• La légende de la tante Arie... Bonne semaine...

    Petite Légende Médiévale, aujourd'hui, pour vous souhaiter une belle journée... bises de Véro...

    La Légende de la Tante Arie...

    Au Pays de Montbéliard, naguère, lorsque venaient les grands froids, tout le monde attendait le passage d’une Femme Fée, d’âge mur et quelque peu Sorcière : Arie, Airie, ou Tantarie. On aimait beaucoup sa visite, mais néanmoins on la craignait : en effet cette Digne Personne se targuait de venir avec son Âne rencontrer les Familles de la Comté, et vérifiait tout, à commencer par la propreté de la Maison, Cuisine, Mobilier, sans oublier la chasse aux Nids de Poussière. Elle donnait force cadeaux aux Enfants Sages, qui avaient pris soin de mettre bien en vue un morceau de carotte ou de pomme pour la célèbre Ânesse de la Fée. Quant aux Vilains Enfants, Arie les punissait avec un Bonnet d’Âne. Il lui arrivait de récompenser une Famille méritante par le don d’une belle pièce d’or. A l’époque, on aimait l’inviter aux veillées, où elle prodiguait de fors bons conseils, à tel point que l’on cherchait à lui faire trouver un Gentil Mari pour les Filles, du Travail pour les Hommes, de Bons et Gentils Enfants pour les Mamans et surtout une Bonne Santé pour toutes et tous. Cette Bonne Femme allait même jusqu’à prendre soin des Orphelins qu’elle pouvait rencontrer, et elle avait une passion toute particulière pour ceux qui ont bonne place dans les Crèches Provençales : les « Ravis » sans doute un peu simples d’esprit mais entrant en contact plus facilement avec elle, pas méchants, car ignorant la méchanceté… L’on dit que cette Bonne Personne vivait dans une grotte dans la montagne du Lomont, ne visitant l’humanité que vers la Noël. Beaucoup pensent que cette bonne Tante Arie aurait pu être le reflet de la célèbre Henriette de Montfaucon (1387-1444), Comtesse en la bonne ville de Montbéliard. En effet cette femme très énergique n’hésitait pas à porter Armes et Armure pour défendre son Peuple qu’elle aimait et qui le lui rendait bien, tout comme l’aurait fait Arie. D’autre part, Arie est le diminutif d’Henriette ; (amour quant tu nous tiens…)

     

    Petite Histoire...

    Au siècle dernier, par un matin de printemps ensoleillé, le père Raviot labourait son champ près de la Combe noire. Antoine, jeune garçon d’une quinzaine d’années qu’il employait comme valet, l’aidait et guidait les deux bœufs tirant la charrue. Tout près, une imposante pierre plate dissimulait la grotte, demeure mystérieuse de la Tante Arie. Tout en traçant les sillons et en tenant fermement les mancherons pour que le soc s’enfonce droit dans la terre craquelante et brune, le brave cultivateur songeait aux gâteaux que sa femme Elise préparait à la maison pour le lendemain dimanche. L’eau lui en venait à la bouche et déjà il humait une exquise odeur de galette croustillante. Etait-ce possible ? Ou rêvait-il alors ? - Antoine ne sens-tu rien ? Le jeune domestique arrêta l’attelage, se retourna, considéra un instant les mufles bavants et frémissants des animaux au regard placide, respira profondément et pointant son index en direction de la plate-forme rocheuse s’écria : - Maître, ce fumet de tarte, je le connais bien. Il vient de là-bas. De légères vapeurs semblaient sortir du sol pour s’élever en volutes à peine visibles. Intrigués, les deux laboureurs laissèrent leur attelages et se rendirent prés de la roche. Celle-ci était toute chaude et l’odeur appétissante, de plus en plus prenante. Aucun doute ! Tante Arie devait confectionner d’alléchantes pâtisseries comparables à celles que les enfants et les adultes aiment savourer un soir de Noël. Le père Raviot ôta son vieux chapeau de feutre déformé et délavé. - Ah ! bonne Tante Arie, si vous vouliez nous offrir un seul de vos gâteaux, vous nous feriez tellement plaisir. Nous nous sommes levés de bon matin et nous avons grand faim ! Rien ne bougea. Déçus, ils repartirent vers leur charrue quand Antoine, se retournant, s’écria : - Je vois quelque chose sur la pierre ! Revenant sur leurs pas, ils découvrirent avec surprise et satisfaction sur la grande roche drapée d’une nappe immaculée, un gâteau cuit à point, doré, garni de délicieuses fraises et de framboises parfumées. L’air vif ayant aiguisé leur appétit, ils ne se firent pas prier pour le dévorer à pleines dents tout entier. Bien restaurés et souriants, ils reprirent leur tâche pour terminer les derniers sillons. Mais à peine avaient-ils parcouru quelques mètres que la charrue se mit à grincer affreusement. Se redressant, écoutant bien, ils interprétèrent aisément les plaintes : « Rends ce que tu dois ! » « Rends ce que tu dois ! » - Ah ! s’exclama le père Raviot, n’as-tu rien pris, Antoine ? N’as-tu pas commis quelque larcin ? - Non maître, répondit laconiquement l’adolescent. On se remit en marche. Mais les lamentations redoublèrent d’intensité et finalement une roue se dévissa : « Rends ce que tu dois ! » « Rends ce que tu dois ! » - Ah ! garnement tu dois mentir… Vas-tu avouer et dire ce que tu as dérobé ! - Maître, j’ai caché dans ma poche le petit couteau en argent qui était sur la roche et avec lequel nous avons partagé le gâteau. - Va vite le remettre où tu l’as trouvé. Pourquoi voles-tu la Tante Arie qui est si généreuse et désintéressée ? Antoine s’exécuta. Alors tout reprit son cours normal et le père Raviot acheva de labourer son champ sans encombre.


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