• Devezh mad... en Bretagne... et gros breizhous...

    aller soyons fou, en continuité de mon article d'hier, j'ai décidé que la semaine serait Bretonne ... alors encore des légendes de ma très belle Bretagne...

    bises de Véro...

    devezh mad (bonne journée)...

    et bonne visite...

    Les Ânes de Saint-Suliac…

    Quand, en vedette, on remonte la Rance dans la direction de Dinan, on aperçoit, sur la rive droite du fleuve le port et le village de Saint-Suliac que domine la haute tour quadrangulaire d'une église, dont certaines parties datent du xiii« siècle.

    Suliac, fondateur du monastère autour duquel s'est depuis développé le bourg qui porte son nom, était le fils de Bramail, roi du Pays de Galles. Il avait trois frères. Redoutant les honneurs et les charges du pouvoir, il décida d'entrer dans les ordres et suivit un abbé nommé Guimarch. Quand il apprit la décision de son fils, le père de Suliac entra dans une grande colère et dépêcha, avec mission de tuer Guimarch, trente hommes d'armes. Ceux-ci, à la demande de Suliac, épargnèrent l'abbé et finalement le roi Bramail s'inclina devant les désirs de son fils.

    Plus tard, Suliac devint à son tour abbé. L'un de ses frères qui avait succédé à son père étant mort, sa femme Hajarné perdit le pouvoir. Elle l'aurait conservé si Suliac avait consenti, pour l'épouser, à quitter les ordres. Il repoussa avec indignation une semblable proposition. Hajarné jura de se venger. Pour lui échapper, Suliac s'embarqua et vint aborder à l'embouchure de la Rance. Il remonta la rivière jusqu'au premier isthme qu'il rencontra et qui sépare l'anse Beauchet de l'étang fluvial dit la plaine de Saint-Suliac. Le seigneur du pays l'accueillit avec joie et lui donna, en tous biens, la presqu'ile de Montgarrot. Suliac et ses moines cultivèrent le pays, y semèrent du blé et y plantèrent de la vigne.

    La Rance, à cette époque, n'était pas aussi large qu'elle l'est aujourd'hui. On la traversait facilement à gué, au moment de la marée basse. En face du monastère de saint Suliac, sur la rive gauche, se trouvait le village de Rigourden, où les habitants faisaient l'élevage des ânes. Or, ces derniers avaient pris l'habitude, la nuit, de venir manger les récoltes du monastère. Suliac, à plusieurs reprises, adressa aux nocturnes visiteurs de justes remontrances. Ils n'en tinrent aucun compte. Ils se risquèrent même à franchir les enclos qui protégeaient les vignes de Montgarrot. Suliac, pour les punir, les rendit immobiles et leur retourna la tête. Quand les propriétaires de Rigourden virent que leurs ânes ne revenaient pas, ils se rendirent au monastère. On juge leur effarement d'apercevoir les baudets incapables « de se mouvoir ni de remuer non plus que s'ils eussent esté de marbre ou de bronze ».

    Mais Suliac n'était pas vindicatif. Il consentit à rendre aux animaux la liberté de leurs mouvements, à condition qu'ils ne traverseraient plus jamais la rivière. D'ailleurs, pour les en empêcher, il élargit la Rance et lui donna l'étendue qu'elle a maintenant devant Saint-Suliac....

    "Les larmes de Saint Sieu"

    Saint Sieu est le patron de Lancieux, petite station balnéaire entre Saint-Briac et Saint-Jacut-de-la-Mer. C'était un disciple de Saint-Brieuc.
    C'est par la mer que, de l'embouchure du Gouët, il s'était rendu à l'estuaire du ruisseau du Lastier pour établir son monastère. La veille du jour de la mort de Saint-Brieuc, il vit en songe celui-ci gravir les degrés d'une échelle qui touchait le ciel. Il prit en toute hâte le chemin du Champ du Rouvre et arriva pour recueillir le dernier souffle de son maître.
    Cette mort lui causa un profond chagrin et quand il revint à son monastère, en mémoire de celui qu'il ne cessait de regretter, il fit jaillir une fontaine du rocher. Cette source n'assèche jamais. Elle coule goutte à goutte, comme des larmes qui tombent.
    Saint Sieu avait bâti une église. Quand il mourut, ses paroissiens l'ensevelirent dans cette église. Le lendemain de son inhumation on trouva le corps au bord de la mer. Il en fut de même à plusieurs reprises. Les Lancieutains comprirent alors que leur saint patron voulait qu'une église fût édifiée à l'endroit même choisi par lui pour mourir. Quand on l'eut mis dans l'église neuve, il ne la quitta plus. ..

    Où la terre devient de l’or…

    Deux Bretons insulaires, le mari Glaudan et la femme Galoguen avaient vu leur barque séparée par la tempête de la flottille à laquelle ils appartenaient....
    Le vent s'étant calmé, ils vinrent échouer dans une anse de la côte du Léon, que l'on appelle aujourd'hui l'anse du Goulven, en bordure du territoire de la commune de Plouider (canton de Lesneven).

    La détresse des naufragés est grande. La côte, couverte de taillis épais, paraît habitée seulement par les fauves. A peine Galoguen a-t-elle mis le pied sur le sol armoricain, qu'elle se sent prise des douleurs de l'enfantement. Glaudan ne sait comment secourir sa femme. Fiévreuse, celle-ci réclame de l'eau. Seule la mer pourrait lui offrir son onde amère. Le mari désespéré se voit dans la nécessité d'abandonner son épouse pour aller à la découverte d'une source prochaine, mais il n'a aucun vase pour rapporter de l'eau. Il s'avance au milieu du taillis. Soudain, il aperçoit une chaumière, dressée à l'orée de la forêt, sur la falaise qui domine la mer. Il reprend espoir et frappe à la porte. Celle-ci s'ouvre. Un véritable sauvage apparaît. Glaudan implore une hospitalité qui lui est brutalement refusée. Tout au plus, l'homme consentit à indiquer à Glaudan un sentier qui conduit au ruisseau. Il lui prête aussi un vase. Mais Glaudan s'égare dans l'épaisseur du bois et ne parvient pas à joindre le ruisseau. Il tombe à genoux, supplie le ciel de venir à son aide, de secourir l'infortunée Galoguen.

    Après avoir marché toute une nuit et tout un jour, Glaudan, épuisé à son tour, se retrouve à l'endroit où il a laissé Galoguen. Celle-ci, en souriant, lui présente son fils qui est né, qu'elle allaite et auquel elle a donné le nom de Goulven. A ses côtés, une fontaine a jailli. Dieu a exaucé la prière de Glaudan. Cette fontaine se nomme toujours la fontaine de Saint-Goulven.

    Glaudan et Galoguen s'établirent à l'endroit même ' où était né leur fils. Et ceci se passait à l'aurore du vi-ème siècle.

    Quelques années Plus tard, un riche Breton s'intéressa à Goulven enfant. Il le fit instruire en vue de l'instaurer son héritier.

    Goulven dédaigne la fortune. Il préfère demeurer pauvre et habiter le désert. Sur la plage même où ses parents ont abordé, où il a vu le jour, il construit son pénity. Il n'a qu'un compagnon, nommé Maden. Tous deux travaillent avec acharnement pour défricher la forêt voisine. Ils ne s'arrêtent que pour prier et processionner autour de trois croix qu'ils ont eux-mêmes dressées. Le sol est devenu fertile grâce à leur labeur. Des émigrants s'établissent dans le « Minihy de SaintGoulven ». Goulven ne sort pas pour cela de sa solitude. Il ne parle à personne, sauf à un rude laboureur appelé Ioncor (nom qui existe encore en Bretagne sous la forme de Joncour) qui habite le vallon voisin de Plou Enéour.

    - Tu vas aller trouver loncor et tu lui diras qu'il te donne pour sceller notre amitié ce qui se trouvera sous sa main lorsque tu lui adresseras la parole.

    Quant à toi, quoi que te donne Ioncor, tu l'en remercieras. Tu reviendras ensuite, sans regarder, avant d'être de retour au pénity, ce que tu apportes.

    Maden arrive à Plou-Enéour. loncor conduit sa charrue et creuse un sillon. L'envoyé dit le but de sa visite. loncor veut satisfaire le désir de Goulven, mais il ne sait quoi lui remettre. Tout à coup, pris d'une idée subite, il se baisse, ramasse trois poignées de terre et les jette dans la tunique de Maden.

    Celui-ci, après avoir remercié Ioncor, reprend le chemin du pénity. Il a l'impression, à mesure qu'il avance, que ce qu'il emporte s'alourdit. il lui faut ralentir sa marche. Sa poitrine est oppressée et sa tunique risque de se déchirer. Enfin, à bout de forces, il arrive devant Goulven. A ce moment seulement il regarde le présent de Ioncor et s'aperçoit que les trois poignées de terre se sont changées en trois lingots d'or.

    Cette légende montre dans sa forme symbolique les bienfaits qui ont résulté pour l'Armorique de la venue des saints et des émigrés bretons, qui ont fait n sol fertile d'une terre inculte.

    Dans sa vieillesse, bien malgré lui, on fit de Gouiven un évêque. Le bruit du monde l'effraya. La crainte d'être retenu par ses ouailles l'incita à quitter clandestinement son pays de Léon et même la Bretagne. Il alla se cacher dans un coin perdu de l'évêché de Rennes et, dans le nouveau pénity qu'il se construisit, il recommença sa rude vie d'ascétisme et de prière...

    Le saut de Saint-Valay…

    VALAY, religieux de l'abbaye de Landevennec, avait établi son premier pénity tout proche de la capitale des Diablintes, qui est devenue, plus tard, la ville de Dinan.

    Un jour, il reprocha aux femmes du pays leur conduite qui laissait fort à désirer et leur mauvaise langue. Elles s'ameutèrent contre Valay et le chassèrent à coups de pierres. Il prit la fuite pour leur échapper. Les femmes s'élancèrent à sa poursuite. Elles couraient plus vite que lui et pensaient bien le rattraper quand il arriverait sur les hauteurs qui forment les parois de la vallée où coule la Rance. Mais, à leur grande surprise, elles virent Valay franchir d'un bond la vallée, pour aller retomber de l'autre côté du fleuve, sur un rocher où l'on montre encore la marque de ses pieds.

    Ne voulant plus retourner à Dinan, Valay établit son lann sur la rive droite de la Rance, lequel prit plus tard le nom de Lann-Valay....

    Le dragon de l'Elorn…

    Le dragon de l'Elorn…

    Les histoires de dragons, gardiens de trésors ou terreurs d'une région et qu'auraient vaincus les saints et les chevaliers, sont nombreux en Bretagne. Sans parler du Morault dont triompha Tristan, du dragon que Gildas enchaîna lors de son arrivée dans la presqu'île de Ruys ; de celui que combattit Arthur et que terrassa Efflam ; du monstre à neuf têtes, qui habitait la grotte de Saint-Marc à Belle-Isle-en-Mer ; des serpents que noyèrent Tugdual de Tréguier et Saint Pol de Léon, voici le récit type pourrait-on dire, d'un combat livré et d'une victoire remportée sur l'un de ces monstres sans doute imaginaires, mais qui pouvaient être aussi les derniers représentants des grands sauriens disparus.
    Deux chevaliers, Neventorius et Derrien, chevauchaient le long de la rivière de Dour-Doun, entre Pont-Christ et le château de Roch Morvan, dont les ruines imposantes se voient encore, à côté d'une délicieuse église, toute proche de la station même de la Roche-Maurice, un peu avant d'arriver à Landerneau.

    Tout à coup, Neventorius et Derrien aperçurent, entre les créneaux des tours, le seigneur de Roch-Morvan qui se nommait Elorn. Ils le virent enjamber le parapet et se précipiter dans la rivière qui coulait au pied même du rocher, sur lequel était bâti son castel. C'est depuis que cette rivière a changé son nom de Dour-Doun (eau profonde) pour celui d'Elorn.

    Les deux chevaliers, à toute bride, se portèrent au secours du malheureux seigneur. Ils le tirèrent, quelque peu blessé, hors de l'eau et le transportèrent dans sa demeure.

    Neventorius demanda à Elorn les causes de son acte désespéré et celui-ci lui répondit :

    - Sachez, chevalier, que tout près de chez moi gîte un épouvantable dragon qui dévore gens et bêtes. Dès que la faim le fait sortir de son repaire, il cause dans le pays des ravages irréparables. Or, le roi Bristokus, mon suzerain, a, par édit, décidé que, chaque mercredi, on demanderait au sort de choisir, parmi les seigneurs du Léon, celui qui devra envoyer un homme pour être dévoré par cette cruelle bête, ou y aller lui-même. Or, ce sort est tombé sur moi tant de fois que j'ai livré tout mon monde. Il ne reste plus que ma femme que voici et mon fils, Riek, ce petit enfant qu'elle tient entre ses bras, âgé seulement de deux ans, que le sort vient de désigner. Je préfère me noyer que de le livrer à une mort aussi terrible.
    Le seigneur Elorn était païen. Neventorius et Derrien lui promirent, s'il se convertissait et s'engageait à construire une église sur ses terres, qu'ils le délivreraient à tout jamais de son dangereux voisin. Elorn leur donna l'assurance qu'il se sentait tout prêt à partager leur foi.

    Les deux chevaliers se rendirent à la caverne du dragon. Ils lui firent, au nom du Christ, commandement de paraître. Le monstre sortit et son sifflement effroyable jeta l'épouvante parmi les assistants. Il était long de cinq toises et gros par le corps comme un cheval ; sa tête ressemblait à celle d'un coq gigantesque, son corps était cuirassé de dures écailles qui se hérissaient, sa gueule s'ouvrait si grande que, d'une seule bouchée, il avalait une brebis, ses yeux lançaient des éclairs qui tuaient les oiseaux et les enfants. A sa vue, Derrien mit pied à terre. Son cheval, pris de peur, s'échappa et courut à toute bride à travers le pays.
    Neventorius et Derrien, sans hésiter, s'avancèrent au devant du dragon qui, n'osant plus bouger, se laissa approcher et passer un licol. L'enfant Riek le prit alors par la bride et le conduisit au château.

    Les chevaliers et le comte Elorn se rendirent chez le roi Bristokus avec leur capture, puis à Tolente où habitait le prince Jugomus, et, enfin en un hâvre voisin où leur navire se trouvait à l'ancre. Là, ils commandèrent au dragon de se jeter à la mer. Ce qu'il fit. Depuis ce port s'est appelé Poulbeunzual, c'est-à-dire port où fut noyé la bête, nom qu'il porte encore, en la commune de Plounéour-Trez.
    Si les premiers habitants de la Bretagne qui débarquèrent d'outre-manche, s'établirent sur les côtes donnant lieu à toutes sortes de croyances et de récits fantastiques, beaucoup d'entre-eux gagnèrent également les terres, alors recouvertes d'une épaisse végétation. Ils baptisèrent l'endroit, Argoat, le pays des bois.

    En ce temps-là, Brocéliande, la forêt enchantée, témoin magnifique des hauts-faits du roi Arthur, de Merlin l'enchanteur, et de ses chevaliers de la table ronde, s'étendait encore de l'actuelle forêt du Cranou à la plus connue forêt de Paimpont mais ses glorieux habitants de jadis commençaient déjà à être remplacés dans le coeur des hommes par un nombre toujours croissant de saints aux miracles de nos jours toujours contés.

    C'est dans un voyage vers les légendes de ces contrées que le site An Arvorig vous propose dès à présent d'embarquer..

     


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