ou comment le monde dut crée")

    Il y a très, très longtemps, au tout début du premier commencement, un lézard et un œuf on eu envie de manger du raisin. Ils partent donc dans la brousse et cherchent un beau raisiné (arbre à petits fruits rouges et sucrés). Ils cherchent beaucoup, ils cherchent longtemps et finissent par trouver un beau raisiné chargé de fruits. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le lézard est dans les branches. L'œuf, lui, a du mal. Il essaye de grimper mais il n'y arrive pas. Le lézard descend alors et l'aide. il soulève l'œuf et le pose par derrière. Il pousse, il pousse et réussit enfin à le hisser dans les branches. Et là, tous les deux se mettent à manger du raisin. Ils en mangent tant et tant qu'ils en ont plein la panse, ils ne peuvent plus avaler un seul grain. Ils décident de redescendre. L'œuf a du mal, il roule, il glisse. Il crie au lézard qui est déjà en bas depuis un moment : - Fais-moi un tas de terre molle et de feuilles au pied de l'arbre, comme ça si je tombe je ne me casserai pas !

    Le lézard fait comme son ami le lui a demandé, un tas de terre et de feuilles mais il glisse, au beau milieu, une grosse pierre. L'œuf tombe et se casse en mille morceaux. Le lézard se met à rire, il rit comme un fou, quand une herbe coupante vient lui trancher le cou ! Plus de lézard ! L'herbe coupante se met à rire, elle éclate de rire quand un feu la brûle. Plus d'herbe ! Le feu se met, à son tour à rire, il hurle de rire quant l'eau vient l'éteindre. Plus de feu ! L'eau se met à rire, elle rit aux larmes quant les animaux sauvages viennent la boire. Plus d'eau ! Les animaux sauvages se mettent alors à rire, ils rient à gorge déployée quand les chasseurs viennent les tuer. Plus d'animaux sauvages ! Ce sont les chasseurs qui rient maintenant. Ils rient de toutes leurs dents quand la mort vient les tuer. Plus de chasseurs ! C'est au tour de la mort de rire, elle s'étouffe de rire quand la vie vient la foudroyer. Plus de mort ! La vie ne peut pas s'empêcher de rire, elle rit de bon cœur quand Dieu vient la détruire. Plus de vie ! Le monde, lui-même, est anéanti. Dieu est très sérieux. Il n'a pas ri, ni même souri. Et quand le vieux monde est complètement anéanti, Dieu crée un nouveau monde, celui-là même où l'on vit, vous et moi, aujourd'hui, ici.

    Cela s'est passé comme ça, et pas autrement…

    (images trouvées sur le net, merci à leurs créateurs)...


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  • juste parce que le poème est très beau, parce que sinon!!!

    je n'aime pas la solitude...

    bonne journée...

    bises de Véro...

     

    La solitude

    (extrait)

    O ! que j'aime la solitude !
    Que ces lieux sacrés à la nuit,
    Eloignés du monde et du bruit,
    Plaisent à mon inquiétude !
    Mon Dieu! Que mes yeux sont contents
    De voir ces bois qui se trouvèrent
    A la nativité du temps,
    Et que tous les Siècles révèrent,
    Etre encore aussi beaux et verts,
    Qu'aux premiers jours de l'Univers !



    Un gai zéphyr les caresse
    D'un mouvement doux et flatteur.
    Rien que leur extrême hauteur
    Ne fait remarquer leur vieillesse.
    Jadis Pan et ses demi-dieux
    Y vinrent chercher du refuge,
    Quand Jupiter ouvrit les cieux
    Pour nous envoyer le Déluge,
    Et se sauvant sur leurs rameaux,
    A peine virent-ils les eaux.

     

    Que sur cette épine fleurie,
    Dont le printemps est amoureux,
    Philomèle au chant langoureux
    Entretient bien ma rêverie !
    Que je prends de plaisir à voir
    Ces monts pendants en précipices,
    Qui, pour les coups du désespoir
    Sont aux malheureux si propices,
    Quand la cruauté de leur sort,
    Les force à rechercher la mort !



    Que je trouve doux le ravage
    De ces fiers torrents vagabonds,
    Qui se précipitent par bonds
    Dans ce vallon frais et sauvage !
    Puis glissant sous les arbrisseaux,
    Ainsi que des serpents sur l'herbe,
    Se changent en plaisants ruisseaux,
    Où quelque Naïade superbe
    Règne comme en son lit natal,
    Dessus un trône de cristal !



    Que j'aime ce marais paisible !
    Il est tout bordé d'alisiers,
    D'aulnes, de saules et d'osiers,
    A qui le fer n'est point nuisible.
    Les Nymphes y cherchant le frais,
    S'y viennent fournir de quenouilles,
    De pipeaux, de joncs et de glais ;
    Où l'on voit sauter les grenouilles,
    Qui de frayeur s'y vont cacher
    Sitôt qu'on veut s'en approcher.


    Là, cent mille oiseaux aquatiques
    Vivent, sans craindre en leur repos,
    Le giboyeur fin et dispos,
    Avec ses mortelles pratiques,
    L'un, tout joyeux d'un si beau jour,
    S'amuse à becqueter sa plume ;
    L'autre alentit le feu d'amour
    Qui dans l'eau même se consume,
    Et prennent tout innocemment
    Leur plaisir en cet élément.



    Jamais l'été, ni la froidure
    N'ont vu passer dessus cette eau
    Nulle charrette ni bateau,
    Depuis que l'un et l'autre dure ;
    Jamais voyageur altéré
    N'y fit servir sa main de tasse ;
    Jamais chevreuil désespéré
    N'y finit sa vie à la chasse ;
    Et jamais le traître hameçon
    N'en fit sortir aucun poisson.



    Que j'aime à voir la décadence
    De ces vieux châteaux ruinés,
    Contre qui les ans mutinés
    Ont déployé leur insolence !
    Les sorciers y font leur sabbat ;
    Les démons follets s'y retirent,
    Qui d'un malicieux ébat
    Trompent nos sens et nous martyrent ;
    Là se nichent en mille trous
    Les couleuvres et les hiboux.



    L'orfraie, avec ses cris funèbres,
    Mortels augures des destins,
    Fait rire et danser les lutins
    Dans ces lieux remplis de ténèbres.
    Sous un chevron de bois maudit
    Y branle le squelette horrible
    D'un pauvre amant qui se pendit
    Pour une bergère insensible,
    Qui d'un seul regard de pitié
    Ne daigna voir son amitié.



    Aussi le Ciel juge équitable,
    Qui maintient les lois en vigueur,
    Prononça contre sa rigueur
    Une sentence épouvantable :
    Autour de ces vieux ossements
    Son ombre, aux peines condamnée,
    Lamente en longs gémissements
    Sa malheureuse destinée,
    Ayant pour croître son effroi
    Toujours son crime devant soi.



    Là, se trouvent sur quelques marbres
    Des devises du temps passé ;
    Ici, l'âge a presque effacé
    Des chiffres taillés sur les arbres ;
    Le plancher du lieu le plus haut
    Est tombé jusque dans la cave,
    Que la limace et le crapaud
    Souillent de venin et de bave ;
    Le lierre y croît au foyer,
    A l'ombrage d'un grand noyer.



    Là dessous s'étend une voûte
    Si sombre en un certain endroit,
    Que, quand Phébus y descendrait,
    Je pense qu'il n'y verrait goutte ;
    Le sommeil aux pesants sourcils,
    Enchanté d'un morne silence,
    Y dort, bien loin de tous soucis,
    Dans les bras de la Nonchalance,
    Lâchement couché sur le dos
    Dessus des gerbes de pavots.


    Au creux de cette grotte fraîche
    Où l'Amour se pourrait geler,
    Écho ne cesse de brûler
    Pour son amant froid et revêche ;
    Je m'y coule sans faire bruit,
    Et par la céleste harmonie
    D'un doux luth, aux charmes instruit,
    Je flatte sa triste manie,
    Faisant répéter mes accords
    A la voix qui lui sert de corps.



    Tantôt, sortant de ces ruines,
    Je monte au haut de ce rocher,
    Dont le sommet semble chercher
    En quel lieu se font les bruines ;
    Puis je descends tout à loisir,
    Sous une falaise escarpée,
    D'où je regarde avec plaisir
    L'onde qui l'a presque sapée
    Jusqu'au siège de Palemon,
    Fait d'éponges et de limon.



    Que c'est une chose agréable
    D'être sur le bord de la mer,
    Quand elle vient à se calmer
    Après quelque orage effroyable !
    Et que les chevelus Tritons,
    Hauts, sur les vagues secouées,
    Frappent les airs d'étranges tons
    Avec leurs trompes enrouées,
    Dont l'éclat rend respectueux
    Les vents les plus impétueux.



    Tantôt l'onde, brouillant l'arène,
    Murmure et frémit de courroux,
    Se roulant dessus les cailloux
    Qu'elle apporte et qu'elle r'entraîne.
    Tantôt, elle étale en ses bords,
    Que l'ire de Neptune outrage,
    Des gens noyés, des monstres morts,
    Des vaisseaux brisés du naufrage,
    Des diamants, de l'ambre gris,
    Et mille autres choses de prix.

     

    Tantôt, la plus claire du monde,
    Elle semble un miroir flottant,
    Et nous représente à l'instant
    Encore d'autres cieux sous l'onde.
    Le soleil s'y fait si bien voir,
    Y contemplant son beau visage,
    Qu'on est quelque temps à savoir
    Si c'est lui-même, ou son image,
    Et d'abord il semble à nos yeux
    Qu'il s'est laissé tomber des cieux...


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  • LE MYTHE DE TALIESIN

      

     

    Il était une fois, et il n'était pas, en pays de Pennlyn, terre du souverain Tegid Voel Le Chauve, une femme d'une grande beauté, pleine de talents et de grands savoirs sur les choses secrètes. Cette femme avait pour nom Cerridwen est était l'épouse même de Tegid Le Chauve

    De leur union naquirent trois enfants, Creiwyl une enfant magnifiquement belle comme sa mère, Morvran et AfangDu l'enfant le plus laid du monde. C'est pour sa laideur que Cerridwen semble le chérir plus que les autres, c'est pour sa laideur qu'elle cherche les magies les plus fortes, les filtres les plus secrets. Cet enfant laid lui hante le cœur et son amour pour lui désire le sauver de son infortune. A force de quête Cerridwen trouve enfin le moyen de compenser la laideur de l'enfant par la possibilité d'acquérir le savoir primordial. A cet effet elle prépare le chaudron de la connaissance et d'inspiration qui doit bouillir durant une année et un jour.. Elle sait, que trois gouttes de ce breuvage donné à l'enfant seront pour lui l'inspiration divine, celle qui illumine l'âme, promet tous les savoirs et tous les dons. Son fils alors n'aura plus à rougir de sa laideur puisque la beauté de l'âme lui sera donnée.

    Le temps passant à faire bouillir le breuvage la Reine met à sa surveillance un jeune homme du nom de Gwyon Bach, ainsi qu'un vieil aveugle du nom de Mordra. Ils doivent ensemble veuillez à ce qu'il y ait toujours du feu sous le chaudron et que le liquide ne déborde pas. Ainsi font-ils, car Ceridwen, tout aussi belle soit elle peut avoir de terrible colère. Une année est passée, le cycle rond du temps a bientôt fermé sa boucle et le temps du breuvage arrive pour Afgdu.

    Ce jour là Cerridwen est en quêtes d'herbes et de plantes magiques. Gwyon et Mordra discutent et discutent tant qu'ils ne voient pas le breuvage gonfler, buller de plus en plus, comme une grosse soupe enfin trop chaude qui pouffe des vapeurs. Trop tard le liquide jailli, saute, éclabousse tant et si bien que surpris Gwyon n'ayant pas eu le temps de s'écarter s'y brûla la main.

    La douleur est terrible, le feu, le chaud est là, l'instinct porte sa main à la bouche Trois gouttes de magie le touche tout entier, pénètre par sa bouche. La lumière, la chaleur l'envahit tout entier comme un soleil nouveau, Gwyon est ébahi, choqué : n'a t-il pas bu là les trois gouttes réservées à Affgdu ? Et Gwyon, la tête soudain remplie de savoir, sait, voit, comprend la colère de Cerridwen. : il doit fuir !

    La colère de Cerridwen fut terrible, elle cria, hurla, frappa la terre de ses talons, frappait tous ceux qui passait à sa portée, elle n'épargna pas Morda. On l'entendit jusqu'au bout des pleines, en haut des montagnes, le long des rivières du royaume. Ses larmes se mélangeaient à ces cris et tous tremblaient en l'entendant.

    Ivre de rage et de chagrin la Reine parti à la recherche de Gwyon pour le châtier. Terrifié, l'enfant se cachait , entendit les cris, les menaces professées dans la colère. Alors qu'il entendait son pas plus proche, faisant appel à sa sagesse toute neuve, il se transforma en lièvre espérant courir si vite qu'elle ne pourrait le rattraper. Peine perdue Cerridwen était bien savante elle aussi des choses de magie et elle se transforma en lévrier. Ainsi elle courrait aussi vite, plus vite et l'approchait toujours plus. Prenant son élan Gwyon se change en poisson et Cerridwen devient loutre, Gwyon oiseau Cerridwen faucon. Toujours armé de son pouvoir de métamorphose Gwyon devenant grain se cache dans un tas de blé. Cerridwen devint immédiatement poule noire et avale les grains et par là - même Gwyon.

    A l'aube d'un autre jour la Reine vois la grosseur de son ventre. Alors que son mari Tegid Le Chauve est parti combattre les pirates Gaëls et établir des fortifications le long des côtes, elle comprend immédiatement ce qui lui est arrivée. Cet enfant qu'elle attend ne peut être que le jeune Gwyon, la graine qu'il était devenu et qu'elle avait avalée, et se prépare à une deuxième naissance. Keridwen, le jour venu, va seule mettre au monde l'enfant Cet enfant est tellement beau que lorsque ses yeux croisent les siens, elle ne peut se résoudre à l'éliminer afin de le cacher aux yeux du monde, et lui construit une sorte de couffin tressé en joncs et en mousse qu'elle confie à la bienfaisance des eaux d'une rivière qui, loin de là, va mélanger ses eaux à celles de l'océan…

    Neuf jours et neuf nuits durant, Gwyon fut ballotté au gré des flots mais sans jamais pleurer. Il n'éprouva ni la faim, ni la soif, car l'eau de la pluie prenait soin de le désaltérer et de tous petits poissons de sauter hors de l'eau pour rejoindre directement sa bouche. Au soir du dixième jour il arriva en vue d'une terre, celle du roi Gwyddno, connu pour posséder l'une des treize merveilles du royaume, un filet qui, chaque soir qu'il est mis à l'eau, rapportait suffisamment de poisson pour nourrir toutes les bouches du clan, et même plus. Gwyddno avait un fils, Elfin, un des garçons les plus malheureux et infortunés qui soient, et qui, ce soir-là, avait par son père été chargé de relever le filet, afin de lui porter chance.Habitué à son infortune il ne fut pas surpris lorsqu'il releva le filet et qu'il n'y trouva que le couffin tréssé et aucun poisson. Dans ce couffin, il y vit Gwyon, et Elfin fut si ébloui par sa beauté qu'il le nomma Taliesin et repris courage et ardeur en revenant chez lui. Son père, s'il commença par se lamenter de ce qu'Elfin n'avait rien pêché pour nourrir le clan, fut lui aussi sous le charme quand il vit le bébé.Et il le fut plus encore lorsque rassasié et réchauffé, le bébé entreprit de leur conter son histoire, celle de Gwyon Bach et Keridwen, et ce, sous la forme d'un chant aux sonorités parfaites.

    Puis Taliesin prit la parole :

    " Grand merci à toi, Elfin, de m'avoir ainsi recueilli et accueilli. Entend maintenant que tu ne le regretteras pas car je suis Taliesin et si bientôt mon nom brûle parmi les innombrables étoiles du ciel, crois bien que je ne serai pas ingrat et que tu trouveras avec moi une récompense à la hauteur de ta gentillesse. " Taliesin passa quatre années dans la maison d'Eflin, quatre années qui le virent passer d'enfant, au jeune homme qu'il est aujourd'hui au grand émerveillement des gens du roi Gwyddno. Tout ce temps, il s'appliqua à égayer son bienfaiteur qui, de timoré et voûté qu'il était, devint peu à peu un homme de compagnie agréable et de bonne conversation.

    Vint un jour d'automne où Elfin les quitta, ayant été invité par son oncle Maelgwin Gwynedd à séjourner sur ses terres, à Degawny.Alors qu'il se trouvait là-bas, en compagnie des hommes de son oncle, à recevoir le boire et le manger, tout en écoutant les bardes chanter la gloire de ce dernier. Elfin, à qui la boisson avait fait perdre un peu la tête, se vanta d'avoir barde plus talentueux et femme plus fidèle que quiconque à Degawny.. Son oncle, entra dans une colère rouge, le fit jeter en prison, puis envoya Rhun, son fils illégitime, un jeune homme d'une beauté à laquelle aucune femme ne résistait, avec pour mission d'aller séduire la femme d'Elfin. Mis au courant de tout le stratagème, Taliesin, alla trouver sa protectrice pour tout lui raconter et lui proposer de la remplacer par une servante qui endosserait ses vêtements et ses bijoux. Rhun coucha donc avec la servante et, au petit matin, lui trancha le doigt qui portait l'anneau d'Eflin, avant de s'enfuir en direction de Degawny. Là, on fit sortir Elfin de prison pour lui montrer la preuve de l'infidélité de son épouse. Il répondit : " Ah !! Ce doigt est trop petit, son ongle est sale, et il porte encore les traces du pétrissage du seigle, ce ne peut être celui de ma femme !! " Maelgwin, furieux, fit remettre Elfin en prison, sous les yeux de Taliesin, car il avait suivi Rhun en secret lorsqu'il s'était enfui.

    Plus tard dans la soirée, et sous la conduite d'Heinin leur chef, les trois bardes de Maelgwin se préparèrent à chanter pour apaiser le courroux de leur roi. Mais Taliesin leur avait joué un tour à sa manière, et ne sortirent de leurs bouches graisseuses que des " bleub bleub " maladroits et autres sons grotesques. Puis Taliesin s'avanç, fit connaître à tous sa présence, et, pour mieux confondre les bardes de Maelgwin, se mit à chanter avec une telle force que son chant déclencha une tempête qui s'apaisa aussitôt les dernières notes retombées. Maelgwin, reconnaissant alors qu'il surpassait tous ses bardes et probablement tous ceux du royaume, fit amener Elfin dont il fit tomber les chaînes L'oncle et le neveu désormais réconciliés, Taliesin conseilla à Elfin de prétendre qu'en plus de la femme la plus fidèle et du barde le plus talentueux, il avait également le cheval le plus rapide, ce qu'il fit.. Trois jours plus tard, une course était organisée et Taliesin alla trouver le coureur de Elfin et le muni de 24 branches de houx brûlées en lui donnant pour instruction d'en frapper chaque cheval qu'il dépasserait avant de jeter son manteau là où le sien ferait un faux pas.

    Ainsi fut fait et après qu'Elfin eut remporté la course, Taliesin l'emmena là où était tombé le manteau en lui conseillant de creuser à cet endroit précis.Il y trouva un chaudron remplit d'or et, s'étant acquitté de sa dette, lui ayant établi considération et richesse, Taliesin quitta Elfin.. C'est ainsi que Taliesin parcouru les terres du monde pour y trouver le sujet de nouvelles chansons et parfaire sa connaissance en toute chose…

     

    Extrait de Le livret du Barde de Syd…


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  • en ce debut de cette semaine, et en cette veille de 1er Mai, je me devais de vous offrir un article sur le muguet...

    alors je vous laisse avec quelques légendes, poèmes et autres symboles de ce joli muguet...

    en vous souhaitant une belle journée...

    bises de Véro et bonne visite...

     

    "Fleur à la fois annonciatrice du printemps et symbole du bonheur retrouvé, le muguet continue pourtant à désespérer les parfumeurs. La fameuse "essence de muguet" n'est autre en effet, qu'une contrefaçon synthétique de son parfum.

    La fleur a néanmoins des origines divines, on la dit issue des larmes que versa Marie au pied de la Croix.

    L'antiquité connaissait déjà ce lis des vallées.

    La légende prétend qu'Apollon en parsema le bois sacré du Parnasse pour séduire les muses.

    Les égyptiens le vouaient aux morts.

    Tour à tour baptisé grillet, "clochettes des bois" ou "larmes des anges de Notre-Dame", le muguet porte ce nom charmant à cause de son odeur de musc (muscade, musquette, migret).

    Un parfum qui favorise le travail intellectuel et la création artistique. Cela n'empêche pas le muguet, dont le rossignol attend la première éclosion pour aller chanter dans les bois l'arrivée du printemps, d'être toxique dans toutes ses parties. On ne compte plus depuis le Moyen Âge les tisanes et autres "vins" qui conduisent celui qui en buvait au tombeau, Reconnu pourtant comme plante médicinale (mais aussi dangereuse que la digitale !), ce lis des bois avait la réputation de guérir le coryza.

    Mais l'usage le plus précieux que l'on puisse faire du muguet, est d'en bourrer ses poches de racines fraîches avant de partir pour le défilé du 1er mai. Elles ont en effet, la réputation de guérir les cors au pied, autant de racines que de cors à guérir !

    C'est Charles II qui instaura la tradition du muguet porte-bonheur du 1er mai. La coutume s’est maintenu et il y a encore peu de temps, les "Forts des halles" se rendaient à l'Élysée pour offrir au Président de la République le traditionnel bouquet de fleurs de muguet dont chacune devait compter treize clochettes pour jouer pleinement son rôle de porte-bonheur.

    Et puisque paraît-il cette fleur favorise la mémoire de ceux qui la hument, je me souviens de ce mot d'un poète : "Le muguet c'est le sourire aux dents d’ivoire du jeune printemps"...

    La Légende du muguet
    LÉGENDE.

     

    Rien au paradis ne manquait. — La brise
    Jetait dans l’air tiède une haleine exquise,
    Car le lys sans tache et toujours en fleur
    Sans cesse y mêlait sa suave odeur.
    Une clarté pâle invitait au rêve,
    Et la nuit au jour ne faisait point trêve ;
    Cet éclat n’avait ni soir ni matin
    Et ne connaissait aube ni déclin.
    Les oiseaux chantaient dans les verts feuillages,
    Les anges volaient dans l’air sans nuages.
    Et le lieu, propice aux tendras propos,
    Pour les bruits du monde était sans échos.
    On lisait partout, sur l’herbe émaillée,
    Sur l’azur du ciel et sur la feuillée :
    « Ici n’entrent point tristesse ni pleur,
    Et l’on n’y connaît ombre de douleur. »

    Le long des ruisseaux couverts de ramées,
    En un doux loisir, les âmes charmées
    Aspirent en paix le souffle divin,
    Et chaque heure amène un bonheur sans fin !
    Bienheureux séjour, terre nonpareille,
    Le jardin s’ornait de toute merveille :
    Il n’y manquait rien qu’une seule fleur.

    II

    Mais voici qu’un jour, dans une vapeur
    De gloire et d’encens, en ces lieux arrive
    Une âme jeunette et blanche et craintive.
    Vers elle aussitôt on voit se presser
    Les âmes en chœur pour la caresser,
    Et, dans un baiser, il n’est chose tendre
    Que leurs saintes voix ne fassent entendre :

    — « Parmi nous ici sois le bienvenu,
    » Enfant de la terre, ô bel inconnu !
    » Mais pourquoi si tôt déserter la vie ?
    » N’as-tu point regret qu’on te l’ait ravie ?
    — » Non. La vie est brève et son temps cruel ;
    » Et vous contemplez le jour éternel !
    — » Dis, voudrais-tu pas retourner sur terre ?
    — » Non, car le bas monde a trop de misère.
    — » Eh quoi ? ton départ n’eut point de douleur,
    » Mon doux chérubin ?... — Si ! j’ai mal au cœur :
    » Je laisse une mère adorable et belle...
    » Ah ! je vais pleurer bien longtemps sur elle !... »

    À ces tristes mots, de son œil voilé
    Une chaude larme a soudain coulé.
    Ce pleur d’un enfant qui devient un ange
    En fleur de muguet aussitôt se change.

    Du ciel, depuis lors, tous pleurs sont bannis,
    Et plus rien ne manque au saint paradis…

     

    De Vasile Alecsndri…

    LE MUGUET

    C'est le temps du muguet .

    Je vais vous conter ici une légende se rapportant à ces charmantes clochettes , qui fait partie du folklore Roumain

     

    LE MUGUET

    Il était une fois, une famille qui vivait dans un petit village.

    Même s’ils étaient pauvres, l’amour profond qui unissait la mère, le père et leur petite fille les rendait heureux

     La fillette jouait et chantait dès l’aube jusqu’au soir.

    Mais un accident affreux mit fin à ce bonheur en tuant ses parents.

    La petite resta seule au monde.

    Un matin, la Reine des Fleurs qui surveillait leur merveilleux jardin, fut étonnée de la voir solitaire et accablée de tristesse, cueillant les fleurs qu’elle avait tant soignées.

    Marchant sur ses pas, elle la vit s’arrêter face au tombeau de ses parents, le couvrant de fleurs et de chaudes larmes.

    La Reine envoya vers elle un parfum qui la fit s’endormir, puis, elle parut dans son rêve en lui disant : « Grâce à ta gentillesse envers la Nature et parce que tes parents te manquent tant, je vais te transformer en fleur, au printemps, ainsi tu pourras rester près d'eux. »

    Se réveillant, la petite se souvint du rêve et elle en fut très contente.

     Elle alla à la maison, attendant avec impatience l’arrivée du printemps.  

    Au mois de mars, tout le village constata sa disparition. Et les gens ne furent pas moins étonnés de voir sur le tombeau de ses parents une petite fleur unique au monde.

    Les petites floraisons étaient blanches et ressemblaient à des larmes d’enfant.

    De plus, elle était enveloppée de deux grandes feuilles vertes.

    Seule la Reine des Fleurs savait qu’elles étaient les deux parents de la fille qui la protégeaient, en l’embrassant de part et d'autre.

    C’est ainsi qu’une nouvelle fleur parut au monde. Elle fut appelée « Le Muguet ».

    Dans notre  pays, son nom est « Petite larme » ; elle ne vit que pendant le printemps et maintenant nous savons bien pourquoi...

    LA LEGENDE DU MUGUET du 1er MAI

    Tout le monde sait que dans une année, il y a douze mois.
    Tous ayant autant de charme les uns que les autres, et aussi leurs inconvénients.
    Mais, il en est un qui est synonyme de « BONHEUR » grâce à la jolie fleur qui le symbolise.
    Elégantes feuilles vertes et odorantes clochettes d’un blanc laiteux font de cette fleur des bois et des jardins, des coins humides et cachés, la fleur
    porte bonheur du 1er Mai………………………

    Il était une fois, sous des grands chênes millénaires, un petit carré d’herbes ne recevait jamais la lumière du Dieu Soleil, et les petites fleurs qui poussaient là étaient bien tristes de voir comme leurs pauvres robes étaient bien ternes comparées aux robes éclatantes de leurs congénères exposées à la luminosité du soleil.
    Elles, n’étaient entourées que de champignons et de fleurs au teint pâle et fade et les rayons du soleil n’arrivaient jamais jusqu’à elles.
    L’épaisseur des branches des chênes était trop dense.
    Personne ne venait jamais jusque là se promener.
    Il y faisait trop frais, et trop humide, et trop sombre.
    Le coin n’était pas très agréable.
    Mais, c’était comme çà depuis toujours, et on n’allait rien y changer……

    Mais, un jour de printemps, un évènement allait bouleverser la vie monotone de ce coin de forêt.
    Comme tous les ans, les arbres reverdissaient, les sous-bois reprenaient vie, les herbes folles commençaient à délirer à la moindre pointe de rosée, les oiseaux recommençaient à gazouiller et descendaient chercher, à terre, les brindilles et autres mousses pour confectionner le nid qui verrait bientôt la nichée de cette année.
    Mais elles, elles savaient que, comme tous les ans elles garderaient leur misérable robe couleur de pluie et de brouillard.
    Elles étaient résignées.

    Mais, vers la fin Mars, de drôles petites pointes vertes pointèrent et se hissèrent à travers les feuilles mortes, les autres tiges jonchant le sol, dressant leur pointe
    vert-pâle vers le ciel.
    « Mais, qu’est ce donc ? » se demandèrent ‘elles.
    « On n’a jamais rien vu de tel par ici ! »
    Et, elles attendirent……….
    Vers mi-avril, entre les deux feuilles devenues d’un beau vert foncé, pointa une petite tige toute raide et garnie tout autour de renflements bizarres.
    Elles se demandaient bien ce que cela pouvait être.
    « Patience, patience », leur susurraient les oiseaux, vous allez bientôt voir une chose délicate et merveilleuse.
    Elles patientaient, mais piaffaient quand même d’impatience.

    Fin Avril, même plutôt début Mai, le 1er Mai pour être exact, un tapis tout blanc avait éclos durant la nuit.
    On eut dit un tapis de neige tombée de la veille, tant tout était blanc.
    Les petits renflements bizarres étaient devenus de jolies clochettes blanches qui dégageaient un subtil parfum.
    Chaque duo de feuilles protégeait tel un trésor la grêle tige porteuse de ces jolies fleurettes.
    Ainsi était né le muguet du 1er Mai.

    Les petites fleurs avoisinantes ne furent plus tristes.
    Elles n’étaient plus seules.
    Ce coin de forêt jusqu’alors délaissé devint un lieu de promenade et elles étaient toutes contentes de voir autant de monde venu cueillir Monsieur Muguet.
    Même si on ne venait pas pour elles, elles profitaient gaiement du va et vient.
    Et, depuis, elles prirent des couleurs parce qu’elles étaient heureuses de vivre là....


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