• des hirondelles d'automne et leurs légendes... bonne journée...

    Des légendes, et encore des légendes, en ce mardi pluvieux et froid chez moi, pour vous souhaiter une bonne journée de mardi...

    bisous les z'amis et bonne visite...

    La légende de l’hirondelle


    Un jour d’avril, dans la campagne ensoleillée,
    Jésus, pour amuser ses petits compagnons,
    Modelait, en jouant, de l’argile mouillée ;
    Et, de ses mains d’amour, naissaient des oisillons
    Qu’il posait sur le sol, les ailes étendues...
    Or, un pharisien passa : « Hé quoi ! » petits,
    Ignorez-vous qu’il est des choses défendues,
    Et qu’un jour de sabbat nul travail n’est permis ?...
    Et, brutal, il voulut écraser l’œuvre frêle ;
    Mais Jésus fit un geste et, soudain, s’animant,
    Les oiseaux, vers le ciel, fuirent à tire-d’aile...
    Ils gagnèrent le toit qui, protégeant l’Enfant,
    Saurait garder aussi leur demeure fragile.
    Et là, loin des méchants, à l’abri du malheur,
    Ils bâtirent leur nid avec la même argile.

    Plus tard, lorsque Jésus marchant à la douleur,
    Sous la croix écrasé, monta vers le Calvaire,
    Ils firent, avec lui, la route en gémissant...
    Plus tard encor, quand sur sa face sans colère,
    La couronne eut tracé comme un sillon de sang,
    Pour adoucir un peu les souffrances divines,
    Pour soulager Celui qui fut toute bonté,
    Les oiseaux, une à une, ôtèrent les épines
    Dont les pointes trouaient le front ensanglanté,
    Tandis que le frisson caressant de leurs ailes
    Faisait l’air étouffant plus léger et plus pur,
    Et moins lourdes passaient les heures éternelles.

    Jésus agonisait lentement sous l’azur...
    Soudain, dans un élan suprême, il rendit l’âme.
    Le soleil s’obscurcit, le ciel bleu se troubla ;
    On entendit, dans l’ombre, une plainte de femme,
    Et le vol attristé des oiseaux s’en alla...
    Mais, avant de quitter le Maître, l’hirondelle
    Prit le deuil qui, depuis, n’a plus quitté son aile….

      

    De George Droux…

    Vieille légende de l’hirondelle…

     

    Le roi Salomon était parvenu à un si haut degré de sagesse, que Dieu, dit une vieille légende, se déchargea sur lui du gouvernement des animaux. Le premier acte du monarque fut de les convoquer tous dans une vaste prairie, afin d'entendre leurs plaintes. Son intention était de supprimer tous les abus et de rendre tout le monde content. Quand ils furent réunis, Salomon s'assit sur son trône, imposa silence et donna la parole au premier qui la demanderait. L'homme se leva aussitôt, et se plaignit du serpent, qui, depuis plusieurs siècles, se nourrissait de son sang. Le serpent en convint, mais il prétendit qu'il était dans son droit, Jéhovah l'ayant autorisé à se nourrir du sang le meilleur. L’homme répondit qu'il y avait certainement des animaux dont le sang était meilleur que le sien. En présence de ces deux assertions contradictoires, Salomon chargea le petit insecte qu'on appelle le cousin de faire une enquête, et il lui donna un an pour goûter le sang de tous les animaux. Le cousin, sans attendre la fin de la réunion, entra aussitôt en campagne. Juste un an après, comme il se rendait à une nouvelle assemblée de tous les animaux, il rencontra l'hirondelle."Où vas-tu ? lui demanda celle-ci.- Je vais à la réunion. As-tu oublié l'importante mission dont Salomon m'a chargé, l'an dernier ?- Ah oui ! je m'en souviens. Et quel est le sang le meilleur ?- Il n'y a pas à hésiter : c'est le sang de l'homme.- Tu dis ?- Je dis le sang de..."L'hirondelle ne lui laissa pas achever sa phrase : d'un coup de bec elle lui arracha la langue. Quoique muet, le cousin se rendit à l'assemblée, et arriva en même temps que l'hirondelle. Tous les animaux étaient déjà réunis, et Salomon venait de s'asseoir sur son trône."Eh bien, dit-il au cousin, quel est le sang du meilleur ?"Et le cousin de répondre en faisant : ksss, ksss, ksss."On ne t'entend pas : parle plus distinctement.- Ksss, ksss," reprit le cousin. Tout le monde allait éclater de rire, quand l'hirondelle prenant la parole : "Grand roi, dit-elle, j'ai rencontré le cousin avant l'accident qui l'a rendu muet, et je lui ai demandé que est le sang le meilleur,- Et qu'a-t-il répondu ?- Que c'est le sang de la grenouille. N'est-ce pas cousin ?- Ksss, ksss, ksss, répondit le malheureux.- Eh bien ! reprit Salomon, puisqu'il en est ainsi, c'est du sang de la grenouille que le serpent se nourrira à l'avenir."Le serpent n'était pas content, et il jura de se venger de l'hirondelle qui, d'après lui, aurait dû garder le silence. Au moment où l'assemblée se retirait, que fait-il ? Il se cache dans une broussaille, et comme l'hirondelle passait près de lui, rasant le sol, il saute avec force pour la frapper, mais il ne saisit que le milieu de la queue. L'hirondelle donne un bon coup d'ailes et en est quitte pour deux ou trois plumes. C’est depuis lors qu'elle a la queue fourchue….

    L’hirondelle…


    Quand les froids sont venus, la prudente hirondelle

    Quitte nos durs climats pour des pays plus doux

    Mais l'oiseau du retour, en s'éloignant de nous,

    Pense au toit de son hôte, et lui reste fidèle.

    Le nid abandonné hante son souvenir,

    Et quand elle s'en va, la bonne voyageuse

    En emporte avec elle une image joyeuse

    Que son âme d'oiseau saura bien retenir

    Adieu donc, et partez, frileuses hirondelles,

    Mais revenez chez nous pour les feuilles nouvelles,

    Et vous retrouverez, comme tous les printemps,

    Avec vos anciens nids accrochés aux solives,

    Le bonjour familier et les regards contents,

    Qui rendent chaque fois les amitiés plus vives…

     

    Henri Chantavoine...

     

     

     

    L'hirondelle...

     

    Fille de Pandion, ô jeune Athénienne,
    La cigale est ta proie, hirondelle inhumaine,
    Et nourrit tes petits qui, débiles encor,
    Nus, tremblants, dans les airs n'osent prendre l'essor.
    Tu voles ; comme toi la cigale a des ailes.
    Tu chantes ; elle chante. A vos chansons fidèles
    Le moissonneur s'égaye, et l'automne orageux
    En des climats lointains vous chasse toutes deux.
    Oses-tu donc porter, dans ta cruelle joie,
    A ton nid sans pitié cette innocente proie ?
    Et faut-il voir périr un chanteur sans appui
    Sous la morsure, hélas ! d'un chanteur comme lui!

    André Chénier  

     


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